Le sous-traitant franc-comtois d’usinage, décolletage et frappe à froid met les bouchées doubles afin de réduire sa dépendance à l’industrie automobile. Dans cette optique, le groupe vient d’acquérir l’usineur jurassien M2GN, qui devient sa septième société et porte ses effectifs cumulés à 240 salariés.
Le mouvement vers l’électrification de l’industrie automobile est devenu concret pour Ardec Industries, holding fédérant une demi-douzaine de sous-traitants en usinage, décolletage et frappe à froid dans le Jura, la Haute-Saône et les Pyrénées-Atlantiques. « Début 2024, nous avons encore reçu des commandes liées au moteur thermique. Mais cette fin d’année, ce n’est plus du tout le cas : on sent que le virage est en train d’être complètement pris », observe Stéphane Lucas, le président du groupe basé à Champagnole (Jura).
Plutôt que de « faire le dos rond », le dirigeant en tire la conclusion qu’« il faut mettre le pied sur l’accélérateur » et diversifier encore davantage les débouchés. Alors que les ventes liées au moteur thermique représentent aujourd’hui 40 % du chiffre d’affaires établi à 38 millions d’euros en 2023, l’objectif consiste à parvenir rapidement à « découper l’activité en quatre quarts entre l’automobile, l’aéronautique/spatial/défense, le médical/pharmacie et le reste de l’industrie », détaille Stéphane Lucas.
Pour atteindre cette cible « d’ici 2026-2027 », tous les leviers sont actionnés. Depuis plusieurs années, Ardec Industries investit massivement. En 2024, 8 millions d’euros ont été injectés, principalement dans les sites de Meca-Forging à Rioz en Haute-Saône (4 millions d'euros pour l'agrandissement et l'acquisition d’une troisième presse de frappe), du Décolletage Jurassien à Champagnole (installation d’un vingtième tour multibroches) et de Précijura à Equevillon (Jura) par l’extension de l’usine et l’arrivée de deux nouvelles décolleteuses.

Soutenus par 3 millions d’euros d’aides publiques au titre du plan France 2030, ces investissements sont notamment destinés à améliorer les capacités en matière de recherche et développement « pour aller chercher de nouveaux marchés. »
Prototypage et petites séries

Pour la première fois de sa jeune histoire (voir encadré), la holding a également eu recours à la croissance externe. Le 1er octobre dernier, elle a placé une septième société (*) dans son giron, M2GN. Cette petite entreprise jurassienne d’une vingtaine de salariés - pour un chiffre d’affaires annuel de 2 millions d’euros - est spécialisée dans l’usinage de précision et la mécanique générale. Située à Courlaoux, près de Lons-le-Saunier, elle produit des pièces à l’unité ou en petite série pour des donneurs d’ordre locaux, dont SKF Aerospace (aéronautique), Lacroix (emballages alimentaires) et les fromageries Bel.
Cette reprise s’inscrit donc pleinement dans la démarche de diversification du groupe franc-comtois. « Elle nous permet, en outre, de proposer à nos clients des solutions pour le prototypage et les très petites séries », précise le président d’Ardec Industries qui rassemble désormais 240 salariés.

Ardec Industries est né en mars 2022 de la scission du groupe Ardec Métal créé en 2005 par Stéphane Lucas et Daniel Jacquet (**). Le capital de la holding qui chapeaute les sept sociétés appartient à 70 % aux dirigeants des entreprises (directeurs d’usine, responsables financiers…). Au nombre de onze actuellement, ces actionnaires opérationnels seront bientôt rejoints par cinq nouveaux cadres. Les 30 % restants sont détenus par des investisseurs de haut de bilan : UI Investissement, Esfin Gestion, BDR Invest (fonds de la Caisse d’Epargne Bourgogne-Franche-Comté), BFC Croissance (Banque Populaire Bourgogne-Franche-Comté) et Bpifrance.
Photos fournies par l’entreprise.
(*) Avec, outre les trois déjà citées (Meca-Forging, Le Décolletage Jurassien, Précijura), Microtec à Serres-Castet (Pyrénées-Atlantiques), Décolletage du Bas-Jura à Saint-Julien-sur-Suran et Ardec Precision Machining à Champagnole (Jura).
(**) Unimeca, la seconde entité issue de cette scission, réunit quatre entreprises : Décolletage Morel à Champagnole, Genet Décolletage à Hauts-de-Bienne, Sesame à Saint-Claude (Jura) et Grosperrin à Pirey (Doubs).

















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