La PME de fabrication de cartes électroniques basée à Scherwiller (Bas-Rhin) vient d’intégrer le programme ETIncelles. Cette initiative du ministère de l'Economie est destinée à aider les PME en forte croissance à devenir des entreprises de taille intermédiaires. Estelec Industrie souhaite également ouvrir son capital pour accélérer son développement. Elle vise un chiffre d'affaires de 40 à 50 millions d’€ d’ici à quatre ans maximum.


Estelec Industrie intègre un club select, composé de 50 entreprises dans toute la France, dont seulement trois dans le Grand Est : celui des ETIncelles. Ce dispositif lancé par le ministère de l'Economie doit aider le développement des PME pour leur faire atteindre le statut d’ETI, les entreprise de taille intermédiaire de plus de 250 salariés, en parallèle des aides financières de Bpifrance. L'entreprise fabricante de cartes électroniques à Scherwiller (Bas-Rhin) en bénéficie depuis mars dernier.

« L’objectif consiste à faciliter nos relations avec l’administration française », indique Thierry Sublon, le codirigeant d’Estelec Industrie. Les délais de traitement de celle-ci ne sont pas les mêmes que ceux d’une société privée. A titre d’exemple, la PME bas-rhinoise attend le paiement de son crédit d’impôt recherche depuis trois ans…

 

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Le programme ETIncelles prévoit des réunions régulières sur des problématiques touchant les ETI (surfaces foncières, commandes publiques, crédit d’impôt recherche et crédit d’impôt recherche innovation) et prévoit l’affectation d’un interlocuteur de la Direction générale des Entreprises de Bercy à chaque société. « Le fait de disposer d'un référent au sein de l’administration va nous faire gagner du temps », se réjouit Thierry Sublon.

Car le spécialiste alsacien de l’électronique, qui a maintenu son rythme de croissance malgré la crise du Covid et la pénurie des composants, souhaite encore accélérer son développement. A la clôture de son exercice 2022-2023 le 31 mars dernier, il a réalisé un chiffre d’affaires d'un peu plus de 20 millions d’€, soit une croissance de 27% par rapport à l’année passée. Il emploie 135 salariés et a embauché 50 personnes supplémentaires depuis 18 mois. « Dans trois à quatre ans, sauf catastrophe, nous visons un chiffre d’affaires entre 40 et 50 millions d’€. Nous serons alors à la porte des ETI », confie le codirigeant. 

 

Deux projets de croissance externe en 2024

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L'entreprise de Scherwiller (Bas-Rhin) fait partie des quelques fabricants français de poids dans le domaine des cartes électroniques. © Estelec Industrie


Dans cet objectif, l’entreprise souhaite ouvrir son capital. Des discussions sont en cours pour savoir à quelle hauteur il sera ouvert, mais les dirigeants actuels, Thierry Sublon et Rémi Boehler, resteront majoritaires. Ils proposeront notamment à un collège de cadres de prendre des parts dans la société.

« Cette ouverture du capital va nous permettre d’accélérer en matière de croissance externe », annonce Thierry Sublon. Deux projets sont « assez avancés » et se concrétiseront sans doute en 2024. La dernière opération remonte à 2021 avec le rachat de Scaita, société spécialisée dans la fabrication de cartes, faisceaux et câbles électroniques à Aspach-Michelbach (Haut-Rhin).

Désormais, Estelec Industrie vise la région de Lyon ou Grenoble pour sa troisième usine. Les projets d'acquisition actuels et futurs demeurent focalisés sur l’Hexagone. « Nos usines resteront en France. Nous voulons continuer dans cette démarche. Nous défendons la souveraineté française dans la fabrication électronique », affirme le codirigeant.

 

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Une position conforme à la stratégie du gouvernement. « Cela explique aussi probablement le fait que nous ayons intégré le programme ETIncelles », poursuit Thierry Sublon. De plus, la France reste le marché principal du fabricant alsacien. L’export représente 15 à 20% du chiffre d’affaires et concerne seulement les pays proches : Allemagne, Suisse, Benelux. Les câbles et cartes électroniques d’Estelec Industrie sont vendus principalement dans l’industrie (50%), dans le domaine médical (30%), puis dans les transports et matériels embarqués. « Nos produits entrent dans la fabrication des équipements qui vont servir à transporter les images des Jeux olympiques à Paris en 2024 », précise le codirigeant. Autre référence en cours de fabrication : un thermomètre infrarouge made in France.

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Thierry Sublon (à gauche) et Rémi Boehler sont les codirigeants d'Estelec Industrie, dont ils resteront les propriétaires majoritaires à l'issue de l'ouverture du capital qu'ils vont enclencher. © Estelec Industrie

 

Pénurie des composants : une crise sans précédent

Estelec Industrie a pu maintenir sa croissance malgré la pénurie des composants grâce à une trésorerie solide et une nouvelle stratégie d’approvisionnement. Alors qu’il y a trois ans, elle achetait seulement 5% de ses composants en dehors de l’Europe, cette proportion est passée à 50% désormais. « Nous nous sommes rapprochés des sources de fabrication. Aujourd’hui, nous avons par exemple, cinq intermédiaires en Chine qui vérifient les produits et achètent pour nous directement », explique Thierry Sublon.

Cette crise des composants a été rude pour les entreprises du secteur. « La pénurie a été sans précédent au niveau mondial. On n’avait jamais vu ça. Cela a été plus dur à encaisser que les crises de 2008. Il y a eu un monde avant et après », confie-t-il. Et ce n’est pas terminé : les tensions sur les composants vont se poursuivre encore une année, estime le dirigeant.

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