Un programme d’accompagnement pour structurer la démarche de responsabilité sociétale et engager des actions concrètes s’est achevé pour donner les premières clés à des PME travaillant pour la SNCF. Initié par la compagnie et Bpifrance, le groupe de volontaires a été constitué d’un noyau dur de quatre sociétés du Grand Est.

Quatre entreprises du Grand Est ont bouclé peu avant l’été un programme d’accompagnement d’un an à leurs démarches RSE. Leur point commun : elles comptent toutes parmi les fournisseurs de la SNCF et leur donneur d’ordre a exercé un rôle stimulant dans la structuration de leurs intentions et premières concrétisations de responsabilité sociétale.

D’une durée d’un an, l’initiative se situe en fait à l’intersection de trois axes déclencheurs : la compagnie ferroviaire, Bpifrance et R3, la société de conseil chargée de l’animation de ce « Programme Impact RSE. » La SNCF avait interrogé un panel de fournisseurs pour évaluer leur intérêt « dans un contexte où la part de la RSE dans les  critères de ses appels d’offres augmente progressivement, pour se situer à 20-25 % », relève Timothée Elkihel, codirigeant de R3.  Sachant que les achats de la SNCF se sont élevés l’an dernier à 16 milliards d’euros auprès de « milliers de fournisseurs et sous-traitants », précise-t-elle, mais que huit PME-TPE sur dix en France n’ a pas encore entamé de structuration de la démarche RSE.

Le Programme Impact RSE mis en place l’an dernier a abouti à constituer un groupe de sept PME du Grand Est et de régions voisines : la Nordiste Decima dans les travaux d’installation électrique, DKM Experts à Brunstatt-Didenheim (Haut-Rhin) - Désinsectisation, dératisation, dépigeonnage, Fourchard à Bar-le-Duc (Meuse) spécialiste des travaux de maintenance de voies ferrées, en Moselle Framafer (maintenance et construction de machines pour travaux ferroviaires), Locatelli à Brion dans l’Ain (travaux de Maintenance de voies ferrées et sécurisation), le strasbourgeois MP Conseil (conseil et assistance à maîtrise d’ouvrage pour les collectivités publiques et les grands comptes privés) et l’ingénieriste Oméa dont le siège se situe à Boulogne-Billancourt en région parisienne.

 

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Le programme a consisté en un accompagnement d’un an, alternant séances collectives et individuelles. « Cet équilibre a été pertinent. Des enjeux communs ont été identifiés au-delà de la diversité des participants, à partir d’un diagnostic de maturité et les réunions en collectif ont ainsi permis l’émulation et l’échange de pratiques et idées, à partir duquel le parcours a été personnalisé », poursuit Timothée Elkihel. Les éléments partagés ont ainsi inclus un référentiel, « une version adaptée et en quelque sorte simplifiée de la certification Iso 26000 (dédiée à la RSE) donnant des indicateurs communs »,  ajoute le dirigeant de R3.

Pour Fourchard qui emploie 73 salariés et a réalisé un chiffre d’affaires de 19,5 millions d’euros en 2024, l’entrée dans « Programme Impact RSE » s’est effectuée en parallèle d’actions en vue de structurer la responsabilité sociétale engagées à partir de 2023. Celles-ci se sont traduites par la constitution d’un « comité RSE » interne qui réunit les « ambassadeurs » du sujet au sein de la PME, ainsi que les qualifie Guillaume Monchablon, responsable qualité-sécurité-environnement. « Chacun des métiers de l’entreprise y est représenté, par des opérateurs ou des encadrants : conducteurs de pelles de chantier, conducteurs de locomotives, poseurs de voies, techniciens qualité. La culture RSE peut ainsi se diffuser sans oublier personne », poursuit Guillaume Monchablon.

Décarboner les transports 

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Un moteur d'activité pour les fournisseurs dans le Grand Est vient du Technicentre SNCF de Bischheim (Bas-Rhin), récemment rénoé et agrandi. © Guillaume Guérin

Dans les actions concrètes en lien avec le programme SNCF-Bpifrance, Fourchard s’est débord focalisée sur sa flotte de véhicules, en vue d’en économiser et d’en « décarboner » le carburant. Les véhicules utilitaires sont limités à une vitesse de 110 km/h au fur et à mesure de leur renouvellement (18 concernés à ce jour sur 30), ce qui fait passer la consommation de 16 à 12 litres /100 km, évalue l’entreprise. Pour les véhicules de fonction, la « réflexion » s’est engagée pour acquérir des modèles électriques là aussi au fil des renouvellements. La PME procède par ailleurs à l’acquisition de transpalettes électriques et de matériels de manutention électriques.  

Chez MP Conseil (25 salariés, chiffre d’affaires de 2,7 millions d’euros), les actions « portent sur les conditions de travail », indique son dirigeant Vincent Puthiot : amélioration de l’ergonomie des postes, possibilité de deux jours de télétravail déjà instaurée, limitation si possible des déplacements et électrification du parc de véhicules. La société de conseil finalise en parallèle sa charte RSE, en vue de décrocher la certification Ecovadis. « Celle-ci est bien adaptée à notre profil d’entreprise et elle est reconnue par la SNCF. Que ce soit ce donneur d’ordre ou d’autres marchés publics, la part de la notation RSE augmente, jusqu’à 20 % environ. Nous considérons que cette évolution va dans le bon sens », commente Vincent Puthiot.

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Parmi les autres participants du Grand Est, Framafer œuvre à augmenter la durée de vie des machines, elle travaille à déployer les biocarburants (le HVO) dans ses véhicules et à opérer des rétrofits, pour le passage du carburant classique à la motorisation électrique. A partir de son bilan carbone en 2023, elle se fixe l’objectif de réduire de 40 % d’ici 2030 ses émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de ses différents sites en France. DKM Experts, pour ses produits, remplace des solutions biocides par des alternatives naturelles ou thermiques.

L’accompagnement de chaque participant au programme se poursuit, par l’évaluation des mesures mises en place.  

 

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