Du monde dans les travées - près de 4.000 visiteurs - aussi bien que sur les stands. Le salon « Cap sur l’emploi » tenu ce 18 septembre à Besançon en a attesté : on recrute dans le bassin comtois, et en face, les candidats à l’embauche ne manquent pas, de tous âges. Dans le panel des chercheurs de main d’œuvre, l’industrie continue d’occuper sa place. Même si la conjoncture exerce son impact, défavorable ou du moins réfrénant. Tour d’horizon de quelques employeurs emblématiques rencontrés à cette occasion à Micropolis, et de leurs modes opératoires pour trouver les perles rares.

Pour prendre le pouls de l’emploi industriel, l’intérim est souvent considéré comme un instrument de mesure pertinent. Il ne se porte pas au mieux. La tendance va à sa réduction à portion congrue. C’est ainsi que Sopil, l’outilleur et découpeur de Pirey en périphérie de Besançon, n’y recourt pas aujourd’hui. « La situation des marchés ne le justifie pas », expose Faustine Breda, responsable des ressources humaines de la PME de 130 salariés permanents.

Autre scénario, différent, mais également révélateur d’une attitude de prudence : le choix de recruter de préférence par de tels contrats temporaires, plutôt qu’en CDI. Ainsi, pour son site d'Ornans (Doubs), l’emballeur Guillin fait part, sur le salon d'un nombre d’intérimaires en augmentation, pour atteindre le total de 80 sur un effectif permanent de 360 salariés. Compte tenu de son envergure, celui-ci ne renonce pas aux embauches fermes en parallèle. Il vient d’intégrer de la sorte huit opérateurs à Ornans, il va continuer à en recruter quelques-uns et il recherche cinq préparateurs de commandes, pour ses fonctions logistiques.

 

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Sur les voies et moyens de trouver les candidats adéquats, les exposants au salon Cap sur l’emploi (*) s’en sont fait la raison : mieux vaut ne pas se focaliser sur les seules filières « officielles » de la formation initiale de l’Education nationale, et les compléter, voire les substituer, par la sélection sur la base des compétences et des qualités spontanées, par les méthodes structurées comme la préparation opérationnelle à l’emploi (POE) ou le recrutement par simulation (MRS) de France Travail, ou de façon empirique.

Il en va ainsi pour Création Perrin, le maroquinier et fabricant de bracelets-montres. « Le critère du savoir-être est notre base. Nos métiers présentent de telles spécificités que nous nous chargeons ensuite de la formation par nous-mêmes », indique Caroline Segura, responsable administrative de l’entreprise, qui ouvre actuellement cinq postes au cumul des deux sites dans le Doubs d’Orchamps-Vennes et Allenjoie. Dans le même esprit, des tests internes préalables sont mis en place par la medtech Sophysa (250 salariés sur la zone Temis à Besançon) « Ils nous permettent de détecter les qualités de dextérité, les capacités de concentration ou encore les aptitudes a priori à travailler dans l’environnement particulier des salles blanches », souligne Charlène Petitjean, technicienne de fabrication.

Chez MBP (Mécanique Baumoise de Précision), on recourt à la POE et à la MRS pour trouver les opérateurs-régleurs sur machines à commande numérique tels que recherchés. « Nous recevons plutôt des candidatures pertinentes par ces initiatives», salue Cindy Ferriot, responsable des ressources humaines de la PME de 150 salariés basée à Autechaux (Doubs). 

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Sophysa à Besançon cherche avant tout à détecter les aptitudes des candidats à travailler en environnement de salles blanches. © Laurent Cheviet. Ci-dessous : L'édition 2025 du salon Cap vers l'emploi a attiré près de 4.000 visiteurs à Micropolis Besançon le 18 septembre. © Mathieu Noyer

 

Une autre voie est offerte par les certifications de qualification professionnelle (CQP). Metalis l’explore pour les postes de monteurs-régleurs sur postes de découpe. « Nous disposons ainsi d’un temps de parcours de formation d’un an, une durée assez longue pour forger les compétences », apprécie Aude Philippeaux, assistante RH de la société comptant environ 200 salariés à Chaudefontaine (Doubs).

L’apprentissage, voie royale malgré tout

Le CQPM (de la métallurgie) ainsi mis en oeuvre par Métalis s’avère bien adapté pour recruter des candidats déjà rompus au travail en industrie, un profil qui reste privilégié même s’il est rare et disputé. La représentante du découpeur-usineur de Chaudefontaine ne cache pas que son entreprise exprime une « certaine préférence pour les postulants qui peuvent faire valoir une première expérience en industrie », à l’instar aussi de Sopil, par exemple.

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A Autechaux (Doubs), MBP (Mécanique Baumoise de Précision) recrute des monteurs-régleurs sur machines à commande numérique. © Laurent Cheviet

 

Il reste la « voie royale », prisée de tous : l’alternance, et l’apprentissage en particulier. Si tant est que les jeunes candidats sachent saisir la perche ainsi tendue. Création Perrin y recourt « à tous niveaux de qualification, du CAP au BTS et à la licence métiers de la mode », avec le CFA (centre de formation des apprentis) du Pays de Montbéliard et le réseau des Compagnons du Devoir. « Nous misons beaucoup sur l’alternance, depuis Montbéliard (lycée Germaine Tillon), Vesoul (lycée Edouard Belin) ou Besançon (lycée Jules Haag, CFAI…), nous organisons des portes ouvertes dans le but d’attirer les jeunes », confirme Cindy Ferriot chez MBP. Sopil comptabilise également une moyenne de « six à sept » apprentis recrutés chaque rentrée scolaire, auprès du lycée Jules-Haag notamment.

La conjoncture amène toutefois ces industriels à ne pas systématiser les embauches lorsqu’un apprenti diplômé fait l’affaire comme ce fut le cas dans un passé encore récent. Et les recrutements en CDI annoncés par les employeurs rencontrés relèvent du compte-gouttes : deux, trois, cinq, six, guère plus par exposant. Les temps sont compliqués, mais il s’agit quand même de continuer à prendre date pour un avenir espéré plus radieux.

(*) ont également fait partie des exposants Alstom, Amphenol FCI, Bonnefoix, Bourgogne Franche-Comté Signaux, le groupe Cryla (Serode-Megep), Dixi, le groupe EIMI, le groupe Chopard, Hifi Filter, Indibat, Itesya, Keolis, Losange, R Bourgeois, Scoder, le groupe SIS, Velux…

 

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