Le spécialiste du traitement de l’hydrocéphalie et des lésions cérébrales a investi dans l’extension de son site de production et R&D sur le technopôle Temis. Fort d’une croissance à deux chiffres, il prévoit une centaine de recrutements dans les trois ans à venir.


Sophysa continue de grandir à Besançon (Doubs). L’entreprise, spécialisée dans la conception, le développement, la fabrication et la commercialisation d’implants neurologiques, a doublé ses effectifs en moins de cinq ans. Elle emploie aujourd’hui 210 personnes, auxquels s’ajoutent une quarantaine de salariés au siège d’Orsay, en Essonne. Enregistrant une croissance annuelle moyenne supérieure à 10 %, la filiale du groupe japonais TKB a fait grimper son chiffre d’affaires à 30 millions d’€ l’an passé.

Elle se trouve désormais à l’étroit dans ses 2.500 m2 inaugurés en 2007 à Temis, la technopole des microtechniques, C'est pourquoi elle a lancé, en 2021, la construction d’une extension de 5.800 m2 qui lui fera ainsi plus que tripler sa surface. Ce second bâtiment a représenté un investissement de 13 millions d'€. Jumeau du premier, mais sur trois niveaux au lieu de deux, il en partage les lignes futuristes. Rien d’étonnant, puisque les deux projets ont été confiés au même cabinet parisien, celui de l’architecte Brigitte Métra, originaire de Besançon, qui a notamment signé le Pôle Viotte dans la capitale comtoise au sortir de la gare.

Les nouveaux locaux de Sophysa s’organisent autour d’une salle blanche de 500 m2. Une partie de la fabrication des dispositifs médicaux y sera déployée, une fois les marquages obtenus auprès des autorités règlementaires. « Ce site de production vient compléter les deux salles blanches de la première usine qui occupent une surface de 550 m2, indique Quentin Dominati, directeur des ressources humaines. Nous disposons encore de place pour gagner 200 m2 supplémentaires en cas de besoin. »

Pas encore totalement aménagé, l’agrandissement abrite également le service méthode-industrialisation-recherche et développement, ainsi que la Sophysa Academy. Cet « organisme de formation interne » a été créé pour faire face aux importants besoins de recrutement. « Nous devrions dépasser le cap des 300 salariés fin 2026 », projette le DRH.

Seul acteur français dans son domaine, Sophysa se concentre sur deux marchés à haute valeur ajoutée où la concurrence est limitée par une importante barrière d'entrée technologique et règlementaire. Elle s’est d’abord faite pionnière dans le traitement de l’hydrocéphalie (*) en lançant, en 1985, neuf ans après sa fondation, la première valve programmable au monde. Implanté par un neurochirurgien, ce dispositif de dérivation rétablit la circulation du liquide céphalorachidien dans le cerveau.

 

Des applications thérapeutiques pour les valves, contre Parkinson et Alzheimer

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Comme le premier construit en 2007, le second bâtiment de la filiale du Japonais TKB sur la zone Temis à Besançon a été signé par l'architecte Brigitte Métra. © Edwige Prompt


Depuis une vingtaine d’années, la société s’est également imposée dans la prise en charge des lésions cérébrales aigües, grâce à un système de monitoring des paramètres cérébraux pour la réanimation neurologique. Cette gamme d’implants est destinée aux patients victimes d’un traumatisme ou d’un AVC.

Avec des ventes réalisées à 90 % à l’étranger, « dans plus de 70 pays », Sophysa trouve des relais de croissance en investissant des marchés émergents comme la Chine. Une autre opportunité se dessine pour elle. De récentes études cliniques auraient mis en évidence, dans certains cas, l’utilité des valves de dérivation pour prolonger « de deux à trois ans » l’autonomie de personnes souffrant des maladies de Parkinson et d’Alzheimer.

 

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Tous les voyants semblent donc au vert pour que l’entreprise franc-comtoise poursuive sur sa belle lancée. D’ailleurs, elle prévoit déjà de construire un troisième bâtiment, dédié à la logistique.

(*) L’hydrocéphalie est une pathologie neurologique caractérisée par l’accumulation de liquide céphalorachidien au niveau du cerveau. Cet excès de liquide a pour conséquence d’augmenter la pression intracrânienne et peut provoquer des dommages au cerveau.

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