Basé à Pirey près de Besançon, l’outilleur et découpeur Sopil vient de décrocher un nouveau marché auprès d’un fabricant de batteries pour véhicules électriques. En conséquence, la PME familiale va investir 6 millions d’€ pour créer un cinquième atelier, après avoir lancé en 2021 un programme de modernisation de ses process d'un montant de 3,5 millions d’€.


Au cœur de la zone industrielle de Pirey (Doubs), dans le Grand Besançon, impossible de manquer les bâtiments de Sopil. La société étend déjà ses quatre ateliers – trois pour la découpe de pièces métalliques et un pour l’outillage – sur 12 000 m2. Près du parking, de récents travaux de terrassement laissent augurer une nouvelle construction. D’ici à l’été prochain, l’entreprise familiale, créée en 1961 par René Lebaut, va ouvrir ici un cinquième atelier sur 3.000 m2.

« Nous venons de décrocher un gros marché avec un fabricant de batteries pour véhicules électriques », explique Thomas Lebaut. Le petit-fils de René a succédé, le 15 septembre dernier, à son père Thierry au poste de président-directeur général. « Il faudra être prêt rapidement. Le bâtiment doit être terminé en avril 2023, le matériel sera livré en juin. »

 

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Pour répondre à la commande de ce client dont le dirigeant ne veut pas communiquer le nom, 6 millions d’€ seront investis : 3,5 millions d’€ dans les locaux et 2,5 millions d’€ dans la ligne de production. La PME de 122 salariés devrait recruter, en conséquence, une dizaine de personnes d’ici à l’année prochaine.

Sous-traitant de rang 2 ou au-delà, Sopil produit, chaque année, 800 millions de pièces techniques en bande ou en vrac pour la connectique de signal ou de puissance. « Notre expertise, c’est la découpe et la fabrication de nos propres outils, car l’outillage était la première activité de mon grand-père », précise Thomas Lebaut.

 

Des investissements boostés par le plan de relance

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Sous-traitant de rang 2 ou au-delà, Sopil produit chaque année, 800 millions de pièces techniques en bande ou en vrac pour la connectique de signal ou de puissance.


Au fil des années, la société a su diversifier et fidéliser ses clients et ses fournisseurs. Son chiffre d’affaires, d'un montant de 34,5 millions d’€ en 2021, se répartit, principalement, entre le matériel électrique et l’électroménager (45 %), l’automobile (23 %) et l’aéronautique (7 %). « Initialement, on travaillait sur des métaux de 0,08 à 1 millimètre d’épaisseur. Avec l’électrification, toutes les sections ont augmenté, il a fallu s’adapter », indique le jeune PDG qui annonce une croissance de 3 % en 2022. « Aujourd’hui, nous sommes à un tournant, l’enjeu consiste à maintenir nos savoir-faire ».

 

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En décembre, la PME va réceptionner une nouvelle presse de 315 tonnes qui permettra de découper des métaux jusqu’à 7 mm d’épaisseur. Une acquisition réalisée dans la cadre d’un programme d’investissement de 3,5 millions d’€ lancé en 2021 et soutenu par l’État, via le plan de relance, à hauteur de 800 000 €. Installation d’un logiciel de pilotage de la production (Manufacturing Execution System), équipement du magasin en tiroirs à palettes et robots suiveurs pour faciliter le picking dans la préparation des commandes, création d’une ligne automatisée d’emballage des pièces, achat d’une micro-perceuse et d’une machine d’électro-érosion par fil pour l’usinage des outils de découpe : tous les process sont en cours de modernisation. Cette modernisation améliorera aussi les flux logistiques en facilitant le picking dans la préparation des commandes. 

« Le plan de relance a constitué une belle opportunité, reconnaît Thomas Lebaut. Sans l’aide de l’État, nous n’aurions sans doute pas réalisé ces investissements aussi rapidement. »

Photos fournies par l’entreprise.

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