Le fabricant de panneaux de signalisation, portiques et potences pour la route ouvre une agence commerciale à Lille, qu’il espère première d’une série limitée d’autres implantations de proximité. Intensifier la relation avec les clients locaux lui paraît nécessaire dans le contexte secoué des marchés publics, son principal débouché. Ce travail sur la distribution vient prolonger l’investissement de 12 millions d’euros en immobilier et outils de production qui s’achève à Chemaudin-et-Vaux, dans l’agglomération de Besançon.
Bourgogne Franche-Comté Signaux tourne ses regards vers le Nord. Le fabricant de panneaux de signalisation routière basé dans l’agglomération de Besançon (Doubs) a choisi l’agglomération de Lille comme lieu d’implantation de sa première agence décentralisée, depuis le 8 septembre dernier. Nul hasard n’y préside, bien sûr. « Plusieurs marchés remportés dans cette région ont permis d’ouvrir ce site », souligne Eridan Skana, le président de la société de Chemaudin.
Le dirigeant espère dupliquer le modèle à brève échéance, de sorte à constituer un petit réseau de 3 à 5 agences qui passerait « par la région parisienne et le début de la moitié sud du pays », et commencer ainsi à forger une présence nationale au niveau de la distribution des produits sortant des ateliers franc-comtois. Eridan Skana voit dans cette approche le meilleur moyen d'entretenir une « relation de proximité avec la clientèle », à l’écoute de ses spécificités - celle des Hauts-de-France et de la Normandie dans le cas de l’agence lilloise située précisément à La Chapelle-d’Armentières - et garantissant une « réactivité » dans les réponses. Renforcer de tels liens s’avère nécessaire en particulier en ce moment.
Le dirigeant ne le cache pas en effet, « le marché est compliqué. » Pour BFC Signaux, il provient à 80 % des marchés publics, de l’Etat et des collectivités locales, dont nul n’ignore les programmes d’économies budgétaires auxquels ils doivent s’astreindre, sans compter les inévitables temps de latence qui précèdent la tenue à brève échéance d’élections, comme les municipales en mars 2026.
Prospection sur les autoroutes à l’étranger

Mais la PME de 55 salariés permanents sait maintenir ses positions et elle emprunte depuis toujours d’autres voies de développement, grâce à la variété de ses gammes. Elle fabrique aussi des portiques, des potences ou encore des hauts-mâts. C'est ainsi que les sociétés d’autoroutes forment un débouché complémentaire d’importance. « Elles peuvent nous ouvrir des possibilités de contrats à l’étranger », souligne Eridan Skana, pour équiper des autoroutes par exemple en portiques à flux libre, ces dispositifs appelés à remplacer (en France aussi) les barrières fixes de péage. Des « négociations » sont en cours, dans ce titre, en Allemagne et en Belgique, glisse le président de Bourgogne Franche-Comté Signaux. Se positionner sur des marchés publics hors de France constitue une option plus difficile, « les marchés publics répondant à des normes spécifiques à chaque pays », relève le dirigeant.
Quelques opportunités de marchés privés se présentent aussi à la PME franc-comtoise, « en nombre limité » toutefois : le profil de clientèle se cantonne notamment au grand complexe industriel qui forme une ville dans la ville, avec son propre réseau de circulations dans le respect du Code de la route, requérant dès lors sa signalisation dédiée.
Bourgogne Franche-Comté Signaux poursuit ainsi avec optimisme son plan de développement, de sorte à pouvoir donner pleine mesure aux hausses de capacité entamées en 2023 et qui approchent de leur concrétisation finale. L’année prochaine 2026 doit en effet marquer l’achèvement du plan d’investissement pluriannuel de 12 millions d’euros. Depuis deux ans, le fabricant s’est en effet réinstallé, de ses locaux historiques de Rurey près d’Ornans à Chemaudin-et-Vaux, dans 7.000 m2 de locaux neufs., qui le font entrer dans le Grand Besançon et lae connectent à l’A 36.
Caractérisé notamment par la conversion de la découpe de tôles aluminium d’un mode manuel à la technologie laser, l’investissement avait donné le…signal du rebond du fabricant, qui avait connu une liquidation judiciaire. Eridan Skana, entrepreneur actif dans la même spécialité, avait repris la société en 2020 et constitué un pôle avec une autre qu’il détient, Global Signalisation à Ecole-Valentin.
La trajectoire a été ascendante jusqu’à présent. Les effectifs cumulés situés à 45 il y a trois ans sont passés à 75 et le chiffre d’affaires a évolué de 9 millions d’euros à 13 millions d’euros pour le seul Bourgogne Franche-Comté Signaux, et à 17 millions d’euros en ajoutant Global Signalisation.


































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