DÉCOUPAGE/FRANCHE-COMTÉ. Adossé en 2002 au groupe hollandais Aalberts Industries, l’entreprise du Grand Besançon a depuis grandi par croissance externe et organique, et a plus que triplé son chiffre d’affaires.

Pour maintenir la performance industrielle de tous ses sites en Europe, Metalis vient de se doter d’un centre technique unique à Chaudefontaine (Doubs) dans lequel, à terme, pourrait travailler une centaine de personnes.

Et travaille maintenant à la mise sur pied de son propre centre de formation.

 

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Le centre technique regroupera les équipes R&D, prototypage, outillage, commerciales et projets de tous les centres de production européen de Metalis. ©Laurent Cheviet.

 

Les travaux ont été rondement menés, avec les premiers coups de pelle le 15 janvier de cette année et une livraison le 15 août. L’inauguration du centre technique de Metalis à Chaudefontaine (Doubs) devrait avoir lieu en décembre, mais les équipes prennent peu à peu possession des lieux.

 

Ce centre technique européen est dimensionné pour accueillir 100 personnes et 60 à 70 devraient y être installées d’ici peu. Il aura nécessité un investissement total de 2 millions d’€ environ, auquel ont pris part les collectivités locales (Grand Besançon, département du Doubs et région Franche-Comté).

 

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©Laurent Cheviet.

A terme, il regroupera les équipes R&D, prototypage, outillage, commerciales et projets de tous les centres de production européen de Metalis : celui de Chaudefontaine (Doubs), où se trouve aussi le siège social du groupe, mais aussi ceux de Pont-de-Roide (également dans le Doubs), de Montbrison (Loire), de Cluses (Haute-Savoie), de Pologne et de Slovaquie. L’entreprise dispose par ailleurs de filiales de production en Inde et en Chine, pour un effectif total de 840 personnes.

 

Metalis n’a été créée qu’en 2001 mais l’histoire de l’entreprise remonte à 1929, avec la naissance de la société Falgy, à Pont-de-Roide (Doubs), spécialisée dans le ressort plat. Et c’est à l’aube du XXIe siècle que les choses se sont accélérées.

 

En 1996, poussés par ses clients qui réduisaient leur panel de fournisseurs, l’entreprise qui s’appelait alors Falconnet a racheté Sior, à Chaudefontaine. De la fusion avec ce découpeur de précision réputé est née Metalis.

 

Dès lors, forte du savoir-faire de ses deux composantes, l’entreprise a connu une croissance assez remarquable. Après la fusion, un deuxième grand coup d’accélérateur a été donné en 2002, avec un changement d’actionnariat déterminant.

 

Metalis rejoint alors le groupe hollandais Aalberts Industries (2,2 milliards d’€ de chiffre d’affaires, 12 000 salariés dans le monde), leader du traitement thermique en Europe qui, après s’être intéressé à Métatherm, ex-filiale de Falconnet, a découvert le potentiel de Metalis.

 

Le soutien des actionnaires

 

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©Laurent Cheviet.

 

« Nous sommes maintenant dans le groupe depuis 13 ans, ce qui nous a ouvert les portes du développement », assure Pierre Petitjean, le président de Metalis qui est devenu un petit groupe dans le groupe et a vu son chiffre d’affaires bondir de 15 millions d’€ en 1998 à 30 millions en 2002, puis à 100 millions cette année.

 

« La société est saine, avec des actionnaires qui nous soutiennent et les rapports sont basés sur la confiance », ajoute le dirigeant. Depuis l’arrivée du nouvel actionnaire, le développement de l’entreprise s’est fait moitié par croissance externe, moitié par croissance organique.

 

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©Laurent Cheviet.

« Mais malgré tout, chacune des filiales a gardé sa propre stratégie de développement, et il devenait de plus en plus compliqué de continuer à former des équipes performantes dispersées. »

 

C’est de cette nécessité d’optimiser la conception des outils et process, seuls ou en co-conception avec les clients - de l’automobile, de l’aéronautique, du nucléaire, du médical, de la domotique, de l’électronique ou encore de l’équipement industriel - qu’est né le projet d’un centre technique unique et centralisé à Chaudefontaine.

 

Le groupe est désormais mieux armé pour absorber la croissance naturelle de son activité et satisfaire des clients (Valéo, Schneider, Legrand, Bosch, Zodiac… plus de 600 au total), dans une stratégie de gestion de projet.

 

La prochaine étape ? « Nous aimerions créer un site de production aux Etats-Unis. Nos clients y sont », confie le président du groupe. A suivre…

 

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Une Metalis academy va voir le jour

 

Le déménagement de la R&D, des équipes projets et des équipes commerciales dans le nouveau bâtiment voisin a libéré de la place que Metalis n’entend pas laissée inutilisée. Ici devrait bientôt naître une « Metalis Academy », un centre de formation maison dont Sonia Guerdou prendra les rênes.

 

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Sonia Guerdou, directrice de l'école maison. ©Laurent Cheviet.

 Après trois ans au service achats, la jeune femme a été directrice générale du site de production de Chaudefontaine - le plus gros du groupe - pendant 3 ans également, elle s’apprête aujourd’hui à relever un nouveau défi, ce qui n’est pas pour lui déplaire. « Dans cette entreprise, il y a de belles perspectives d’évolution. »

 

Metalis assure déjà beaucoup de formation interne, en technique et en management, et accueille en permanence des apprentis (18 en ce moment dont 12 à Chaudefontaine). « Nous avons fait le choix de garder le savoir-faire et les fabrications complexes ici », explique Pierre Petitjean, le président.

 

« Nous gardons ainsi la maîtrise de notre technique. L’idée, c’est de tout axer sur la compétence. Outilleurs, découpeurs… nous atteignons la taille limite pour avoir une personne dédiée et une équipe de formation interne, avec un système de tutorat. »

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