La filiale du groupe suisse Dixi installée à Marchaux-Chaudefontaine s’affirme comme le leader mondial d’un marché en forte croissance. Elle augmente ses volumes et prépare la commercialisation, auprès des hôpitaux, d’une quatrième génération d’électrodes pour la détection et le traitement de l’épilepsie pharmaco-résistante.


A Marchaux-Chaudefontaine, en périphérie de Besançon (Doubs), Dixi Medical tourne à plein régime. Début janvier, la filiale du groupe familial suisse Dixi a monté une troisième équipe de travail. Après sept embauches l’an dernier, l’entreprise de 90 salariés prévoit de recruter encore cette année « 10 ou 12 opérateurs », afin de poursuivre sa montée en puissance dans la fabrication d’électrodes intra-cérébrales pour la détection des foyers épileptiques.

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Dixi Medical s’est spécialisée dans la conception et la fabrication d’électrodes pour la détection et le traitement de l’épilepsie chez les patients pharmaco-résistants.


En 2023, les mains agiles des opératrices (les femmes occupent 80 % des postes de production) avaient assemblé, dans une salle blanche sous atmosphère contrôlée, 23.000 de ces dispositifs médicaux. « Cette année, nous devrions en fabriquer 30.000 », annonce Raoul Barthez, directeur général. L’entreprise vient d’enregistrer un chiffre d’affaires de 13,5 millions d’€, en hausse de 35 % par rapport à l’exercice précédent, et elle projette un montant de « 16 à 17 millions d’€ » en 2024.

 

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La demande de prise en charge de l’épilepsie étant repartie à la hausse après la crise sanitaire, Dixi Medical s’organise face à la forte progression d’un marché sur lequel elle revendique une place de leader mondial, avec une part d'environ 40 % des ventes. Les fines électrodes en platine de 0,8 mm de diamètre conçues par la PME franc-comtoise sont destinés aux 30 % de patients résistants aux traitements médicamenteux.

Ces dispositifs sont utilisés par les services hospitaliers de neurochirurgie afin d’enregistrer l’activité neuronale dans la région du cerveau suspecte d’être à l’origine des crises d’épilepsie. « Une dizaine d’électrodes sont implantées dans le crâne du patient pendant dix à quinze jours », explique Raoul Barthez. Outre le fait de localiser précisément les foyers épileptiques, les électrodes peuvent participer au traitement de la maladie : « en envoyant du courant, on brûle les neurones des zones épileptogènes. » 

 

Une seconde salle blanche en Suisse 

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Dixi Medical fabrique des électrodes intracrâniennes pour le traitement de l’épilepsie.


Bien établie dans les hôpitaux en Europe ainsi qu'en Amérique du Nord où elle réalise la moitié de son activité, Dixi Medical trouve ses principaux relais de croissance dans les pays émergents. Elle commence notamment à prendre pied en Asie. « Nous avons engagé les démarches règlementaires pour obtenir les agréments des autorités sanitaires au Vietnam, en Thaïlande, en Corée du Sud et au Japon, liste le directeur général. Et fin 2025, nous espérons faire notre entrée sur le marché en Chine. »

 

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Afin d’accompagner le décollage de son activité, la medtech s’est dotée d’une antenne suisse. Au Locle, dans le canton de Neuchâtel, près du siège social du groupe Dixi, une seconde salle blanche a été aménagée. Elle va servir de repli en cas d’indisponibilité de l’équipement de Marchaux-Chaudefontaine. Une dizaine de salariés y travaillent, en collaboration avec l’équipe de recherche et développement du Doubs.

Ces ingénieurs planchent sur la mise au point d’électrodes de « quatrième génération ». Des dispositifs, qui devraient être commercialisés « fin 2025-début 2026 » et permettront aux neurochirurgiens d’explorer encore plus finement le cortex cérébral des patients.

 

Une croissance soutenue par le programme ETIncelles

Dixi Medical fait partie de la seconde promotion de 50 « PME de croissance » lauréates du programme ETIncelles.
Piloté par le ministère de l’Economie, ce dispositif vise à « lever les freins administratifs » qui ralentissent ces firmes dans leur trajectoire vers l’ETI (entreprise de taille intermédiaire, employant au moins 250 salariés ou réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 50 millions d’€). « La simplification des démarches, c’est vraiment ce dont nous avons besoin », soutient Raoul Barthez. Le directeur général dispose désormais d’une « liste de contacts directs par administration » et il a bénéficié d’un appui au recrutement de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec).

Trois sociétés de Bourgogne-Franche-Comté figuraient dans la première vague du programme début 2023 : le fabricant d’articles culinaires Cristel à Fesches-le-Châtel (Doubs), le spécialiste du caoutchouc Jeantet à Saint-Claude (Jura) et l’expert des pompes à engrenage Suntec à Longvic (Côte-d’Or). Trois autres accompagnent Dixi Medical dans la seconde promotion dévoilée en novembre : le producteur de Crémant de Bourgogne Veuve Ambal à Montagny-lès-Beaune (Côte-d’Or), le fabricant de systèmes coulissants Mantion à Besançon (Doubs) et l’exploitant de carrières SETP à Comblanchien (Côte-d’Or). 

Photos fournies par l’entreprise

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