70 ans après sa construction, l’emblématique hall 1 de l'infrastructure événementielle dijonnaise fera l’objet d’une rénovation complète, tandis que le fonctionnement et la circulation seront repensés dans leur ensemble. La Ville consacre 62 millions d’euros à cet important chantier, dont la livraison est attendue en 2030.
Plus de trente ans après sa dernière rénovation d’ampleur, la Ville de Dijon se lance dans un ambitieux projet de restructuration du Parc des expositions, qui sera discuté en conseil municipal lundi 24 mars prochain. « Il s’agit de l’un des projets les plus importants des prochaines années », souligne la maire Nathalie Koenders, qui insiste sur la nécessité de maintenir la qualité de fonctionnement et le dynamisme économique d’un équipement situé en cœur de ville, y compris durant les travaux.
Contrairement à d’autres métropoles, comme Toulouse, qui ont déplacé leur parc des expositions en périphérie, Dijon fait le choix de conserver son emplacement central, préservant ainsi son accessibilité via le tramway et la gare. « De porte à porte, il faut moins de dix minutes pour rejoindre le site depuis la gare », précise l'élue.
Le dossier, d'un montant chiffré à 62 millions d’euros hors taxes tous frais compris, vise à transformer cet équipement stratégique en un pôle événementiel adapté aux enjeux contemporains. Pilotée par la Société publique locale - Aménagement de l’agglomération dijonnaise (Splaad) qui en assure l’assistance à maîtrise d’ouvrage, la restructuration de l’ensemble actuel conserve les deux halls, dont l’historique Hall 1 de 9.000 m2, conçu et construit en 1956 par l’architecte Roger Martin Barade. Un temps menacé de démolition, il est considéré comme une prouesse technique avec ses arches supportant jusqu’à 60 tonnes sans pilier central. « Nous faisons le choix de ne pas détruire cet espace emblématique, mais de le restaurer en respectant son patrimoine architectural unique, référence à l’œuvre de Gustave Eiffel », insiste Nathalie Koenders.
En outre, des panneaux photovoltaïques seront installés sur la toiture pour renforcer la performance énergétique du site. Une salle plénière modulable de 2.500 places, dotée de grands écrans, sera créée dans le Hall 1 dans le but d'accueillir des manifestations hybrides, mêlant événement en direct et transmission numérique. Ce nouvel emplacement, préfiguré lors de la présentation de ce mardi 18 mars, offrira une capacité bien supérieure à celle de l’amphithéâtre Romanée (600 places), actuellement insuffisante pour les congrès d’envergure. « Cette flexibilité accrue permettra d’augmenter le nombre d’événements et, à terme, d’améliorer la rentabilité du site », souligne Olivier Henry, directeur des opérations de la Splaad.
Renforcer l'atractivité à l'échelle nationale

Au-delà de la modernisation des infrastructures, la restructuration vise également à améliorer la lisibilité et l’accessibilité du parc. Actuellement enclavée, l’entrée principale, située au niveau des Grands Ducs d’Occident, sera conservée tandis qu’une seconde s’ouvrira sur une esplanade donnant sur le boulevard de Champagne, en connexion directe avec le tramway. Ce vaste parvis sera aménagé pour fluidifier les flux de visiteurs et renforcer l’intégration du parc des expositions dans son environnement urbain, à proximité de l’Auditorium et du Palais des Congrès. Les flux internes aux deux halls seront par ailleurs repensés, autour d’une galerie intérieure qui sera aménagée entre eux.
La livraison de l’ensemble est prévue pour 2030, le calendrier du projet prévoit la consultation dès avril prochain pour le marché organisé en format de conception-réalisation, suivie d’une sélection des candidats en 2026, d’un début des travaux en 2027 puis d’une ouverture progressive des nouveaux espaces. La municipalité insiste sur la nécessité de maintenir les activités pendant la durée du chantier, notamment la Foire internationale et gastronomique de Dijon, qui accueille 160.000 visiteurs chaque année. « Il est impératif que cet événement majeur continue d’exister, malgré les contraintes des travaux », insiste Nathalie Koenders. Des aménagements provisoires seront mis en place afin de minimiser l’impact sur le calendrier des manifestations.
L’ambition affichée est de renforcer l’attractivité du site à l’échelle nationale. « Lyon et Nantes ont récemment rénové leurs parcs des expositions, entraînant une hausse significative du nombre d’événements, respectivement de +14 % et +120 % », rappelle la maire de Dijon. Dans cette optique, la municipalité espère convaincre la région Bourgogne-Franche-Comté et le département de rejoindre le projet. « Je présenterai personnellement le projet à François Sauvadet, et j’ai reçu confirmation de Marie-Guite Dufay quant à l’implication de la région », confie Nathalie Koenders.
- Octobre 1955 : convention entre la Ville de Dijon, la Chambre de Commerce, la SA immobilière des expositions de Bourgogne et l’association Foire internationale de Dijon pour créer un Parc des expositions
- 3 novembre 1956 : inauguration pour la 27ème foire gastronomique de la ville
- Fin des années 1980 et début des années 1990 : extension du parc avec construction du Hall 2. L’association Parc des Expositions et des Congrès de Dijon devient propriétaire de certains bâtiments qui doivent revenir à la municipalité au terme de la concession.
- 16 avril 2023, après la mise à l’écart de l’association gestionnaire, devenue Dijon Congrexpo, l’exploitation est confiée à la société publique locale (SPL) Dijon Bourgogne Events, créée par la Ville de Dijon et Dijon métropole qui en sont les actionnaires et seront rejoints par le conseil départemental de Côte-d'Or.



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