Le distributeur de pizzas API Tech sauvé mais très diminué. L’économie de défense, plus de 3.500 emplois en Bourgogne-Franche-Comté. La méga-usine Safran échappe à Belfort. Feu vert au rachat danois de l'Alsacien Tryba. Industrie automobile : des mesures pour endiguer la crise. Volotea prend la place laissé vacante par Ryanair à l’aéroport de Strasbourg

Lorraine

• Le distributeur de pizzas Api Tech sauvé mais très diminué

Le fabricant nancéien de distributeurs automatiques de pizzas Api Tech est sauvé de la disparition, mais il doit fortement réduire la voilure. Sa mise en redressement judiciaire le 3 juillet s’est soldée, quatre semaines plus tard, par un plan de reprise porté par le directeur général Frédéric Deprun permettant de sauvegarder 37 emplois sur 160. Le site de production principal de Seichamps près de Nancy est conservé, au contraire des deux autres de Saint-Dizier (Haute-Marne) et Bollène (Vaucluse) qui ferment. L’impact social majeur de la déconfiture de ce groupe est lié à la liquidation de sa société de distributeurs de pizzas, Just Queen. Prononcée dès le 23 juillet par le tribunal de commerce de Dijon, elle met sur le carreau quelque 500 personnes. Les deux dossiers auront ainsi entraîné la suppression de plus de 600 emplois, dans le Grand Est et en Bourgogne. Api Tech et Just Queen étaient détenus par le groupe familial lorrain Mentor, dont le dirigeant Benoît Michaux avait signifié ne plus être en mesure d’apporter les nécessaires financements au renflouement. M.Noyer  

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Bourgogne-Franche-Comté

• L’économie de défense, plus de 3.500 emplois dans la région 

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Signe de l'intérêt que les entreprises régionales portent à la filière, la journée de présentation des opportunités de marchés dans la défense en Bourgogne-Franche-Comté a fait le plein le 5 juin dernier dans l'enceinte du régiment d'artillerie de Bourogne (Territoire de Belfort). © Traces Ecrites

A l’heure où le secteur gagne en importance, l’Etat s’est attaché à mesurer le poids de l’industrie de la défense dans l’économie des différentes régions. Verdict en Bourgogne-Franche-Comté :  3.672 emplois, des marchés d’un cumul de 790 millions d’euros sous forme de paiements directs du ministère des Armées pour l’année 2025 aux entreprises, qui sont au nombre de 439 (PME ou ETI) à être classées parmi ses fournisseurs. Le ministère lui-même représente dans la région un total de 8.478 personnes, dont la présence avec leurs familles génère 5 610 emplois dans les services et commerce de proximité, selon les calculs rapportés par la préfecture de région. Par ailleurs, le ministère investit 78,65 millions d’euros dans ses infrastructures en Bourgogne-Franche-Comté cette année. M. Noyer  

Franche-Comté

• La méga-usine Safran échappe à Belfort


Sur les rangs pour accueillir le nouvel investissement majeur du groupe Safran, le Territoire de Belfort n’a finalement pas été retenu, lui qui présentait la candidature de la vaste zone des Plutons près de la gare TGV Belfort-Montbéliard. Fin juillet, l’industriel a porté son choix sur l’Ain, au Parc industriel de la Plaine de l’Ain à Saint-Vulbas. Pour son entité Landing Systems, Safran va construire d’ici 2030 une usine de 30.000 m2 de freins carbone, représentant un investissement de 450 millions d’euros. Le projet était en balance entre la France et les Etats-Unis. L’ « accès sécurité à une électricité décarbonée à un prix stable » a formé un critère décisif pour le groupe, a-t-il précisé. M. Noyer  

Alsace

• Feu vert au rachat danois de Tryba 

tryba intérieur
Le fabricant de menuiseries extérieures Tryba s'est développé à partir de son usine de Gundershoffen (Bas-Rhin). © Mathieu Noyer

L’Autorité de la concurrence a validé le projet de rachat, annoncé le 1er juillet, du fabricant alsacien de portes et fenêtres Tryba par le groupe danois Dovista, dont la maison-mère VKR Holding est aussi le propriétaire de la marque Velux. Cette autorisation a été accordée sans conditions, sur le constat dressé de l’absence « de risque anticoncurrentiel, en raison notamment des parts de marché limitées des entreprises concernées ». L’Autorité ne relève pas non plus de « risque de verrouillage » au niveau de la distribution du fait de complémentarités de positionnement qui écartent l’hypothèse d’une « éviction des concurrents ». Entre Tryba et Velux, les « bases de clientèle » diffèrent aussi, selon elle. Tryba qui est basé à Gundershoffen (Bas-Rhin) emploie 590 salariés pour un chiffre d’affaires annuel d’environ 250 millions d’euros lors de ses derniers exercice, tandis que Dovista compte 6.500 collaborateurs dans le monde. La direction opérationnelle du désormais ex-groupe familial alsacien doit rester en place, selon les informations diffusées début juillet. M.Noyer  

 

Cessions aquisitions

 

Bourgogne-Franche-Comté

• Industrie automobile : des mesures pour endiguer la crise  

Le 23 juillet dernier, l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) du Doubs et la Fédération des industries des équipements pour véhicules (FIEV) ont tenu une conférence de presse à Besançon pour « alerter sur la situation critique » de la filière automobile en France.   De 5,5 % de la production mondiale de véhicules légers en 2005, le pays est passé à une part de seulement 1,5 % en 2024, en divisant par près de quatre le nombre de voitures produites sur cette même période. Cette baisse drastique a déjà entraîné des conséquences sur l’emploi dans ce laps de temps : les équipementiers ont perdu 51 % de leurs effectifs« Une nouvelle réduction de plus de la moitié des emplois est à prévoir au cours des cinq prochaines années, il y a déjà des plans de licenciement à bas bruit », présage Jean-Louis Pech, président de la FIEV.  En cause : les crises des dernières années (Covid, inflation, guerre en Ukraine) qui ont engendré une chute des ventes, ainsi que des surcoûts et un décalage compétitif avec les concurrents asiatiques. Les récents droits de douane aux Etats-Unis, ou encore la réglementation imposant le « tout électrique » dans l’Union européenne accentuent encore les difficultés de l’industrie automobile française.  

Face à ces défis, la FIEV et l’UIMM préconisent en premier lieu un « seuil minimal de contenu local de 80 % » au sein des véhicules produits, auquel seraient soumises les politiques d’aides à la production ou à l’achat. Les deux entités plaident aussi en faveur d’un plan d’investissement européen, d’une simplification réglementaire, ou encore d’une garantie pour disposer d’une énergie décarbonée à des prix compétitifs. L’ouverture à d’autres voies que l’électrique ou encore le soutien à la fabrication en Europe de batteries font également partie du panel de solutions proposées.   « Nous nous battons pour que les pouvoirs publics ne soient pas les fossoyeurs de l’industrie automobile », a conclu Jean-Louis Pech, qui a présenté ces mesures à différentes instances, françaises et européennes, ainsi qu'aux médias dans les bassins historiques de la filière. C. Jourdan

 

Alsace

• Volotea prend la place laissée vacante par Ryanair à l’aéroport de Strasbourg 

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La compagnie espagnole à bas coûts occupe une position dominante dans l'offre au départ de Strasbourg. © Volotea

L’aéroport de Strasbourg-Entzheim (Bas-Rhin) fait partie des trois plateformes en France victimes de la bouderie de Ryanair. Mécontente de la hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion instaurée ce printemps, la compagnie low cost irlandaise a annoncé, fin juillet, quitter dès octobre l’aéroport strasbourgeois au trafic d’1,2 million de voyageurs en 2024, de même que ceux de Brive (Corrèze) et Bergerac (Dordogne). La mesure a été accueillie avec sérénité par la direction de la plateforme, l’offre Ryanair se limitant sur place à deux liaisons vers Agadir (Maroc) et Porto (Portugal). D’autant plus que le vide n’a pas tardé à être comblé : dès le 6 août a été annoncée la reprise des lignes par l’Espagnol Volotea, la compagnie dominante à Entzheim, qui y desservira désormais 27 destinations. La relance du service interviendra le 29 novembre. M. Noyer

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