Le groupe familial de portes et fenêtres en PVC et aluminium met progressivement en service les modernisations et extensions de capacité engagées depuis trois ans. Les principales concernent, à son siège bas-rhinois, l’atelier de vitrerie qui entre dans l’ère du 4.0.
La « vitrerie de demain »… c’est aujourd’hui chez Tryba. Le fabricant alsacien de menuiseries extérieures achève l’investissement de 30 millions d'€ qu’il a consacré depuis trois ans à ses moyens de production de fenêtres PVC et aluminium, l’activité principale du groupe familial de 1.000 salariés, au chiffre d’affaires de 310 millions d’€ en 2021.
Au sein de l’enveloppe, 15 millions d’€ ont bénéficié à l’atelier de fabrication des vitres du siège de Gundershoffen (Bas-Rhin), de façon à le faire entrer dans l’ère du 4.0, selon la vision de la direction. La division B2C de Tryba dans laquelle s’intègre cette fabrication totalise un chiffre d’affaires de 135 millions d’€ pour un effectif de 590 salariés réparti entre Gundershoffen, la commune voisine de Mertzwiller (pour les vérandas et pergolas), l’Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique.
Le site de Gundershoffen, comptant 335 collaborateurs, en constitue le vaisseau-amiral. C’est à lui qu’a été consacrée la très grande majorité de l’investissement triennal de modernisation et d'expansion et donc une moitié pour le seul atelier de vitrerie. « Au premier trimestre 2023, lorsque les derniers éléments du programme auront été mis en place, nous serons en capacité de produire près de 2.000 vitrages par jour, à comparer à 1.000 en 2018 et 1.500 cette année », souligne Christophe Ulm, directeur de l’usine. La croissance du marché français (+ 12,5 % en 2021 par rapport à 2019) justifie la montée en puissance. Celle-ci résulte aussi de la diminution, en fait la quasi-disparition, du recours à la sous-traitance pour cette activité.

Les investissements se traduisent par de fortes automatisations qui rendent rare la présence de personnel, mais ceux-ci n’ont pas disparu. « Cela a permis de les réaffecter à des tâches de plus haute valeur ajoutée, comme le feuilletage », précise Christophe Ulm.
Ils optimisent les flux ainsi que la consommation de matière, poursuit le responsable opérationnel : « le taux de chutes de verre passera de 13 % à 8 % », un niveau considéré comme quasi-incompressible.
Une salle blanche pour le verre feuilleté

Quelques équipements-fleurons jalonnent la visite des nouvelles installations, que Tryba a organisée jeudi dernier. Le four de trempe, qui a formé la première tranche de l’investissement dès 2019, permet des contrôles au dernier top de la technologique de la planéité du verre ou de sa qualité finale. Celle-ci est mesurée au nombre de petits débris qu’engendre la cassure provoquée sur un banc d’essai, sur des échantillons de 25 cm2.
Puis, deux nouvelles lignes d’assemblages longues de plusieurs dizaines de mètres recourent à la technologie TPS (intercalaire thermo-plastique) qui procurent une meilleure étanchéité, entre autres. Equipées de robots à différents stades, elles permettent un nouveau contrôle de la détection de défauts, qui restent compatibles avec la poursuite du process moyennant correction lorsqu'il s'agit d'une salissure, ou entraînent un retour à la case départ, en cas de rayure. Le feuilletage (*), quant à lui, s’effectuera dans les prochains mois dans une salle blanche maintenue à 18 degrés.
Différents investissements complémentaires ont bénéficié aux ateliers de Gundershoffen, comme, au stade du laquage du PVC, le laboratoire de préparation de peintures mis en service en juillet dernier pour une réponse sur-mesure aux demandes de coloris des clients.
Le fabricant est ainsi armé pour commercialiser des produits de plus en plus élaborés. Sa plus récente fenêtre aluminium, qu’il sort cet automne, affiche une performance thermique repoussant les limites, « L’ Uw (**) descend à 1,0 contre 1,3 pour les solutions jusqu’alors les meilleures », souligne Sébastien Gérard, directeur du développement produits. Et la dernière version PVC tombe à un Uw de 0,7.
Tryba entend ainsi conforter ses positions fortes. « Nous évoluons sur un marché fragmenté à l’extrême : on dénombre pas moins de 2.462 fabricants de menuiseries extérieures en France ! », relate Marc Daeffler, directeur général. Le groupe alsacien réalise 85 % de son activité dans la rénovation, et les deux-tiers dans le PVC contre 24 % dans l’aluminium. Celui-ci connaît une croissance ces dernières années.

© Mathieu Noyer
Ce qui explose aussi, ce sont ses coûts, mais la situation revient progressivement à une relative normale, selon le président-fondateur (en 1980) Johannes Tryba : « Le cours de l'aluminium est revenu à 2.250 € la tonne après un pic à 3.700 €. Arriver à un palier de 1.500 € serait une bonne chose, mais le prix effectif restera plus élevé du fait de la montée des prix de l’énergie qu'il faudra répercuter, il est peu probable que le prix se situe sous la barre des 2.000 € ».
Le groupe Tryba élargit la carte de ses implantations industrielles au Portugal. D’une façon indirecte : il a pris une participation de 49 %dans la société Caixaive. Celle-ci réalise un chiffre d’affaires annuel de 40 millions d’€ et emploie 400 salariés. Tryba procède à l'extension de l'usine de Ribeirao, dans la région du Porto, qui aboutira à sur ce site la fabrication de fenêtres et portes en aluminium, de fenêtres PVC, de vitrage isolant et des productions dédiées aux grandes surfaces de bricolage. Tryba a manifesté son intérêt pour ce marché portugais du fait de son dynamisme en particulier dans la rénovation.
(*) création d’un « sandwich » de deux plaques de verre entre une couche de PVB (polybutyral de vinyle), un plastique particulièrement électrostatique.
(**) coefficient de déperdition thermique exprimé en W/m2.K (watts par mètre carré-kelvin). Plus le chiffre est bas, meilleure est la performance isolante.








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