En l’espace de quelques heures, deux des fabricants alsaciens les plus emblématiques de menuiseries du bâtiment ont annoncé leur transmission immédiate ou prochaine. Les scénarios sont adaptés à leur taille : pour la PME de volets Kovacic une reprise par un entrepreneur local, pour le mastodonte des portes et fenêtres Tryba, l’entrée dans le giron d’un acteur encore plus gros, le groupe danois qui possède Velux.
Cela aura été la révolution du 1er juillet dans les portes, fenêtres et volets alsaciens. La même après-midi, deux de ses places fortes ont annoncé changer de mains. Le secteur fait partie des nombreux où les consolidations s’opèrent et l’illustration est à nouveau spectaculaire.
Surtout pour Tryba. Le fabricant de Gundershoffen (Bas-Rhin) qui s’est hissé dans le top 5 européen de sa spécialité, avec ses 590 salariés pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 240 millions d’euros, va conserver son nom, mais celui-ci ne sera bientôt plus associé à son fondateur. Venu en 1980 de la cité balnéaire allemande voisine de Baden-Baden pour fonder une modeste menuiserie de 15 personnes sur l'autre rive du Rhin, Johannes Tryba a décidé d’organiser sa succession.
En l’absence de perspective de reprise familiale, il a estimé que « les meilleures conditions, de stabilité et de confiance » se trouveraient au Danemark. Pas chez n’importe qui : le groupe Dovista, fort de 6.500 salariés, est aussi l’indirect propriétaire de la célèbre marque Velux, que détient sa maison-mère VKR et qui étend en ce moment une usine à Marnay (Haute-Saône). C’est lui qui a été choisi pour racheter Tryba. Amorcé ce mardi par le début de procédure de consultation des représentants du personnel, le calendrier devrait amener à une signature d’ici la fin septembre prochain, selon un communiqué de Tryba.
« Synergies industrielles, appui solide sur le marché européen et élan nouveau tout en restant fidèle à l’exigence de qualité » et en « conservant l’identité » ainsi que le management opérationnel : l’entreprise alsacienne assure avoir trouvé le « partenaire naturel » de son développement.

Historique, l’opération va s’inscrire pour autant dans un mouvement interne à Tryba qui remonte à plusieurs années. Via Atrya la maison-mère qu’il a suscité au début des années 2000, le menuisier nord-alsacien s’était séparé ces dernières années de plusieurs entités aboutissant à son recentrage sur son cœur d’activité, les fenêtres et portes en PVC et aluminium ainsi que leur vitrerie. Atrya avait vendu les volets roulants et portes de garage de la filiale Soprofen au groupe de tuiles et briques Bouyer-Leroux en 2018 puis, quelques mois plus tard, les activités vers les professionnels à son cadre dirigeant Lars Platow donnant naissance au holding AT Partner (entreprises AMCC, SNM Aluminium….). En 2024, ce fut le tour de la menuiserie de bois Thareaut dans les Pays de Loire. L'activité de Tryba repose sur le réseau de points de vente constitué de plus de 300 espaces conseils en France, et organisé en concessions.
Emplois préservés
La nouvelle ère devrait « préserver les emplois » des quatre sites de production répartis entre l’Ouest de la France et surtout le siège de Gundershoffen de quelque 340 salariés qui a bénéficié d’investissements élevés récents (30 millions d’euros) afin de doper sa fabrication de vitres de menuiserie.

A Ernolsheim-sur-Bruche (Bas-Rhin), Kovacic s’est aussi fait son nom dans la filière régionale, en emprunt de celui de son fondateur Martin Kovacic en 1965. Soixante plus tard, son fils Joseph et son petit-fils Joffrey se retirent de la PME de 59 salariés pour un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros, qui assure la fabrication (unité de 7.000 m2), le négoce et la pose de menuiserie en bois, en PVC et en aluminium : volets roulants, volets battants, portes de garage, le tout à la cadence de 16.000 par an. Ils ont annoncé ce 1er juillet sa transmission à Pascal Rey, un dirigeant d’entreprise qui a piloté notamment la filiale française du producteur allemand de mobilier Brunner. Il arrivé affublé de la réputation d’une « solide expertise en développement commercial, gestion opérationnelle et pilotage de comptes stratégiques.»
« L’entreprise repose sur des bases solides, construites avec passion, persévérance et savoir-faire. Grâce à cet héritage précieux et à la richesse humaine qui l’anime encore aujourd’hui, je suis pleinement engagé à écrire la suite de cette belle histoire, avec cœur, ambition et respect de ses valeurs », déclare le repreneur. Celui-ci est accompagné par de nombreux acteurs, publics (Bpifrance), publics-privés (la société régionale de développement et financement Sodiv) et privés (le Crédit agricole et les cabinets Grant Thornton, Orion Avocats et Adven), les cédants ayant eu recours aux services de Transversale Conseil.
Pascal Rey compte suivre une pente ascendante pour Kovacic : « au moins » huit créations d’emploi sont prévues d’emblée.




































.png)



.jpg)



















