Les 17 et 18 novembre prochains, le salon Euro Industries se tiendra à Mulhouse (Haut-Rhin), sous ce nom changé, mais dans la continuité de la thématique de l’industrie du futur qu’il a impulsée depuis neuf ans. A nouveau, il proposera à ses visiteurs la mise en exergue des compétences des entreprises et prestataires de l’Est de la France pour ce sujet crucial. Dans ce cadre, Traces Ecrites reproduit la diffusion préalable d’articles de focus sur certains de ces acteurs, en guise de « mise en appétit », en partenariat avec le Parc Expo de Mulhouse, organisateur d’Euro Industries. Aujourd'hui : ARDPI à Dijon. Expert des machines spéciales de mesure et de contrôle, ARDPI s’est structuré comme un groupe depuis cinq ans, apportant des solutions sur-mesure aux entreprises des secteurs de l’industrie, de l’énergie, du médical, de l’aéronautique et de la défense. Ses projets de développement, dans la santé en particulier, pourraient amener ses dirigeants à envisager une première levée de fonds.

 

L’Agence de Recherche et Développement de Produits Industriels, ARDPI en abrégé,  n’a jamais perdu de vue sa vocation première née de sa fondation en 2009 par Laurent Occhini,: « Étudier, concevoir, mettre au point, industrialiser, fabriquer puis installer et maintenir des machines de mesure et de contrôle de pièces sur les chaînes de production », synthétise Frédéric Badon, son directeur général, qui a rejoint l’aventure en 2014.

 

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L’expertise de la PME de Dijon a convaincu des acteurs d’univers fort différents, ce qui a amené ses dirigeants à la structurer comme un groupe en 2021 : sous la holding ARDPI Management se trouvent quatre filiales. ARDPI Ingénierie reprend les activités historiques. ARDPI Energy a pour client principal Enedis, pour lequel il a mis au point une solution de monitoring qui équipera 4.500 transformateurs électriques d’ici 2028. ARDPI Biotech, issue d’une opération de croissance externe, est spécialisée dans le pilotage des bioréacteurs et biofermenteurs, initialement pour un géant danois de l’agroalimentaire. Enfin, ARDPI Air & Security, créée en 2022, intervient notamment dans la défense, sur des solutions électroniques embarquées et des services aéroportés.

L’ensemble représente un effectif de 28 collaborateurs, pour un chiffre d’affaires de 4,7 millions d’euros en 2025. « En 17 ans, nous avons conçu et fabriqué 700 machines ou produits, généralement des pièces uniques ou des toutes petites séries, précise Frédéric Badon. Le contrôle non-destructif dimensionnel et d’aspect couvre des enjeux majeurs de qualité ou de cadence. »

ARDPI peut s’enorgueillir de la fidélité de ses clients historiques, tels Framatome, Essilor, le CEA… Ils ne cessent d’être convaincus par l’agilité et la réactivité de la PME, mais aussi par le niveau de compétences de ses équipes : très peu touchées par le turn over, elles sont composées à 80 % d’ingénieurs répartis dans trois bureaux d’études sectoriels. Ces effectifs sont basés essentiellement dans la zone d’activités Cap Nord, sauf ceux d’ARDPI Biotech implantés sur le technopôle agroenvironnemental AgrOnov à Bretenière (Côte-d'Or).

La révolution de l’IA dans la vision

ARDPI monitoring
ARDPI développe des solutions de monitoring.

ARDPI se trouve aux premières loges pour accompagner ses clients dans l’industrie du futur. « Nous intégrons de l’intelligence artificielle dans nos capteurs depuis 10 ans, souligne le directeur général. Nos systèmes sont ainsi en mesure de prédire des défauts. » Exemple : une machine conçue pour une tannerie dès 2015, la première dans son secteur qui intègre une intelligence artificielles capable d’identifier les défauts subjectifs d’une peau. « L’IA change la donne dans le domaine de la vision, grâce à des algorithmes puissants. Nous pouvons proposer aujourd’hui des solutions qui n’étaient même pas imaginables il y a cinq ans ! », souligne Frédéric Badon.  

C’est ainsi qu’Evoscan, présenté aux salons Business Industries Dijon en 2025 puis Micronora à Besançon cette année, est un profilomètre révolutionnaire capable de se glisser dans des espaces très contraints, associant compétences optiques, mécaniques et logicielles (boostées à l’IA). Quant au module conçu par la filiale Energy pour Enedis, il permet, à partir des données collectées, de créer des modèles prédictifs et de les intégrer dans le boîtier installé chez le client, qui reste propriétaire de ses données sans avoir besoin de payer d’abonnement.

L’avenir pour ARDPI, ce sont de nouvelles innovations, à l’image de Stelio, un produit développé avec l’Institut Carnot Bourgogne dans le but de détecter des défauts précoces, des contraintes résiduelles et des éléments chimiques (caractérisant par exemple la corrosion) avant même leur apparition. Lancée à Micronora en 2024, elle intéresse déjà des acteurs du nucléaire, de l’horlogerie franc-comtoise ou de l’industrie des poudres et du frittage. Dans le domaine de l’énergie, la solution de monitoring développée est susceptible de retenir l’attention d’autres acteurs de l’énergie à l’export ou des gestionnaires français d’infrastructures de transport.

ARDPI mesure contrôle
Le métier historique, et toujours socle de l'activité actuelle de la PME dijonnaise, réside dans le contrôle et la mesure de pièces en milieu industriel.

Mais c’est dans la santé qu’ARDPI place ses plus grandes ambitions. « Nous nous associons avec l’Université Bourgogne Europe, l’industriel Japy Tech et deux centres de formation aux métiers de santé qui s’implantent à Dijon (IMT et EBI), afin de produire un réacteur fermenteur pour la fabrication de biomédicaments, annonce Frédéric Badon. La version 1 est conçue comme un produit pédagogique pour les étudiants et les enseignants-chercheurs. Mais une fois déployée dans l’industrie, elle permettra d’envisager la création de nouvelles biomolécules, dans le cadre des ambitions du plan France 2030. » Un autre projet concerne la mise au point d’un capteur pathogène pour le lait, avec le laboratoire bisontin Femto-ST.

Ces développements justifieront peut-être une levée de fonds pour ARDPI. Jusqu’à présent, la PME a  toujours adopté la prudence en matière de financement de ses projets, en faisant appel à ses fonds propres et aux appuis publics, venant de Bpifrance, de la Région Bourgogne-Franche-Comté et de Dijon métropole.

 

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Photos fournies par l'entreprise

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