La résurrection de la ligne Nancy-Contrexéville débute et la construction de l’atelier de maintenance près de Metz s’achève. Les CCI de l'Est très inquiètes du projet de loi de finances 2027. Un réseau de chaleur empli de Joie pour Joigny dans l'Yonne. Le cercle des entreprises du patrimoine vivant du Grand Est s’étoffe Lumaru fait renaître un bâtiment pour l'activité économique en Côte-d'Or. En Alsace, Myfood lève 200.000 euros pour accélérer la croissance de ses serres aquaponiques.

Grand Est

La résurrection de la ligne Nancy-Contrexéville débute…  

Une double actualité a marqué la politique ferroviaire de la Région Grand  Est, le 21 octobre dernier.  La collectivité a commencé la journée par une cérémonie de pose de premiers rails (celle-ci ayant démarré de façon effective début octobre) sur la ligne Nancy-Contrexéville (Vosges) dont elle fait le pilote et le porte-étendard de sa volonté de remettre en circulation des petites lignes vers les territoires périurbains et ruraux, en faisant jouer pleinement la concurrence à la SNCF. Cette première « régénération » est ainsi confiée par une concession aux groupes NGE et Transdev, le premier pilotant la construction et le second l’exploitation. Les travaux, qui mobilisent la filière régionale de la construction ferroviaire, se monteront à 150 millions d’euros le long des 75 km jalonnés de 12 gares visant à accueillir 14 allers-retours quotidiens pour un total à terme de 550.000 voyageurs. La ligne est fermée depuis fin 2016. Sa réouverture est envisagée en décembre 2027. Elle comprendra un centre de maintenance de son matériel roulant à Mirecourt (Vosges) devant permettre d’asseoir la prise d’indépendance par rapport à la SNCF.

… la construction de  l’atelier de maintenance près de Metz s’achève

 La compagnie nationale garde les manettes du reste des lignes et c’est à son attention que le conseil régional a construit un nouvel atelier de réparation des trains, inauguré l’après-midi du 21 octobre, à Montigny-lès-Metz (Moselle). Sur près de 12 ha, l’infrastructure pourra traiter 41 rames. Situé le long de la ligne reliant au Luxembourg, ce projet a bénéficié d’un cofinancement de 50 millions d’euros du Grand-Duché, sur son montant total de 124 millions. « Parce que la mobilité ne s’arrête pas aux frontières, notre ambition ne le fait pas non plus : investir ensemble dans le rail, c’est investir dans notre avenir commun », a expliqué Yuriko Backes, ministre de la Mobilité et des Travaux publics du Luxembourg. M.Noyer  

 

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Est

Les CCI très inquiètes du projet de loi de finances 2027  

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De gauche à droite, Sébastien Muller, Président de l’ARIA Alsace (association des industries alimentaires) et Vice-Président de l'ANIA en charge des Régions de France, Daniel Bixel, Président de la CCI Alsace Eurométropole, Jean-Paul Hasseler, Président de la CCI Grand Est et Alain Trautmann, dirigeant de l'entreprise bas-rhinoise Alélor.© Julie Giorgi

Le projet de loi de finances (PLF) 2027 prévoit de réduire de 125 millions d’euros les ressources du réseau des Chambres de Commerce et d’Industrie, soit un quart de leurs revenus d'origine fiscale. La perspective suscite l'inquiétude partout en France. De même que la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand Est l'exprime. Jean-Paul Hasseler, président de la CCI de la région, parle d’un  « choc systémique » et alerte sur le fait que des services gratuits aux entreprises pourraient disparaître. De plus, un plan social pourrait se dessiner. Dans le Grand Est, la baisse envisagée représenterait 8,5 millions d’euros et, selon les premières projections, celle-ci pourrait menacer entre 100 et 150 emplois, soit environ un cinquième de l’effectif actuel. 

Les chefs d’entreprise élus des CCI ont découvert, ce 4 novembre, une seconde mesure liée au PLF et qui les fait redoubler de colère : un prélèvement rétroactif de 25 millions d’euros sur leurs ressources au titre de l’exercice 2026.  « Sans capacité opérationnelle, qui accompagnera les entreprises demain ? Affaiblir l’outil des CCI, c’est risquer de fragiliser les entreprises. Nos chambres ne doivent pas être considérées comme un centre de coût pour l’État, mais comme un levier de création de valeur. Les entreprises ont autant besoin des CCI que l’État a besoin de ses entreprises » , rappelle Jean-Paul Hasseler. J.Giorgi

 

Bourgogne
Un réseau de chaleur empli de Joie pour Joigny

La ville de Joigny (Yonne) va se doter d’un réseau de chaleur pour un investissement de 17,5 millions d’euros qu’elle confie au groupe Engie. Elle en a effet choisi la formule de la concession par un contrat de conception, construction et exploitation auprès d'un opérateur privé, pour ce projet représentant la pose de 6,7 km de nouvelles canalisations et la reprise d’1,3 km, et qui a été officiellement lancé le 3 novembre par le maire Nicolas Soret et Jacinthe Delage, directrice de territoire Normandie Centre d’Engie.
Baptisé « Joie » en acronyme de Joigny Energie, le futur réseau distribuera à terme 18.000 mégawattheures annuelles de chaleur, principalement à partir de biomasse en sortie d’une chaudière dédiée d’une puissance de 3,1 mégawatts, complétée d’une pompe à chaleur et d’une chaudière gaz. Le taux d’énergie d’origine renouvelable est ainsi annoncé de 90 %.  La chaudière biomasse doit entrer en production en octobre 2028, comme point de départ du déploiement progressif du réseau. La concession couvre une durée de 27 ans. M.Noyer   

 

Grand Est

Le cercle des entreprises du patrimoine vivant s’étoffe

EPV Grand Est
Les labels ont été décernés en première distinction ou au titre du renouvellement, à la préfecture de région Grand Est à Strasbourg. © Mathieu Noyer

Vingt-neuf sociétés du Grand Est ont été distinguées le 21 octobre à la préfecture de région à Strasbourg (Bas-Rhin) pour la première obtention ou le renouvellement (pour cinq ans) du label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV). Cette reconnaissance bénéficie ainsi désormais à 130 entreprises de la région, souvent anciennes (remontant jusqu’au XVIIIIème siècle) et familiales et déployant un savoir-faire de « type » artisanal au-delà de la diversité de leur taille, de la TPE à des grandes PME voire ETI comme la coopérative Alsace Lait, nouvelle entrée dans ce cercle, au chiffre d’affaires annuel de 260 millions d’euros. « Nous défendons les intérêts de 250 producteurs, avec une fabrication 100 % non OGM pour notamment la consommation de lait frais, devenue une exception en France », a souligné son directeur général Hervé Massot.

« Ces savoir-faire artisanaux apportent leur contribution à leur manière à des enjeux essentiels de création d’emplois, de formation interne et par alternance, de rayonnement de la France à l’international et par là même de souveraineté économique nationale », a estimé le préfet de région, Amaury de Saint-Quentin. Cette « promotion » 2026 d’EPV nouvelles ou confirmées comprend également pour l’Alsace les robinets Horus ou la distillerie Jos-Nussbaumer, en Lorraine les Escaliers Somme, la menuiserie Créa Diffusion, la miroiterie Petitjean, les articles de cuisines De Buyer, la coopérative Bergère de France… M.Noyer  

 

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Bourgogne

Lumaru fait renaître un bâtiment pour l'activité économique en Côte-d'Or

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Luc Rebourseau et Marc Usureau devant le bâtiment en chantier à Couchey (Côte-d'Or). © Lumaru

La société Lumaru, dirigée par Marc Usureau et Luc Rebourseau, a racheté l’ancien bâtiment occupé par l’entreprise de matériaux du bâtiment Vial jusqu’à sa liquidation en 2018, le long de la route de Beaune à Couchey (Côte-d'Or), afin de l’agrandir et de le rénover entièrement, soit un investissement évalué à 3 millions d’euros. Après travaux, ce nouveau pôle d’activités économiques s’étendra sur 4.500 m2, dont un tiers d’extension. L’ensemble du site sera hors d’eau hors d’air en fin d’année.

Depuis le 1er janvier dernier, la société de véhicules d'occasion Suite Automobile s’est installée dans la première cellule disponible. Les entreprises ART (plâtrerie peinture) et ART Botanique (végétaux stabilisés), dirigées par Marc Usureau et localisées jusqu’alors à Fixin (Côte-d'Or), prévoient de s’implanter sur place. Le groupe Iserba basé dans l’Ain y installera sa filiale de maintenance multitechnique Unicia Maintenance Immo,ainsi que certains de ses services. « La réhabilitation du site de Couchey s’inscrit dans une démarche de revitalisation, portée par une vision responsable et durable de la rénovation immobilière », assurent les deux entrepreneurs. Lumaru a déjà restructuré  d’anciens bâtiments dans le Sud dijonnais, en particulier ceux qui accueillent désormais l’enseigne de peintures Unikalo et l’agence dijonnaise du groupe Litt (aménagement et isolation). P.Bouillot

 

BF 

 

Alsace

Myfood lève 200.000 euros pour accélérer la croissance de ses serres aquaponiques

Myfood
La PME de 16 salariés ambitionne en sept ans de quadrupler son chiffre d'affaires, par rapport à son montant de 4 millions d'euros en 2025. © Myfood

Le fabricant de serres aquaponiques connectées Myfood installé à Molsheim (Bas-Rhin) vient d'ouvrir son capital à ses clients, à sa communauté et aux investisseurs privés. Grâce à cette opération, il a réussi à lever 200.000 euros. Le montant vise à conduire la PME de 16 salariés vers l’autofinancement complet. L’entreprise concentre son plan d’accélération sur quatre postes : le renforcement des équipes commerciales, la communication, l’intelligence artificielle pour mieux analyser les données issues des serres, et la montée en volumes pour aller vers l’industrialisation.

Créée en 2015, Myfood a progressivement fait passer sa serre connectée du stade de l’expérimentation à celui d’un produit déployé à l’échelle européenne, dans sept pays (Allemagne, Autriche, Suisse, Belgique...) pour un cumul de plus de 1.500 serres installées. Elle a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros. Le plan de développement fixe un objectif de 16 millions d’euros en 2032 pour le chiffre d’affaires, avec près de 20 % de revenus récurrents. Myfood souhaite faire de la serre connectée non plus un équipement réservé aux jardiniers avertis, mais un outil de production accessible à des familles désireuses de mieux manger et mieux maîtriser leur budget alimentaire. J.Giorgi

 

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