Le groupe de petit électroménager, Bourguignon aussi bien par ses racines historiques que par ses branches contemporaines, poursuit avec une « grosse prise » sa stratégie d’acquisition de marques premium d’appareils et ustensiles de cuisson. Il annonce le rachat de De Buyer dans les Vosges et de ses filiales auvergnate et belfortaine (Scaritech). La PME de 290 salariés réputée pour ses poêles, casseroles et autres moules a été fondée en 1830 et était restée familiale jusqu’à il y a dix ans. .
Un nouveau fleuron de l’équipement culinaire tombe dans l’escarcelle de SEB : le Vosgien De Buyer. Le groupe aux racines et aux implantations actuelles bourguignonnes a annoncé, ce 23 janvier, l’acquisition de la PME lorraine qui fait figure de référence sur le marché pour la fourniture en pièces « nobles » des cuisines professionnelles et du grand public.
Fort d’un chiffre d’affaires de 66 millions d’euros réalisé l’an dernier par son effectif de 290 collaborateurs, De Buyer perpétue un savoir-faire remontant à 1830 qui lui a fait décrocher le label d’Entreprise du patrimoine vivant (EPV). Sa base historique et principale, employant 180 personnes, se situe au Val d’Ajol au pied des Vosges, où elle fabrique des produits vendus dans une centaine de pays, que son nouveau propriétaire qualifie d’ « emblématiques » en citant les exemples des batteries de cuisine en acier, inox et cuivre, des mandolines et des pistons à pression. Elle est réputée également pour ses poêles, casseroles et moules.
Son appareil industriel se complète de deux filiales : Rousselon Dumas-Sabatier qui confectionne des couteaux forgés dans le fief national de cet art, Thiers dans le Puy-de-Dôme, ainsi que Scaritech à Belfort, fabricant « de petit matériel à destination des boulangeries-pâtisseries avec son produit phare la Grignette, ustensile essentiel pour les artisans boulangers », poursuit SEB dans un communiqué. Ce trio forme La Brigade de Buyer. Son rachat doit « renforcer notre leadership sur les segments professionnel et premium, en France et à l'international, tout en préservant et valorisant le savoir-faire unique de ces marques qui représentent l'excellence française », déclare Thierry de la Tour d’Artaise, le président du groupe SEB.

Le scénario d’une telle cession n’est pas surprenant. La Brigade de Buyer avait quitté son profil d’entreprise familiale en 2015. Le dernier descendant occupant des fonctions opérationnelles, Hervé de Buyer, grande figure de l’économie vosgienne, s’était alors retiré après avoir dépassé les 80 ans. L’entreprise avait rejoint dans la foulée Edify, un capital-investisseur basé au Luxembourg qui vise des prises de participation majoritaires ou minoritaires dans des « ETI et PME industrielles européennes. » Sa stratégie consiste, classiquement, à chercher une revente avec plus-value au bout de quelques années. Il aura fait grandir la société, reprise dans une dimension de 130 salariés avec un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros, notamment par le fait de lui adjoindre Rousselon Dumas-Sabatier et Scaritech, en 2021. Edify pointe également avoir consacré des « investissements à la modernisation et l'extension des capacités de l'ensemble des sites. »
Jointe par Traces Ecrites, Sophie Hesse, directrice marketing de De Buyer, décrit sa « fierté » de voir la société entrer dans le giron du groupe bourguignon, « car cela signifie que nous sommes parvenus à faire de La Brigade de Buyer une entreprise séduisante pour un mastodonte comme SEB qui demeure la référence dans l’univers culinaire à l’international. » Le rapprochement avec un groupe disposant d’une véritable expertise « métier » représente également un atout à ses yeux, par comparaison avec le précédent actionnaire, au profil davantage financier. La responsable anticipe de futures synergies à l’export grâce à un effet « tremplin pour notre société qui dispose déjà de filiales en Allemagne et aux Etats-Unis . »
Un profil analogue à Lacanche racheté en 2024

Quant au groupe SEB, il poursuit ses « emplettes » d’entreprises détentrices d’un fort savoir-faire. Cette nouvelle croissance externe n’est en effet pas sans rappeler celle concrétisée en avril 2024 auprès de Sofilac en Côte-d’Or, c’est-à-dire la marque Lacanche de cuisinières, pianos, casseroles et poêles qui sortent des ateliers dans la commune du même nom, ainsi que les équipements estampillés Charvet. Cette société également labellisée EPV présente une taille comparable à De Buyer, avec ses 360 salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 60 millions d’euros, réalisé en bonne partie (un tiers environ) à l’international. Les deux transactions de 2024 et 2025 – en attendant d’autres ? – enrichissent ainsi le catalogue de marques premium de SEB qui comprend Krampouz, Forge Adour, WMF, All-Clad ou encore Lagostina.
Le groupe de 8.000 salariés a annoncé dans le même temps ce jeudi soir, depuis son siège d’Ecully près de Lyon, le montant provisoire de son niveau de chiffre d’affaires 2024, soit 8,266 milliards d'euros en croissance de 5 %. Il publiera le 27 février ses résultats de l’exercice dernier. Celui de 2023 s’est soldé par un bénéfice opérationnel de 726 millions d’euros, en hausse annuelle de 9 %, et un résultat net de 386 millions d’euros (+ 22 %).
Dans ce contexte de croissance, les décisions des dernières années relatives aux implantations de Côte-d’Or ont été globalement favorables à celles-ci : développement de nouveaux produits (appareils de cuisson à la vapeur, autocuiseur personnalisé…) dans les usines de quelque 400 salariés cumulés d’Is-sur-Tille et Selongey où s’épanouit toujours la célèbre Cocotte-Minute® ; plus récemment encore, l’ouverture – désormais imminente - d’un troisième site, de logistique à rayonnement européen, à Til-Châtel avec 100 emplois à la clé et la création prévue cette année d’un centre de reconditionnement de pièces usagées au sein de l’usine d’Is-sur-Tille de façon à compenser les diminutions récurrentes des volumes de celle-ci, qui confectionne notamment les friteuses.
Cette prochaine plateforme sera dédiée à l’électroménager, si bien qu’elle ne devrait pas être concernée par la mise en place d’une filière de recyclage de poêles, annoncée par SEB la semaine dernière.
En quête de volumes, l’usine d’Is-sur-Tille du groupe de petit électroménager et appareils de cuisson n’en trouvera finalement pas sur une voie de diversification qui s’annonçait originale : le vélo électrique. Son partenaire, Angell, start-up française développant de tels cycles design et haut de gamme, s’oriente en effet vers la liquidation judiciaire. L’entreprise, fondée en 2018 par Marc Simoncini et Jules Trecco, ne se relèvera pas d’un problème de fiabilité détecté en novembre dernier. Les cadres en aluminium collé de ses 7.000 premiers vélo risquent de se briser en deux, a-t-il été constaté. Angell a tenté de procéder à un rappel massif et d’envisager le remplacement ou le remboursement des exemplaires concernés. « Un problème hardware aura mis fin à l’aventure, malgré tous nos efforts et le travail incroyable de tous les salariés », a indiqué Marc Simoncini.
Cette annonce brutale marque un coup d’arrêt pour tout un pan de l’activité d’Is-surTille, qui avait trouvé dans l’assemblage des vélos Angell un relais d’activité bienvenu, à l’heure où la production de friteuses sans huile, sa spécialité, s’est arrêtée. SEB, qui était entré minoritairement au capital d’Angell, est d’ailleurs pointé du doigt par son partenaire. « Malheureusement, dès la première réunion début novembre, il est apparu que le Groupe SEB ne se considérait d’aucune façon responsable des défauts affectant vos vélos, et ne souhaitait pas prendre part à la recherche d’une solution. D’autres propositions ont été formulées à nos partenaires mais aucun accord n’a été trouvé à date », relate Angell dans un courrier envoyé à ses clients.












.jpg)




















.png)

























