Vendue à un groupe suédois en 2022, l’application Holy Owly revient à Besançon. Le fabricant de puzzle Alizé en redressement judiciaire en Moselle pour rééchelonner sa dette. Le nouveau conseil de l’économie de l’Eurométropole de Strasbourg définit ses actions. Roger Martin s’installe dans sa nouvelle agence. Le Panoptique d’Autun complète ses entreprises de travaux. Huit Pyramides pour valoriser la promotion immobilière dans le Grand Est.

Franche-Comté

Vendue à un groupe suédois en 2022, l’application Holy Owly revient à Besançon  

« Holy Owly est rentrée à la maison », a annoncé Julie Boucon en cette fin octobre. En 2015, l'entrepreneuse bisontine lançait cette application d’apprentissage des langues pour les enfants de 3 à 12 ans, avec son associée Stéphanie Bourgeois. Cinq ans plus tard, dans un contexte d’incertitude quant à la réussite d’une levée de fonds pour développer leur appli à l’international, les deux jeunes femmes ont vendu leur start-up au Suédois Albert, d'abord en gardant des parts dans ce groupe, avant de le quitter. « Nous n’étions plus alignées sur leur vision et leur stratégie, confie Julie Boucon. Suite à notre départ, ils ont délaissé l’aspect marketing de l’application sur le marché français. » Après plusieurs offres de rachat au cours des dernières années, le duo d'entrepreneuses a finalement réussi à reprendre les rênes de la société de Besançon. « Notre chance est qu'aucun concurrent n'a émergé sur notre marché depuis la vente d’Holy Owly, qui reste donc une référence française », note Julie Boucon.

Cette application s’inscrit sur le marché dynamique de l’EdTech - pour technologies de l’éducation - dont le chiffre d’affaires dans le pays est estimé à 1,8 milliard d’euros en 2025. Les fondatrices d’Holy Owly comptent se saisir des outils de l’intelligence artificielle pour faire évoluer leur application. « Nous voulons recréer du lien avec nos clients, reprendre notre place de leader en France, mais aussi continuer ce que nous avions initié en 2022 : investir le marché européen. Nous avons aussi l’ambition d’entrer sur le marché des Etats-Unis, avec l'apprentissage du français et de l’espagnol. » Dans cette opération de rachat - dont les montants n’ont pas été communiqués - Julie Boucon et Stéphanie Bourgeois ont été rejointes par deux autres associés.

 

 Cessions aquisitions

 

Lorraine

Le fabricant de puzzle Alizé en redressement judiciaire pour rééchelonner sa dette  

Alize group
Alizé Group partage son activité à Behren-lès-Forbach (Moselle) entre le négoce et la fabrication de puzzles. © Philippe Bohlinger

Alors que ses presses tournent à plein régime, le fabricant mosellan de puzzles Alizé Group a choisi de se placer sous la protection de la justice. L’entreprise de Behren-lès-Forbach (Moselle),qui devrait produire cette année 950.000 boîtes de jeu, a demandé son placement en redressement judiciaire en juillet dernier. Elle a rendez-vous le 12 janvier prochain devant la chambre commerciale du tribunal de Sarreguemines « qui devrait pouvoir valider notre plan de continuation et rééchelonner la dette de l’entreprise sur dix ans », espère Frédéric Metge, président d’Alizé Group. Les 57 emplois de cette PME (chiffre d’affaires de 9 millions d’euros en 2025) ne seront pas impactés par cette situation, assure-t-il.

Frédéric Metge évoque « une problématique plus capitalistique qu’économique », en référence au montage financier sur la base duquel le fonds français UI Investissement a racheté la part majoritaire d'Alizé Group. Opéré en juin 2022 « pour un montant un peu élevé », il a eu pour conséquence une dette « surdimensionnée », reconnaît le dirigeant, que la mise en redressement judiciaire vise donc à rééchelonner. L’activité d’Alizé Group a en effet connu une explosion avec la crise sanitaire : son chiffre d’affaires a grimpé de 18,9 % pour atteindre 10,8 millions d’euros en 2020. « Le rachat a été bâti sur la base d’un chiffre d’affaires de 10,2 millions d’euros en 2022. Or l’entreprise n’a réalisé que 6,4 millions d’euros cette année-là… » souligne Frédéric Metge. P. Bohlinger

Alsace
Le nouveau conseil de l’économie de l’Eurométropole de Strasbourg définit ses actions

Annoncé comme un pilier de la politique économique du nouvel exécutif élu au printemps dernier, le Conseil métropolitain de l’économie a  tenu sa séance d’installation, le 23 octobre dernier. Il réunit la collectivité et les entreprises (une centaine y siègent à titres divers) dans une même instance chargée de remonter les attentes des professionnels et de déterminer en conséquences les mesures à prendre dans les domaines de compétence de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS), en concertation avec eux. La présidente de l’EMS, Catherine Trautmann (qui copréside le Conseil avec la dirigeante d'entreprises Nathalie Roos), y voit ainsi d’abord  « un lieu de travail non institutionnel destiné à restaurer une relation de confiance » avec le monde économique, altérée à ses yeux durant la précédente mandature. Dix « priorités » ont ainsi été présentées dans cette séance inaugurale, résultant des quelque 1.400 réponses à une enquête préalable auprès des entrepreneurs. Y figurent un « pacte d’accessibilité » pour améliorer la mobilité et faciliter le stationnement des professionnels, la libération de foncier et de bâti (à laquelle doit contribuer la prochaine modification du plan local d’urbanisme), la « clarification » des règles, l’ouverture accrue de la commande publique aux PME, ainsi que sujets relatifs à la relation avec la recherche, la venue et le maintien de « talents », la meilleure exploitation de l’atout européen… La première mesure concrète, en application d'un axe « interlocuteur privilégié », consiste en la désignation d’un référent dédié et unique, entreprise par entreprise, au sein de la direction du développement économique de l’EMS, parmi six de ses agents qui se répartiront le rôle à partir de début 2027. M.Noyer

Haute-Saône

Roger Martin s’installe dans sa nouvelle agence

Roger Martin vesoul
Les nouveaux locaux auxquels 55 salariés sont rattachés s'étendent sur 700 m2 de bâtiments, sur un terrain de 2,2 hectares. © Groupe Roger Martin

Le groupe de travaux publics Roger Martin a inauguré en octobre les nouveaux bâtiments (700 m2 bâtis sur 2,2 ha, investissement de 2,5 millions d’euros) de son agence de Vesoul qui intervient sur l’ensemble de la Haute-Sâone ainsi que dans la frange limitrophe sud du département des Vosges. Les effectifs de 55 salariés, soit la taille d’une PME, sont à l’origine d’un chiffre d’affaires annuel de 15 millions d’euros. « Celui-ci est réalisé principalement dans les chantiers d’adduction d’eau et les voiries et réseaux divers (VRD), conformément aux orientations prises pour l’agence depuis plus de dix ans maintenant », expose Frédéric Pavoine, directeur régional de Roger Martin. En effet, l’implantation trouve son origine dans l’acquisition en 1998 de la PME locale Locatelli qui, pour sa part, se déployait surtout dans la réfection d’ouvrages de génie civil. Dans la première partie des années 2010, la double circonstance de l’arrêt d’un marché-cadre dans cette spécialité et l’intégration au groupe de l’entreprise de génie civil SNCTP a redéfini la vocation de l’agence.

Celle-ci a grandi, elle comptait 29 salariés en 2017. Elle combine des contrats ponctuels significatifs publics et privés, comme récemment le réseau de chauffage urbain de Remiremont (Vosges) ou en 2022-2023 le réaménagement du site Stellantis-PSA de Vesoul, et des marchés récurrents pour les collectivités locales. Accueillant l’une des quatre agences de groupe avec Dijon, Besançon et Belfort, le nouveau site, localisé à Vaivre-et-Montoille, dispose aussi d’une plateforme de recyclage d’une capacité de 8.000 à 10.000 tonnes par an. M. Noyer

 

BF

 

Bourgogne

Le Panoptique d’Autun complète ses entreprises de travaux

L’attribution par la Ville d'Autun (Saône-et-Loire), maître d’ouvrage, des marchés de la dernière phase de travaux du « Panoptique » permet de lancer cette ultime période de chantier d’un peu plus de trois ans. Et ainsi, de viser pour fin 2029 la livraison du projet en centre-ville de restructuration-extension du complexe muséal constitué autour de l’ancienne prison de configuration circulaire (« panoptique ») et de l’ancien palais de justice attenant. La liste des attributaires comprend 11 entreprises de Bourgogne-Franche-Comté, dont cinq  du bassin autunois : Dufraigne en gros œuvre, Arcams en peintures décoratives patrimonilales, CBM (charpente bois), ERTCM Industries (charpente métallique et couverture) et SNTPAM (chargée des VRD), rejointes entre autres par la métallerie dijonnaise Boudier ou le groupe jurassien Bonglet de second œuvre. Le coût de ce projet « Panoptique - Musée Rolin » dessiné par les architectes d’Atelier Novembre a été revu à la hausse de près d’un quart pour atteindre un montant prévisionnel de 38 millions d’euros. M.Noyer  

 

PE Mulhouse

 

Grand Est

Huit Pyramides pour valoriser la promotion immobilière

Pyramide Grand Est
Le projet lauréat du grand prix, "Triptik" à Villerupt, proposera 231 logements à Villerupt (Meurthe-et-Moselle), à la frontière luxembourgeoise. © Vagabond Architectes

L’édition 2026 du concours des Pyramides d’argent de la FPI (Fédération des promoteurs immobiliers) a attribué son « grand prix régional » dans le Grand Est au projet « Triptik » de la société lorraine Nouvel Habitat à Villerupt (Meurthe-et-Moselle). Cet ensemble de quatre immeubles pour 231 logements, à la livraison attendue 2030, doit constituer un signal architectural, culminant jusqu’à 14 étages pour sa tour, pour la zone Micheville, reconversion de friche sidérurgique aux portes du Luxembourg, sur le territoire de l’opération d’intérêt national (OIN) Alzette Belval.

Les autres Pyramides, ciblées sur une thématique respective, sont revenues à Icade Promotion et Vitruve au titre de la qualité globale pour leur résidence commune sur la friche Ameco à Kingersheim (Haut-Rhin), aux bureaux La Semm à Colmar du groupe Sovia (immobilier d’entreprise), au Domaine de la Torréfaction de Demathieu Bard Immobilier à Thionville (Moselle) pour la « conduite responsable des opérations », à Gipa en rénovation-extension pour sa Villa Campestra à Breuschwickersheim (Bas-Rhin), aux « Silènes » d’Illkirch (Bas-Rhin) de Nouvel Habitat et Joël Ohayon Promotion comme Bâtiment bas carbone, et à Demathieu Bard Immobilier à nouveau, pour la mixité énergétique du Domaine de Buthégnemont à Nancy et, en  association avec son confrère Bénédic, pour L’impératrice, reconversion résidentielle de l’hôpital Bonsecours à Metz qui a reçu le Prix spécial du jury. M.Noyer

 

 

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