L’Alsace lance sa marque employeur collective. À Semur-en-Auxois en Côte d’Or, l’imprimerie Intaglio touchée par les inondations. Les salariés de Nestlé Waters dans les Vosges inquiets des conséquences sur l’emploi de nouvelles révélations. La start-up alsacienne du graphène Blackleaf lève 7 millions d’euros. Campus IMT Dijon. Spécialiste de l’analyse des surfaces, Digital Surf recrute à Besançon.


• L’Alsace lance sa marque employeur collective

« Bien en Alsace ». Ainsi se dénomme la marque employeur territoriale que l’Alsace met en place, sous l’impulsion des collectivités locales et de son agence de développement économique Adira. Le nom a été délibérément choisi « sans surenchère », mais « simplement » pour exprimer le sentiment de bien-être et bien-vivre que reflètent les actifs qui viennent s’installer en Alsace. Encore faut-il qu’ils franchissent le pas et l’initiative cible précisément ces cadres et autres collaborateurs dont les entreprises du territoire ont besoin et dont la compétence, soit par sa rareté en soi soit par sa pénurie locale, peut se trouver plus loin « ailleurs en France et à l’étranger », a rappelé Claude Sturni, vice-président de la région Grand Est lors de la cérémonie de lancement à Strasbourg le 4 avril.

L’Eurométropole fait partie des quatre territoires-pilotes avec les communautés d’agglomération de Haguenau (Bas-Rhin) et Saint-Louis (Haut-Rhin) qui démarreront à leur tour ce 11 avril puis le 18, avant la communauté de communes Alsace Rhin-Brisach autour de Fessenheim (Haut-Rhin) en juin. 70 entreprises (et autres partenaires) ont participé à la préparation et une quarantaine ont signé d’ores et déjà leur adhésion à la démarche voulue complémentaire de leur propre marque employeur : promotion, communication et action autour de valeurs partagées, dont une phare doit constituer en un job dating collectif géant en septembre prochain…au parc des Princes à Paris. « La démarche se tisse autour du fil conducteur du parcours collaborateur : formation, candidature, embauche, intégration et fidélisation », résume Yves Demangel, directeur du pôle Marque Alsace à l’Adira. « Garder les collaborateurs forme un défi aussi relevé que les attirer », a souligné Karine Rousseau, DRH de Delpharm à Huningue évoluant dans le très courtisé bassin pharmaceutique de Saint-Louis. Elle salue l’approche collective, car « si chaque entreprise vient « chasser » seule les mêmes profils, cela créé de la surenchère et tout le monde y perd.» M.Noyer 

(2) SUPPLY CHAIN 2024

• À Semur-en-Auxois en Côte d’Or, l’imprimerie Intaglio touchée par les inondations

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Vue sur les ateliers inondés de l’imprimerie Intaglio à Semur-en-Auxois suite à la crue de l’Armançon. © Sabrina Dolidze


L’imprimerie Intaglio à Semur-en-Auxois (Côte-d'Or) compte parmi les structures particulièrement touchées par la crue de l’Armançon du 1er avril. L’eau est montée jusqu’à 60 cm dans les 1.200 m2 de l’atelier situé au bord de la rivière. Les quatre salariés de la TPE vont être mis au chômage partiel. Stéphane Le Sauter qui a créé son entreprise en 1987 à Paris s’était installé il y 8 ans à Semur-en-Auxois dans une ancienne menuiserie. Il y réalise des cartes de voeux design auprès d’entreprises de luxe via des agences. « Je me suis spécialisé dans les techniques anciennes de l’imprimerie en utilisant les outils et les techniques d’antan », précise-t-il.

Son atelier est bien plus qu’une entreprise d’imprimerie : un véritable musée, ouvert de temps à autre au public et aux écoles ou à des résidences d’artistes. Collectionneur des outils depuis 45 ans, l'entrepreneur possède plus de 250 meubles de métier vieux de plus de 50 ans. « Maintenant, il y a 1.200 m2 de boue », constate-t-il avec désolation. Il craint que l’assurance ne prenne pas en compte les dégâts liés aux collections historiques. Depuis cette catastrophe, des habitants lui prêtent main forte pour le nettoyage, mais il y a des jours où son moral est en berne. S.Dolidze

 

Les salariés de Nestlé Waters dans les Vosges inquiets des conséquences sur l’emploi de nouvelles révélations

La mise au jour d’une expertise de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur les eaux de Nestlé Waters inquiète les salariés des sites de Vittel et Contrexéville, dans les Vosges. Le 4 avril, Franceinfo et Le Monde ont en effet dévoilé un rapport pointant des problématiques de « qualité sanitaire » sur les eaux minérales du groupe (Vittel, Contrex, Hépar, Perrier). Ce document prolonge les révélations du 30 janvier dernier dans lesquelles nos confrères ont pointé l’utilisation par plusieurs minéraliers français de traitements destinés à purifier les eaux.

La CGT des usines vosgiennes d’embouteillage, s’est déclarée « très surprise » par ces nouvelles révélations, dans la mesure où l’Agence régionale de santé (ARS) « garantit la sécurité alimentaire de nos eaux embouteillées » via « de nombreux contrôles sur les eaux et forages ». Par ailleurs, les syndicats du groupe s’inquiètent des répercussions de ces dossiers sur l’emploi, alors qu’un plan de 171 départs volontaires est en cours sur les deux sites vosgiens employant 721 salariés. Muriel Lienau, présidente de Nestlé France, souhaite insister sur le fait que « la sécurité alimentaire et la qualité de nos eaux minérales naturelles ont toujours été garanties et restent notre priorité. » Selon le géant de l'agro-alimentaire, le rapport de l’Anses avait pour objectif « de guider la mise en œuvre des mesures de contrôle renforcées mises en place fin 2023 » par l’ARS.
P. Bohlinger


• La start-up alsacienne du graphène Blackleaf lève 7 millions d’euros

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En tant que lauréate de l’appel à projets « Première Usine » opéré par Bpifrance dans le cadre du plan d’investissement France 2030, Blackleaf a reçu, l'été dernier, la visite de la préfète de région Grand Est Josiane Chevalier. © Traces Ecrites


Blackleaf vient de conclure un tour de table de 7 millions d’euros avec l’accompagnement et le soutien d’un pool bancaire regroupant Bpifrance, le CIC, BNP Paribas et le Crédit Agricole Alsace Vosges. L’entreprise a également su convaincre des investisseurs industriels et financiers : un groupement de business angels alsaciens, la Team Cajuba, et l’ETI nantaise Armor Group spécialisée dans la formulation d’encres. Créée en 2018 à Strasbourg, elle a développé un procédé de production de graphène respectueux de l’environnement. D’une équipe actuelle de douze personnes, elle projette d’arriver à un total d’une quarantaine de collaborateurs d’ici à 2025, en mettant en place une capacité de production industrielle et, en parallèle, en développant des solutions et produits de mise en œuvre du graphène.

Blackleaf se concentre actuellement sur les revêtements chauffants (aéronautique, habitat, transport ou industrie) et la production d’encres, mais elle prévoit à terme d’élargir son activité. « Matériau stratégique, le graphène est un intrant de première importance pour l’industrie française. Parfait candidat à la décarbonation, il est attendu dans de nombreuses filières comme l’aéronautique, la chimie, les nouvelles générations de batteries, le béton bas carbone, ou encore les peintures et encres conductrices. Avec la construction de notre site industriel et une capacité de production de 120 tonnes en 2025, Blackleaf figurera comme l'acteur de référence européen au service la souveraineté industrielle », affirme la direction. J.Giogi
 

CIRCUIT PRENOIS 

• L’IMT ouvre son campus de formation santé à Dijon

IMT, groupe privé de formation pour les industries du médicament et de la cosmétique, a inauguré ce 5 avril son implantation à Dijon (Côte-d’Or). Il installe dans un premier temps son « Campus » dans l’impasse Françoise-Dolto en attendant de prendre occupation en 2026 de son bâtiment définitif au technopôle Santenov, de sorte à « bénéficier des synergies entre les acteurs de la biotechnologie et de medtech », soulignent l’organisme et Dijon métropole.

A la rentrée prochaine, le groupe ouvrira sa première promotion dijonnaise bac + 2 de technicien supérieur en pharmacie et cosmétiques industrielles (TSPCI) par apprentissage, venant s’ajouter à un cursus d’opérateur dans cette spécialité qui a été monté depuis l’an dernier pour les demandeurs d’emploi avec le financement de la région Bourgogne-Franche-Comté. La structure a sa base à Tours (Indre-et-Loire), à partir de laquelle elle a essaimé sur cinq villes avant Dijon : Dreux (Eure-et-Loir), Lyon, Lille ainsi que Val-de-Rueil et Evry en Ile-de-France. M. Noyer


dijon bourgogne events

• Spécialiste de l’analyse des surfaces, Digital Surf recrute à Besançon

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Installée à Besançon (Doubs), Digital Surf, éditrice de logiciels de visualisation pour microscopes, recherche une dizaine de collaborateurs. © DR


On peut se présenter comme leader mondial dans son domaine - les logiciels d’analyse des surfaces microscopiques - et éprouver le besoin de se faire connaître pour dénicher de nouveaux talents. À Besançon (Doubs), Digital Surf cherche à développer sa « marque employeur » en lançant une campagne de recrutement sur la plateforme spécialisée Welcome to the Jungle. Une dizaine de postes sont à pourvoir : commerciaux, ingénieur en informatique, chef de produit, chargé de recherche, responsable de formation… « À l’exception d’un remplacement, il s’agit de créations d’emploi », précise Claire Jamet, directrice marketing de l’entreprise qui vient de franchir la barre des 50 salariés.

Digital Surf développe et commercialise Mountains®, un logiciel utilisé par une cinquantaine de fabricants de microscopes et de profilomètres, les instruments de mesure du relief des surfaces. Depuis 2021, les dernières versions de ce produit intègrent l’analyse spectrale, permettant la caractérisation des composants chimiques. La société revendique 25.000 licences installées dans « presque toutes les grandes entreprises du monde. » Cofondée en 1989 par son dirigeant actuel Christophe Mignot, elle connaît une croissance régulière de son activité. Au cours du dernier exercice, clos en juin 2023, la PME a enregistré un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros, réalisé à 90 % à l’étranger. E. Prompt

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