Plus de 60 % de la consommation énergétique globale de la région provient des énergies fossiles, avec un point noir pour les transports qui concentrent à eux seuls un peu plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre. Acteur clé de la décarbonation, EDF s’empare du sujet des véhicules et des déplacements pour contribuer à sa concrétisation en Bourgogne-Franche-Comté.
« Travailler sur la décarbonation était notre première priorité stratégique annoncée il y a un an », rappelle Carmen Munoz-Dormoy, directrice à l'action régionale du groupe EDF en Bourgogne-Franche-Comté nommée en octobre 2024. Depuis, l’énergéticien a mobilisé ses équipes R&D pour l’analyser en détail en lien avec des chercheurs du territoire et le campus Sciences-Po Dijon, ainsi que via une convention-cadre avec le conseil régional. Les premiers résultats, restitués le 27 juin à la CCI de Dijon en lien avec les travaux de la COP régionale, ont été analysés ce 1er octobre.
Les grands chiffres qui en ressortent sont sans équivoque quant au poids du fossile. Cette source d'énergie fournit 61,7 % des 76,6 TWh (térawattsheures) consommés par la Bourgogne-Franche-Comté (chiffres de 2019 et globalement stables depuis selon EDF), répartis entre le pétrole à 43,5 % et le gaz à 18,2 %. Soit autant de ressources importées. L’électricité produite ne pèse quant à elle que 23,6 %, le solde étant réparti entre la biomasse (10%), la géothermie et les biocarburants.
Parmi les différents secteurs, le transport concentre une part disproportionnée. Bien qu’il ne représente qu’un tiers de la consommation énergétique globale, il cumule à lui seul plus de la moitié (56 %) des émissions totales de gaz à effet de serre (GES), la responsabilité étant partagée presque à part égale entre les véhicules de particuliers et ceux du transport de marchandises. Ce diagnostic a permis à EDF d’entamer une deuxième phase d’étude, plus opérationnelle avec des ateliers sectoriels, en commençant sans surprise par le transport.
Dans un lieu hautement symbolique pour le sujet, le circuit automobile de Dijon-Prenois, l’entreprise publique a invité, le 20 septembre dernier, la Fédération régionale des transports routiers (FRTR) et Bourgogne-Franche-Comté Mobilité Electrique (BFCME). Des démonstrations ont eu lieu pour les entreprises. Les Transports Alainé basés à Mâcon (Saône-et-Loire) et engagés dans la décarbonation de leur flotte, ont acheminé un véhicule de 40 tonnes électriques. La société Logivia a présenté, quant à elle, un camion hybride mêlant électricité et huile fabriquées à partir des déchets de tourteaux de colza.
Pour Carmen Munoz-Dormoy, les acteurs professionnels sont prêts, poussés par les exigences de leurs clients et donneurs d’ordre : « J’étais agréablement surprise par le retour de Sylvain Baudry, (président de la FRTR et directeur général de Logivia, Ndlr) qui a précisé que même si cela n’était pas évident, le secteur irait vers la décarbonation car c’est inéluctable », relève-t-elle.
Ces observations ont conforté le positionnement de la stratégie sur laquelle la directrice régionale d’EDF martèle : « la seule solution pour respecter les trajectoires de décarbonation dont nous disposons aujourd'hui dans la stratégie nationale bas carbone, c'est le remplacement des véhicules : il faut sortir des énergies fossiles. » Bien que le sujet ne soit pas évoqué, cette orientation encourage de fait le développement d’énergies produites en France, dont le nucléaire.
Inciter à l’utilisation de véhicules électriques

Autre point souligné lors de la rencontre du 1er octobre, la transition ne doit pas être réservée à une élite. Les études vont particulièrement s’intéresser à l’acceptabilité et à l’équité : démocratiser l’accès au véhicule électrique via des modèles d’entrée de gamme, développer un marché de l’occasion et des offres de leasing accessibles forment des conditions indispensables à la concrétisation d’un basculement massif. Sur cet aspect, les tendances s’installent, d’après BFCME qui enregistre de fortes demandes de leasing social (supérieure à l'offre).
EDF souligne continuer à accompagner entreprises et particuliers vers cette décarbonation des transports. L'entreprise aide notamment les entreprises qui souhaitent s’équiper en bornes de recharge, en réalisant des études et en prenant en charge le coût des bornes dont le montant est réinjecté dans l’abonnement, ce qui permet aux entreprises d’amortir progressivement cet investissement.
L’équipe de R&D a aussi développé un laboratoire de test en Seine-et-Marne dans le but de recharger des camions jusqu’à 600 kilowatts. « Nous voulons aller plus loin », ajoute la directrice régionale « nous pourrons bientôt tester des bornes de 1 mégawatts ».
D’autres ateliers sectoriels vont se succéder jusqu’à la fin de l’année : industrie, bâtiments, agriculture et numérique. En janvier 2026, une grande restitution régionale viendra présenter l’ensemble de ces résultats.
Le 1er octobre, EDF Bourgogne-Franche-Comté a égalemernt signé un partenariat avec la délégation régionale d'Électriciens sans frontières. L'association œuvre pour l’accès à l’électricité dans des pays du monde qui en sont privés, avec des actions concrètes dans des écoles, dispensaires… Elle intervient aussi auprès des organisations humanitaires comme le souligne Pascal Pronot, bénévole à l’antenne régionale. « Nous possédons un vrai savoir-faire en urgence, nous sommes en capacité d'amener de l'électricité avec des centrales solaires ou des petits groupes électrogènes à des structures comme la Croix-Rouge ou Médecins du monde afin qu’elles puissent travailler sans délai sur la protection des personnes. »
La convention porte sur des moyens humains. EDF s’engage à communiquer auprès de son personnel sur les actions de l’association,afin d'inciter les salariés qui le souhaitent à s’engager bénévolement dans l’association et à planifier leurs engagements au regard de leur activité salariée.






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