A l’issue d’un exercice 2024 stable en terme de chiffre d’affaires qui a confirmé sa capacité à intervenir sur l’ensemble des territoires de la Bourgogne-Franche-Comté, la société régionale de financement entame une nouvelle phase devant traduire les impulsions d’Hubert Cusenier, son seulement deuxième directeur général en 41 ans d’existence. Outre la poursuite de la diversification dans la location classique de bâtiments, elle compte réaffirmer par l’exemple sa vocation première : financer l’investissement immobilier des PME régionales grâce au crédit-bail. Celui-ci représente un concentré de vertus particulièrement dans les temps économiques actuels, selon Batifranc.
Batifranc a maintenu ses positions en 2024. La société de financement de l’immobilier d’entreprise en Bourgogne-Franche-Comté a conclu l’exercice écoulé sur un chiffre d’affaires de 12,3 millions d’euros, stable par rapport à 2023. Au sein de ce total, la répartition entre les deux sources de revenus a peu bougé, elle aussi : les deux-tiers du montant proviennent des revenus de l’activité de crédit-bail et l’autre tiers des loyers des occupants de locaux dont Batifranc est propriétaire.
La société a ainsi maintenu son activité à son rythme des dernières années, situé à 12 bâtiments financés en crédit-bail immobilier. « Elle s’est répartie entre six des huit départements de la région, ce qui vient confirmer notre vocation et notre capacité à créer de l’offre, de qualité, sur l’ensemble du territoire, y compris en seconde couronne d’agglomération et en zones rurales », souligne Hubert Cusenier, directeur général.
Le patrimoine de Batifranc à fin 2024 se compose ainsi de 95 bâtiments en crédi-bail immobilier d’un total de 210.000 m2 et de 45 autres en location simple (70.000 m2). La figure de proue de cette seconde catégorie en reste l’immeuble Pepper développé à Dijon dans le parc Valmy, qui a été inauguré en juin 2024. Ses 5.000 m2 – mitoyens de son « jumeau » Spicy occupé par le groupement de solutions informatiques CPage – sont occupés « pour moitié environ », par Equans, R.A.S Intérim et le récemment arrivé Walter, un acteur du coworking.
La location simple a été développée, comme voie de diversification, dans les dernières années de fonction de Pierre Chavelet qui avait assuré la direction générale de la création de Batifranc en 1983 à courant 2023. Son successeur depuis maintenant un peu plus d’un an Hubert Cusenier en confirme la pertinence pour la société régionale. Cependant, la marque qu’il imprime, pour une traduction à partir de 2025, « va dans le sens d’une réaffirmation de la vocation première : le crédit-bail » . Celui-ci confère à Batifranc son originalité ou du moins sa marque d’identité dans le paysage du financement de l’immobilier d’entreprise (bureaux, locaux d’activités, logistique…) en Bourgogne-Franche-Comté.
Une différence de prix « qui se justifie »

A cette formule de type location avec option d’achat, Hubert Cusenier attribue des avantages plus particulièrement saillants dans le contexte économique qui s’est installé pour un certain temps. « L’entreprise n’obère pas ses capacités d’endettement, elle peut les consacrer à ses investissements d’équipement par exemple. Acheter son terrain et son bâtiment avait son sens lorsque les prix en étaient bas. Ce n’est plus le cas. De plus, la gestion du bâti requiert désormais une technicité accrue, par le fait de devoir se conformer à une multitude de règlementations légitimement de plus en plus contraignantes sur les consommations d’énergie et l’environnement (décret BACS, décret tertiaire, loi Climat & Résilience sur la sobriété foncière…). Comme dans le secteur de l’automobile, nous passons dans l’immobilier de l’économie de propriété à celle de l’usage. Or l’offre de crédit-bail inclut l’accompagnement du client, et sur un temps long, de l’ordre de 15 ans », argumente-t-il.
Ces prestations ont leur corollaire, reconnaît le dirigeant de Batifranc : « Oui, le crédit-bail est, et a toujours été, plus cher que le prêt bancaire classique. » Mais, ajoute-t-il dans la foulée, « la différence se justifie » par de telles prestations, comprenant aussi la gestion de formalités administratives ou encore le pilotage de l’assurance dommages-ouvrages. « Nos conseils coûteront toujours moins chers que les erreurs pouvant être commises en amont et pendant la construction », appuie Hubert Cusenier.
Le volontarisme réaffirmé de Batifranc dans le crédit-bail immobilier entend se destiner aux filières économiques d’avenir - et du présent ! - de Bourgogne-Franche-Comté, « notamment par notre partenariat étroit avec l’AER-BFC », l’agence régionale de développement économique. La santé, les microtechniques, l’agroalimentaire et le secteur viticole, l’automobile, la mécanique… font partie d’une liste appelée à se compléter de thématiques montant en puissance, comme « le nucléaire et la défense », avance Hubert Cusenier.
De Batifranc dont elles détiennent près de la moitié du capital (voir ci-dessous), les collectivités attendent aussi l’investissement sur les dossiers plus difficiles, lorsqu’il s’agit de réhabiliter telle friche qui se dégrade et/ou est imprégnée de pollutions dans une zone décentrée que le marché privé classique délaisse. Son directeur général le rappelle, Batifranc continuera à être actif sur de tels sujets pratiques, en appui le plus souvent aux entreprises publiques locales situées à proximité. Elle participe ainsi au capital de Tandem dans le Territoire de Belfort, de PMIE (Pays de Montbéliard Immobilier d'Entreprises) et des Sempat (sociétés d'économie muixte patrimoniales) de la Nièvre et Sud-Bourgogne en Saône-et-Loire.
La stabilité caractérise également pour l’essentiel la composition du capital de Batifranc d'un montant d'un peu plus de 35 millions d'euros. . La société reste détenue en premier lieu par les collectivités locales (42,82 %) et les établissements de crédits (54,66 %). L’année passée a marqué une légère modification : le Crédit agricole Franche-Comté a racheté la participation de 0,55 % de Dexia, soldant à l'échelle de la Bourgogne-Franche-Comté la disparition de fait de l’ancien fleuron bancaire du financement des collectivités, devenue une coquille vide.La participation des caisses du Crédit agricole de la région est ainsi portée à 8,95 %.











































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