La PME née sur la pointe des pieds dans le marché bien occupé de la gestion technique des bâtiments s’y est faite une telle place qu’elle acquiert une envergure nationale. La création de six agences entre 2024 et 2026 lui assurera la couverture géographique d’une bonne partie du pays. Elle pourra ainsi cultiver l’assistance de proximité dont elle estime tirer sa force, à partir de sa réponse technologique de base sous forme de logiciels. Elle prévoit ainsi de doubler ses effectifs, les faisant passer de 26 à 50 salariés.
Cet Icare-là réalise son rêve de prendre son envol. La société de Chalon-sur-Sâone (Saône-et-Loire) qui porte le nom mythique implantera trois agences cette année dans les régions Ile-de-France, Grand Est et Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Après ses deux premières ouvertures décentralisées l’an dernier à Pontivy (Morbihan) et Arras (Pas-de-Calais) puis avec celle planifiée en 2026 dans le Sud-Ouest à Bordeaux ou Toulouse, Icare Energie ne sera pas loin d’atteindre la couverture nationale consacrant son arrivée réussie sur son marché-cible : la gestion technique des bâtiments.
Les ressources humaines vont également être déployées à la hauteur de cette expansion. « Nous prévoyons de doubler les effectifs pour atteindre les 50 collaborateurs courant 2026 », énonce Grégory Boutillier, directeur général de la PME aujourd’hui constituée de 26 salariés. Le chiffre d’affaires, quant à lui, s’est établi à 13 millions d’euros en 2024, confirmant la croissance continue à deux chiffres de la société. « En 2019 lorsque je l'ai rejoint, nous en étions à 500.000 euros », rappelle le dirigeant.
Pourtant, Icare Energie s’est positionnée sur un marché occupé. La gestion technique des bâtiments, traduite par le suivi digital des consommations d’énergie et autres ressources, est devenue un standard dont l’abréviation GTB s’est installée au point d’être employée et comprise spontanément par les propriétaires et exploitants d’immeubles.
La PME chalonnaise s’y est lancée à son tour en 2011. Elle a alors troqué son nom originel Icare Automation de 2003 qui désignait ses interventions dans l’ingénierie de contrôle et l’automatisation-robotique. Elle a conçu deux logiciels propriétaires en mode SaaS : l’un de pilotage des bâtiments (BMS pour Building Managament System) et un autre d’EMS (Energy Management System) pour l’analyse en détail des consommations énergétiques.
Certes, le marché est porteur, entre les volontaristes de la performance énergétique…et ceux qui doivent de toute façon s’y mettre aussi sous l’emprise des règlementations : loi Elan (*), décret tertiaire (**), décret BACS (***). Pour ses deux offres logicielles, Icare Energie revendique les qualités de pertinence et de fiabilité dans la réponse aux obligations. Mais elles n’auraient pas été suffisantes pour se démarquer à ce point dans le marché. « Notre force, nous la tirons de ce qui se passe « derrière » : un pilotage précis du suivi des consommations, client par client » souligne Grégory Boutillier. Ces prestations comprennent des prévisions météo à trois jours suffisamment étayées et complètes pour ajuster le chauffage ou la climatisation, et de façon générale le suivi des GTB par les équipes d’Icare Energie pour le compte des clients.
« A l’inverse des habitudes, c’est nous qui les contactons en anticipation, pour programmer la bonne « dose » d’énergie à appeler. Au final, l’économie de consommation atteint 25 à 35 % le plus souvent, et nous sommes parvenus à la faire grimper à 75 % dans certains cas », souligne le dirigeant.
Le commerce domine, la logistique suit, les autres marchés arrivent

Au niveau des typologies de clientèle, la PME chalonnaise a d’abord percé dans le secteur du commerce/retail qui a fait décoller son aventure entamée en 2003 par Michel Barthélémy. Huit ans plus tard, un architecte lui avait commandé une étude sur le pilotage de l’énergie de magasins Kiabi, occasionnant la rencontre avec le référent du sujet dans l’enseigne… un certain Grégory Boutillier. Séduit par l’offre, celui-ci est passé de l’autre côté de la barrière pour rejoindre le fondateur, et former à partir de 2019 un duo de dirigeants qui allait devenir trio en 2021 avec l’intégration d’Augustin Lembeye.
Le retail représente 80 % de l’activité (Kiabi, But, Electro Dépôt, Norauto….) par le pilotage à distance, du petit magasin à l’hypermarché de 30.000 m2. Un autre pilier est venu de la logistique dont une grosse plateforme de 200.000 m2 en Alsace. Mais Icare Energie s’ouvre aussi à « tous secteurs : immobilier, tertiaire bureaux, et industrie », souligne Grégory Boutillier.
Et son adaptation aux réalités changeantes du management de l’énergie se poursuit. Le prestataire a effectué ses premiers pas réussis dans la gestion de délestages en partenariat avec Enedis et un réseau de partenaires. Il fait également sienne la montée en puissance de l’IA. La nouvelle frontière technologique va lui permettre de produire les jumeaux numériques des systèmes physiques des clients, augmentant encore sa fiabilité.
(*) loi «Evolution du Logement, de l’Aménagement et du Numérique » du 27 novembre 2018 qui rend opposable le diagnostic de performance énergétique
(**) fixant aux immeubles tertiaires une trajectoire par paliers de réduction des consommations énergétiques par rapport à l'année de référence 2010 au plus tard : - 40 % en 2030, - 50 % en 2040 et - 60 % en 2050
(***) BACS pour Building Automation & Control Systems : texte de juillet 2020 rendant obligatoire un système d’automatisation et de contrôle des bâtiments tertiaires














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