La société de crédit-bail procède à une augmentation de capital pour financer les beaux contrats signés en 2020, parmi lesquels les plus gros projets industriels de Bourgogne-Franche-Comté.


Batifranc a fait une année 2020, « exceptionnelle », avec un volume d’activité de 37 millions d’€, à comparer aux 20 millions d’€ d’une année « normale » telle que fut 2019. « On s’attendait à ce que la pandémie mette un coup de frein aux projets immobiliers des entreprises, d’ailleurs nous avions révisé notre budget au début du premier confinement, or elles sont restées confiantes et ont fait preuve d’une belle capacité d’adaptation », commente Pierre Chavelet, le directeur de la société de crédit-bail immobilier de Bourgogne-Franche-Comté.

Pour rappel, le crédit-bail immobilier est un mode de financement que l’on peut comparer à la location avec option d’achat, mais rapporté à un bien immobilier. La société financière fait construire les locaux de son futur occupant (une entreprise), lui loue pendant une durée déterminée (en général une quinzaine d’années) et, au final, ce dernier l’acquiert à l’issue du contrat ou renouvelle le bail de location. Les avantages : l’entreprise ne s’endette pas pour investir dans ses locaux et bénéficie d’une fiscalité avantageuse.


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Le volume d’affaires conclues en 2020 avec un résultat après impôt positif, bien qu’en retrait par rapport à 2019, met sur les rails l’ambitieux plan de développement que Batifranc s’était écrit à la veille de la pandémie.
Pour l’exécuter, le crédit-bailleur procède à une augmentation de capital de 16 millions d’€, décidée fin 2020 et qui devrait être close ce mois de mai. Elle est accompagnée à 58% par les banques déjà partenaires de Batifranc pour 9,3 millions d’€. Le groupe Caisse des Dépôts investit à lui seul la moitié de cette somme. Il est suivie par la Caisse d’Epargne et la Banque Populaire de Bourgogne-Franche-Comté, le Crédit agricole de Franche-Comté et de Champagne-Bourgogne ainsi que le Crédit Mutuel.

Côté collectivités locales dont l’apport en capital est prévu à hauteur de 6,7 millions, c’est le conseil régional qui fera la plus forte contribution. Les EPCI (établissements publics de coopération intercommunale), Dijon Métropole, Grand Besançon Métropole, Arbois-Poligny-Salins et la communauté d’agglomération de Vesoul, qui ont remplacé les conseils départementaux depuis la loi NOTRe, devraient être rejoints par d’autres, notamment Chalon-sur-Saône, Le Creusot, Dole, Saint-Claude…



Des opérations immobilières d’envergure ...

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Batifranc est associé à la Banque des territoires et à Aktya dans l'investissement immobilier de la nouvelle usine de Grup Antolin à Besançon. © Sedia


En plus de ses activités classiques de crédit-bail, et des plus récentes de location de biens immobilier, la société avait décidé de s’engager dans des sociétés de portage de gros projets industriels, aux côtés d’autres partenaires privés – sociétés d’économie mixte patrimoniales, banques, voire industriels - ou partenaires publics : les collectivités locales. « Ces coopérations intelligentes prennent la forme juridique d’une SAS, plus souple et efficace qu’une SCI et répondent à une demande des entreprises qui privilégient l’investissement dans leur outil de production plutôt que dans l’immobilier », commente Pierre Chavelet.

Batifranc a mobilisé 6 millions d’€ en 2020 dans plusieurs opérations d’envergure en cours de réalisation ou sur le point de démarrer. La plus importante concerne l’usine de l’équipementier Faurecia, à Allenjoie, sur la zone de Technoland (Doubs), qui rassemblera la fabrication des systèmes d’échappements de Beaulieu-Mandeure, la future unité de réservoirs à hydrogène et dans un second temps, les sièges de Siedoubs à Montbéliard.
Une SAS, baptisée Foncière Hydrogène du Pays de Montbéliard, finance et construit une usine de 27.000 m2 que l’industriel compte occuper progressivement à partir de cet automne. Bâtifranc est associé à la Sem patrimoniale locale SEM.PMIE et à la Banque des territoires (à hauteur de 29,17% chacun) ainsi qu’à l’industriel (12,5% du capital) pour porter l’investissement immobilier de 40 millions d’€.

 

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Une société de même type (ABCA) vient de se constituer pour l’autre gros projet industriel de Franche-Comté, le déménagement de l’équipementier automobile Grupo Antolin de ses quartiers de Palente à Besançon sur la zone Temis. Batifranc se partage le capital (30%) avec la Banque des territoires et Aktya (35% chacun), la filiale immobilier d’entreprise de la Sem Sedia, pilote de cette opération de 24 millions d’€ HT. La nouvelle usine de 22.000 m2 devrait être achevée courant 2022.

Les premières livraisons de ces sociétés de projets se situe à Dijon. Fin juin, les clés de la tour Sigma – un immeuble rénové de 9 étages dans le quartier de la gare – seront remises à son occupant, la Banque Populaire Bourgogne-Franche-Comté qui y installera ses services d’infogérance. Le crédit-bailleur qui gère la SAS Sigma SA, dont il est actionnaire à hauteur de 16%, est accompagné dans ce projet de 15 millions d’€, par la Banque populaire (30% du capital), la Banque des territoires (22%), le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne et la Caisse d’Epargne (16% chacun).

En septembre, ce sera le tour du Village by CA, l’enseigne de start-up du Crédit agricole Champagne-Bourgogne qui déménage dans 670 m2 à la cité de la gastronomie et du vin. Le montage est là plus classique. Ici, atifranc est associé dans une SCI au maître d’ouvrage, le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne qui en détient 51%.

 

... aux ateliers-bureaux dimensionnés pour les PME

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L'Actiparc de Grand Charmont, dans le pays de Montbéliard, le dernier livré d'une série d'une dizaine de locaux jumelant le plus souvent ateliers et bureaux. © CRRI 2000


L’autre forme de participations accompagne des projets publics. Batifranc partage avec la Banque des territoires l’actionnariat de la toute récente société immobilière pour l’hôtellerie en Bourgogne-Franche-Comté (SIH BFC), créée à l’initiative du conseil régional.
Capitalisée à hauteur de 5 millions d’€, pour moitié par Battifranc, pour l'autre par le groupe Caisse des Dépôts, elle financera des projets immobiliers dans l’hôtellerie. « Deux premiers projets sont à l’étude », précise Pierre Chavelet.

L’augmentation de capital accompagnera aussi les futurs engagements de crédit-bail et de location dont la demande est soutenue. « Ces solutions répondent à des opérations soit trop importantes soit trop petites, notamment en zone rurale, qui représentent un risque fort pour le secteur bancaire classique avec lequel d’ailleurs nous pouvons au cas par cas partager les risques », commente le directeur de Batifranc.
Le crédit bailleur semble avoir trouvé la bonne formule avec les « Actiparc », des locaux industriels en location qui jumellent le plus souvent ateliers et bureaux. « Ils sont dimensionnés au cas par cas avec les collectivités locales qui ont détecté les demandes des PME. »


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Si tous les projets engagés ou signés en 2020 se concrétisent, Batifranc prévoit « une belle année 2021.» En interne, celle-ci connaîtra le déménagement des bureaux et des quinze salariés du centre-ville de Besançon dans l'immeuble sur la zone Temis que la Dreal va quitter pour le quartier de la gare Viotte.

Au-delà de 2021, Pierre Chavelet s’abstient de toute prévision. « L’économie est sous perfusion, comment va t-elle sortir de cette période ? » Pour l’heure, il serait hasardeux de faire des pronostics.

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