Vitagora, le pôle de compétitivité agroalimentaire de Bourgogne-Franche-Comté et Ile de France, présente son plan stratégique pour accompagner la filière dans ses mutations. Doté d'un budget croissant de 3 millions d'€ en 2023, il développe de nouvelles activités destinées aux entreprises du secteur.
Un futur prometteur est promis au secteur agroalimentaire en Bourgogne-Franche-Comté par Vitagora, le pôle de compétitivité régional. Cette « filière d'avenir », selon lui, qui réunit dans la région 910 entreprises pour un effectif cumulé de quelque 18.500 salariés est pourtant exposée à des facteurs multiples de complexité : flamblée des prix des matières premières, difficultés de recrutement et de fidélisation des salariés, évolution des attentes des consommateurs, gestion de l’eau, adaptation aux nouvelles technologies (robotisation, cybersécurité)…
C’est sur l’analyse de ces risques que Vitagora bâtit un plan stratégique, en vue de les dépasser. Présenté ce mardi avec l'AER (Agence économique régionale), il sera exposé également ce jeudi matin lors de l'assemblée générale du pôle qui lancera sa journée « Vita'Connect » de convention pour les professionnels du secteur à Dijon (Côte-d'Or), la ville de son siège. Le plan décline cinq grands axes : entreprise responsable, promotion de la filière et des métiers, innovation, internationalisation et attractivité territoriale. Fort de ses 660 membres actifs (dont 364 entreprises), l’association entend aller plus loin pour accompagner ses adhérents.
« Nous sommes convaincus que la transition écologique et la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) constituent des leviers de développement pour les entreprises », estime Dorothée Cornilleau, responsable des services à la filière agroalimentaire à Vitagora.
La biscuiterie Bouvard Alina de Dole (Jura), adhérente au pôle, mène ainsi un projet de remplacement de ses emballages dans le but de supprimer les barquettes de ses petits beurres, soit l’équivalent de 60 tonnes de plastique par an. De telles initiatives deviennent une nécessité pour les entreprises qui se doivent de « travailler leur image vis-à-vis de leurs salariés et de leurs consommateurs », selon Dorothée Cornilleau.
Cet axe vient croiser ceux de l’emploi et de l’attractivité territoriale dans des zones à faible densité de population. A cette fin, Vitagora a notamment signé une convention avec Pôle Emploi devant faciliter le contact entre les entreprises et les agences locales de recrutement.
Thierry Martin, directeur général de la fromagerie Milleret à Charcennes, s’appuie également sur le réseau interrégional pour oeuvrer à l’attractivité de son entreprise en pleine expansion en ce moment en Haute-Saône. Ses réflexions portent sur la mise en place de ticket-restaurants et de primes panier repas comme arguments pour faire venir à lui de nouveaux salariés, dont des talents techniques. L'enjeu de compétitivité est important pour cette entreprise de 81 millions d'€ de chiffre d'affaires et 207 salariés, qui évolue dans un secteur où ses deux principaux concurrents se partagent 64% du marché.
Des ferments pour l'alimentation durable

Vitagora veut aussi changer l’image du métier. Il mène, à cet effet, des actions de sensibilisation dans les écoles pour donner envie aux jeunes de s’y investir. « Nous voulons constituer un écosystème qui puisse rayonner dans le monde entier et devenir la Silicon Valley de l’agroalimentaire ». L’ambition, élevée, est affichée par Christophe Breuillet, directeur du pôle de compétitivité récemment reconfirmé dans sa labellisation jusqu'en 2026.
Dans cette logique, le porte-drapeau de la filière pilote des clubs et groupes de travail sur l’alimentation durable. Les ferments occupent une place centrale dans cette vision du « futur de l’alimentation ». Depuis 12 ans, Vitagora accompagne des entreprises afin de créer des protéines alternatives complémentaires aux protéines animales. Il a aussi rejoint le consortium du Grand Défi Ferments du Futur, programme d'accélération de la recherche sur les ferments organisé autour de l'Inrae (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) et l'Ania (Association nationale des industries alimentaires) et doté de plus 40 millions d’€ de fonds publics sur 10 ans.
En parallèle, le pôle a lancé, ce 4 avril, un programme d’accélération dédié aux technologies et procédés de fermentation « ToasterLAB ». L'initiative est rejointe notamment par quatre start-ups étrangères : la Belge Avecom (optimisation des procédés microbiens), la Suisse Cultivated Bioscience en quête d'un ingrédient « Clean label », Sophie’s Bionutrients qui développe aux Pays-Bas une protéine végétale à partir de micro-algues, et venu d'Israël, le Mediterranean Food Lab qui planche sur des arômes naturels à partir de fermentation de protéines végétales.
Ce programme entend faire franchir un pas supplémentaire vers l’internationalisation aux entreprises agroalimentaires de la région. Pour les stimuler en ce sens, ces starts-ups du ToasterLAB seront présentées lors du « Vita’Connect » ce jeudi.
2005 : création de Vitagora
2017 : lancement du programme d’accélération international, ToasterLAB, au profit de start-ups et PME en croissance de l’agroalimentaire.
2018 : réattribution du label européen «Gold» décerné par l'European Cluster Excellence Initiative (ECEI).
2019 : Vitagora représente la filière agroalimentaire auprès de l’ANIA et des pouvoirs publics.
2022 : Vitagora et la Foodtech ® Dijon-Bourgogne-Franhce-Comté fusionnent pour promouvoir les initiatives entrepreneuriales innovantes et l’écosystème food tech du territoire.
2023 : renouvellement par l'Etat du label pôle de compétitivité, pour une durée de trois ans.



























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