A l'occasion de la rentrée, nous vous proposons un retour sur quelques informations économiques qui ont jalonné cet été. Aujourd'hui : Roger Martin rachète une PME de travaux publics dans le Charollais. Viridian confirme son usine de raffinage de lithium dans le nord de l’Alsace. Les solvants verts de Circa se préparent à Carling-Saint-Avold en Lorraine. Le bateau William Grove des Canalous ne navigue plus à l’hydrogène vert. Les pâtés en croûte de Bolard dans le Jura avalés par Valentin Traiteur. L’ancienne base aérienne 102 de Dijon-Longvic revient au syndicat mixte local.


Bourgogne

Roger Martin rachète une PME de travaux publics dans le Charollais

Roger Martin acquiert SCTP (Société charollaise de travaux publics) basée à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire). Cette PME de 57 salariés réalisant un chiffre d’affaires annuel de 9 millions d’euros est spécialisée dans les travaux de réseaux d’eau-assainissement et de réseaux secs (électricité, gaz, télécommunications…) ce qui a justifié l’intérêt que lui a porté le groupe familial dijonnais. Pour celui-ci, l’« opération marque une étape significative dans l’expansion dans ces métiers », qui ne figurent pas dans son activité historique - mais sont toutefois d’ores et déjà exercés, notamment par la filiale SNCTP – et sont liés à « des enjeux environnementaux de plus en plus cruciaux. » La PME de Paray-le-Monial répartit ses effectifs entre son siège et trois sites dans le Loiret, le Rhône et le Cher. M. Noyer

Alsace

 Viridian confirme son usine de raffinage de lithium dans le nord de l’Alsace

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Signature de la promesse de bail entre le port de Strasbourg, représenté par sa directrice générale Claire Merlin, et Rémy Welschinger, le président de Viridian Lithium. © Ports de Strasbourg


La première usine en France de purification de lithium pour les batteries de voitures électriques
progresse vers sa concrétisation. Le porteur du projet, la jeune entreprise Viridian, a signé en juillet avec les Ports de Strasbourg la promesse de bail pour le terrain (14 hectares et une réservation supplémentaire de 6 hectares) qu’elle lui dédie dans la zone portuaire de Lauterbourg (Bas-Rhin). Elle vise la production, à partir de 2027, de 28.500 tonnes annuelles d’hydroxyde monohydrate de lithium, le dérivé du lithium présentant les qualités requises pour fournir les batteries. Ce volume « permettra de répondre entièrement à la demande pour produire 2 millions de véhicules par an », expose l’entreprise. Il doit résulter de la transformation de sel de carbonate de lithium venant des autres continents dont l’Amérique du Sud - d’où le choix d’une implantation près du Rhin qui rejoint les voies maritimes internationales - l’entreprise estimant les ressources locales insuffisantes. Fondée en novembre 2021, la start’up dont le  modèle repose sur des levées de fonds doit réunir quelque 250 millions d’euros d’investissements pour ce projet qui annonce la création, à terme, de « jusqu’à 250 emplois directs ». M. Noyer  

 

Lorraine

Les solvants verts de Circa se préparent à Carling-Saint-Avold


Le groupe australien Circa a organisé, fin juillet, une cérémonie pour marquer la réception des premières matières qui serviront à son projet « ReSolute » de fabrication de « solvants verts », pour lequel il a choisi comme lieu d’implantation la plateforme chimique de Carling-Saint-Avold (Moselle) au titre de sa reconversion vers la transition écologique. Circa vise pour fin 2025 le lancement de son activité : des produits à partir de sciures de bois trouvant des applications notamment dans la pharmacie et la cosmétique. La papeterie Norske Skog de Golbey (Vosges) devrait fournir la moitié des 50.000 tonnes de sciures visées pour une pleine capacité du site. D'un effectif prévu de 50 personnes, celui-ci prendra place sur un terrain de GazelEnergie, l’énergéticien chargé de la transformation de la centrale au charbon Emile-Huchet de la plateforme mosellane. L’investissement pour ReSolute se monte à 73 millions d’euros, dont 20 millions de fonds publics (Etat, Union européenne, collectivités locales). M.Noyer  

 

Bourgogne

Le bateau William Grove des Canalous ne navigue plus à l’hydrogène vert

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Le bateau pionnier avait été inauguré fin avril dernier. © Sabrina Dolidze

 

Le loueur de bateau Les Canalous est contraint de revoir sa copie sur l’hydrogène pour son premier bateau intégrant cette énergie de propulsion, (le « William Grove »), qu'il avait inauguré le 28 avril 2024 à son siège de Digoin (Saône-et-Loire). Les coûts d’utilisation trop élevés rendent le projet économiquement non viable d’après Alfred Carignant, le dirigeant de l'entreprise familiale. L’énergie verte était produite en Vendée et transportée par camion. Trop avant-gardistes les Carignant ? Sans doute. Au moment de l’inauguration, ils espéraient voir se développer le réseau de transport d’hydrogène vert en France, ce qui n’a pas été encore le cas. « Aujourd’hui, cela n’a pas de sens d’un point de vue écologique de faire venir d’aussi loin de l’énergie. Quant à l'utilisation d'un autre type d’hydrogène, il ne représenterait pas une plus value pour le William Grove qui peut fonctionner également à l’électrique. », explique Alfred Carignant. Cette solution électrique reste pour l'heure seule en service, étant alimentée par un pack de batterie et un groupe électrogène. Les anciennes flottes avec des moteurs Diesel continuent à être utilisées non pas avec du gasoil mais avec une huile végétale hydrotraitée (HVO 100), produite entièrement à partir de matière biosourcée. Cette dernière permet de réduire jusqu’à 92 % les émissions de CO2 par rapport à un carburant standard. S. Dolidze

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Franche-Comté

• Les pâtés en croûte de Bolard avalés par Valentin Traiteur

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Le spécialiste du pâté en croûte Maison Bolard Installé à Saint-Amour (Jura) emploie 400 salariés. © Maison Bolard


En juillet, Valentin Traiteur, basé à Mably (Loire) a annoncé l’acquisition de Maison Bolard. Établie à Saint-Amour (Jura), cette ETI familiale (400 salariés, chiffre d'affaires de 70 millions d’euros) produit de la charcuterie pâtissière pour la grande distribution et les bouchers-charcutiers. Fondée en 1955, elle s’est spécialisée dans les pâtés en croûte. Depuis 2001, elle dispose aussi d’un site de fabrication de saucissons briochés à Chaponnay (Rhône). La société franc-comtoise rejoint un groupe de 900 salariés et 200 millions d’euros de chiffre d’affaires qui se présente comme « un acteur français de référence de la fabrication de produits traiteurs frais ». En 2022, Valentin Traiteur avait déjà repris Roland Monterrat, un autre fabricant de pâtés en croûte à Feillens (Ain).

Ce rachat, financé partiellement en dette, s’accompagne d’une réorganisation du capital du groupe rhônalpin. Merry Bolard, troisième génération à la tête de l’entreprise, annonce investir dans le nouvel ensemble, aux côtés de Jean-Philippe Papin, ancien président de Leader Intérim, tandis que Siparex, entré en 2019, cède sa participation. Dans un communiqué, le dirigeant jurassien indique que « ce rapprochement industriel, réfléchi de longue date (…) permet de pérenniser le développement à venir et me projette avec mes équipes dans un ensemble très dynamique ». E. Prompt 

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Bourgogne

• L’ancienne base aérienne 102 Dijon-Longvic revient au syndicat mixte local

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L'acte de transfert de propriété de l'Etat au Syndicat Mixte de l'Aéroport de Dijon-Longvic a été signé le 17 juillet. © Déborah Levy


Le mercredi 17 juillet 2024, à Ouges (Côte-d'Or), s’est déroulée la signature de l’acte de transfert de propriété de l’ancienne base aérienne 102 Dijon - Longvic entre l’État et le Syndicat Mixte de l’Aéroport Dijon-Longvic (SMADL). Le processus de l'opération qui porte sur 325 hectares a été enclenché en 2021. La BA 102 a été officiellement dissoute en 2016, un événement accompagné par un contrat de redynamisation de site de défense d’un montant global de 30 millions d’euros. Quelques mois plus tard, l’école de gendarmerie s’est installée, plus importante de France de sa catégorie.  Le syndicat mixte compte faire perdurer la vocation aéronautique et économique de ce site regroupant 200 emplois, au service du rayonnement et de l’attractivité de l’agglomération dijonnaise. Céline Tonnot, présidente du SMADL, vice-présidente de Dijon métropole et maire de Longvic, a rappelé que sur les six premiers mois de l’année 2024, il y a eu « 190 mouvements uniquement pour l’aviation d’affaires. Je souhaite porter des activités plutôt aéronautiques et souhaiterais que notre aviation soit plus propre. Le développement se fera dans le respect d’une charte développement durable. » D. Lévy

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