Mitwill Textiles mobilise ses confectionneurs au Portugal pour fabriquer des masques. Blanc des Vosges, Dim, Labonal, Epau-Nova, en fabriquent aussi. NPS Grand Est désinfecte Colmar à la demande de la ville. Lehning en capacité de produire jusqu’à 12.000 litres de solution hydroalcoolique par semaine. Premiers prêts garantis par l’Etat pour apporter de la trésorerie aux entreprises.

 

• Masques : Mitwill Textiles mobilise ses confectionneurs au Portugal

Officiellement, c’est-à-dire dans la liste publiée lundi par la Direction générale de l’Armement (*), les entreprises textiles alsaciennes engagées dans la fabrication de masques sont au nombre de deux, toutes dans le Haut-Rhin : Freudenberg Performance Materials à Colmar et Mitwill Textiles Europe à Sausheim, près de Mulhouse. Elles sont en réalité plus nombreuses, puisque Freudenberg fait partie de la chaîne d’entreprises constituée par le Pôle Textile Alsace pour produire des masques réutilisables car lavables plusieurs dizaines de fois. Le composant « Evolon » de la société colmarienne joue un rôle de protection barrière à la fois pour le porteur du masque et l’entourage, selon le Pôle Textile qui s'appuie sur la CCI Alsace Métropole, l'Adira et l'école d'inégenieurs Ensisa de l'université de Haute-Alsace (UHA).  L’objectif consiste à monter rapidement à 200.000 masques par semaine.
Quant à Mitwill Textiles Europe, elle intervient de deux manières. Elle procède au marquage des masques du groupe du Pôle textile consistant à y imprimer les informations pratiques (utilisation, entretien, homologations…). Surtout, « nous avons activé depuis la mi-mars notre réseau de confection au Portugal pour lui faire fabriquer 120.000 à 150.000 masques par semaine », expose le dirigeant, Hervé François.
Les cinq PME de ce réseau, de quelques dizaines de personnes chacune, s’associent pour produire la matière, la traiter et assembler les masques, dans un rayon de 20 km dans la région de Guimaraes, dans le nord du Portugal. Ce sont des façonniers qui, d’ordinaire, mettent en œuvre les créations et les échantillonnages conçus par les 12 salariés de la PME de Sausheim et leurs designers partenaires partout en Europe avec l’aide de l’impression numérique, à destination des industriels du textile pour qu’ils testent leurs nouveautés et les lancent en petite série.
Cette filière portugaise produit des masques alternatifs aux FFP2 (ceux homologués pour les personnels hospitaliers). Mitwill Textiles Europe soumet actuellement à l’homologation de la DGA (Direction Générale de l’Armement) d’autres masques de protection, de type chirurgicaux.
« La cadence peut encore monter, pour subvenir aux besoins français ou étrangers en fonction de l’urgence. Mais nous devons nous assurer de la fiabilité des demandes et de la capacité des circuits logistiques à les suivre », souligne Hervé François. Mathieu Noyer

(*) Les autres entreprises de l’Est homologuées par la Direction Générale de l’Armement sont l’Adepei Pro 70 à Vesoul (Haute-Saône), Bergeac à Dogneville (Vosges), Garnier-Thiebaut à Gerardmer (Vosges), Geochanvre à Lézinnes (Yonne), HDPR (Housse de Protection Robotique) à Andelot-Blancheville (Haute-Marne), Lacoste à Troyes (Aube) et Valrupt TGV Industries à Rupt-sur-Moselle (Vosges).

 

Dynamyse

 
• Blanc des Vosges, Dim, Labonal, Epau-Nova, fabriquent aussi des masques

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Blanc des Vosges a mobilisé ses couturières sur la base du volontariat. © Blanc des Vosges

Fabricant de linge de lit, Blanc des Vosges à Gérardmer (Vosges) s’est mis lui aussi à la fabrication de masques depuis le 20 mars. Anti-projections, lavables et réutilisables, ils ne sont pas homologués et suivent le cahier des charges du CHU de Grenoble. Ils sont distribués aux Ehpad, crèches et aux entreprises de l’alimentaire, validés par la préfecture des Vosges. Les équipes ont été mobilisées sur la base du volontariat. Plusieurs anciens ont souhaité revenir dans l'entreprise pour soutenir cette action, indique la direction. Christiane Perruchot

Le fabricant de collants Dim à Autun (Saône-et-Loire) qui a maintenu son service logistique mais pas ses ateliers de fabrication, a mobilisé huit salariés bénévoles pour faire des masques sur la base d’un cahier des charges du CHU de Dijon. 600 avaient été produits le 27 mars. Ils sont destinés à l’hôpital d’Autun, trois établissements pour personnes âgées de la ville et du Creusot et deux associations de services à domicile. Ceux-ci sont en tissu, non homologués pour le contact avec les malades. C.P.

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Protoypes chez Labonal

Labonal, fabricant alsacien de chaussettes a mobilisé une poignée de salariés volontaires (les lignes de production étant arrêtées) pour fabriquer dans un premier temps des masques tricotés, destinés aux personnels dits de « seconde ligne ». Les premiers exemplaires ont été distribués aux vendeurs d’un hypermarché local et à un foyer d'accueil médicalisé.
À terme, précise l’industriel, ses lignes pourraient produire quelque 500 masques à l’heure. L’entreprise de Dambach-la-Ville (Bas-Rhin) travaille maintenant sur un prototype avec l’insertion de filtres FFP2 dans le tricotage, afin de fabriquer des masques destinés au milieu hospitalier qui pourraient être homologués. C.P.

Gilles Curtit, le dirigeant d’Epau-Nova, entreprise de Mathay (Doubs) spécialisée dans la confection d’épaulettes et cigarettes de manches, a baptisé ses masques MQR, pour « mieux que rien ». Au début de la crise du coronavirus, il avait répondu à une initiative du comité stratégique de la filière mode et luxe qui invitait ses ressortissants à participer à l’effort national.
Renommés « masques barrières » et répondant désormais à un cahier des charges précis, les masques d’Epau-Nova, en non-tissé, lavables cinq fois, sont en cours de test à la DGA (Direction Générale de l’Armement) pour y être – ou non – homologués. « Nous n’avons aucune ambition sur ce marché », tient à préciser le dirigeant. « Il s’agit d’une petite production pour nos besoins, et si nous obtenons l’homologation, nous serons ravis d’aider les entreprises locales à redémarrer grâce à ces masques », ajoute Gilles Curtit. Monique Clémens

 

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• NPS Grand Est désinfecte Colmar à la demande de la ville

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Les rues de Colmar sont aspergées d'un virucide et bactéricide. © Ville de Colmar

La ville de Colmar a démarré le 27 mars une opération de désinfection pour traiter les abords de pharmacies, des Ehpad, des hôpitaux, des commerces alimentaires, de certains commerces tels que la poste, la mairie ou encore le mobilier urbain. « C’était une demande des Colmariens qui avaient vu ce type d’opérations dans d’autres villes comme Cannes, Nice, Agde, Amnéville… », indique le service communication de la mairie.
À partir du 1er avril, des agents municipaux complèteront le dispositif pour les zones accessibles par des engins de type balayeuses pour traiter des grandes surfaces comme le parvis de la gare ou de la mairie, la place du 2 février, les passages souterrains, etc. Les bus sont quant à eux traités à chaque passage au dépôt. 
La ville reçoit de très bons échos de ses administrés pour cette action. « Cette opération vise surtout à les rassurer », explique-t-on à la mairie. Car d’un point de vue efficacité dans la lutte contre le Covid-19, il n’existe aucune étude scientifique sur le sujet…
La société NPS Grand Est basée à Hirtzfelden assure la prestation. Elle utilise un produit virucide et bactéricide. « C’est un produit très dilué, donc il n’y a pas de risque pour la santé. Et on travaille tôt le matin, donc il n’y a pas beaucoup de monde dans les rues », assure Daniel Schackeny, le dirigeant de l’entreprise. En temps normal, la société composée de 8 salariés, est spécialisée dans le nettoyage des copropriétés.
Le dirigeant a embauché une personne supplémentaire en CDD pour assurer la désinfection de la ville de Colmar. Cette opération lui a fait gagner en visibilité : il a déjà été contacté par une mairie près de Strasbourg et une usine près de Mulhouse. Depuis le 30 mars, la ville de Strasbourg a également mis en place des opérations de désinfection dans certains quartiers. Julie Giorgi

 bpalc


• Le mosellan Lehning en capacité de produire jusqu’à 12.000 litres de solution hydroalcoolique par semaine

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Les stocks d’alcool utilisés pour la conservation des plantes ont permis de démarrer rapidement la production. © Laboratoires Lehning

Laboratoires Lehning a engagé la production de solution hydro-alcoolique sur son site de Sainte-Barbe (Moselle), antiseptique crucial pour les établissements de santé dans la situation actuelle. Le fabricant de produits homéopathiques et phytothérapiques a sorti ses premiers flacons de 125 millilitres, le 19 mars dernier, sur une ligne habituellement dédiée à ses traitements liquides.
Trois à quatre salariés – des opérateurs, mais aussi des personnels administratifs – s’y relaient quotidiennement en vue de fabriquer entre 6.000 et 12.000 litres de solution hydro-alcoolique par semaine. Les stocks d’éthanol utilisés par Lehning pour la conservation des plantes ont permis de démarrer rapidement la production.  « Un récent réapprovisionnement en alcool industriel a sécurisé nos stocks », précise un porte-parole de l'entreprise.
Les flacons sont donnés à l’Etablissement français du sang, ainsi qu’à des hôpitaux des secteurs de Metz et Nancy. L’entreprise qui compte 320 salariés pour un chiffre d'affaires de 55 millions d’€ n’a pas interrompu sa production, mais maintient ses personnels les plus fragiles à leur domicile. Philippe Bohlinger

 


Batifrancdeux

• Premiers prêts garantis par l’Etat



La Caisse d’Epargne Bourgogne-Franche Comté fait savoir qu’elle a accordé, le 28 mars, son premier prêt garanti par l’état, d’un montant de 25.000 €,  à une entreprise de négoce viticole. Celle-ci, dont une partie du personnel continue de travailler, a connu une baisse brutale de son chiffre d’affaires en raison de la suspension de ses exportations, l’annulation de tout l’événementiel, et le report des commandes des restaurateurs et cavistes.
Depuis la mise en place de ce prêt par l’Etat via Bpifrance, en fin de semaine dernière, la banque dit avoir reçu 368 sollicitations en une seule journée, représentant une demande de près de 46 millions d’€ de financement.
Pour rappel, le prêt garanti par l’Etat concerne la très grande majorité des entreprises quelles que soient leur taille et leur forme juridique : société, artisans, professions libérales, micro-entrepreneurs, associations etc. Il peut atteindre jusqu’à 3 mois du chiffre d'affaires de 2019, ou deux années de masse salariale pour les entreprises innovantes ou créées depuis le 1er janvier 2019, avec un différé d’amortissement total (intérêts + capital) pour la première année, sur une durée maximale de 5 ans. Le coût du prêt est constitué du coût de financement propre à chaque banque (taux d'intérêt), sans marge, auquel s'ajoute le coût de la garantie de l'Etat. C.P.

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