Depuis la réunion des deux activités de son site de Colmar, l’industriel allemand s’affiche comme un pôle de référence de haute technologie dans la transformation de matière. Freudenberg y recycle les bouteilles plastiques usagées de PET en membranes d’étanchéification pour le bâtiment et fabrique des textiles de synthèse pour de nombreuses applications, de la literie à l’emballage technique.

De la coloc, ils sont passés à l’union. Freudenberg-Politex et Freudenberg-Evolon partageaient depuis des décennies le même lieu : le vaste site dans le quartier du Ladhof de Colmar (Haut-Rhin) hérité de la chimie. Mais chacun menait sa propre vie, le premier dans la transformation de matières recyclées à usage industriel, le second dans les textiles de synthèse.
Depuis le 1er janvier 2017, ils constituent une entité juridique commune au sein de leur groupe allemand d’appartenance :  Freudenberg Performance Materials SAS rassemble leur effectif cumulé de 160 salariés, sur l’un des 23 sites de production dans treize pays de la division du même nom du groupe, constitué de plus de 3.600 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 920 millions d’€ en 2018.
La nouvelle organisation permet aux deux composantes de gagner en lisibilité au niveau local. « Nous nous affichons comme un pôle de référence de haute technologie dans la transformation de matière », souligne Ulrich Jahn, le directeur du site. Cette nouvelle organisation offre aussi l’opportunité d’améliorer l’efficacité des processus des deux entités à présent réunies.  

 

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Pour l’essentiel toutefois, chaque composante poursuit ses développements de façon autonome sur ses marchés de référence respectifs. Côté Politex, désormais « Building Materials »,  l’activité part de la collecte de bouteilles plastiques usagées de PET, pour en séparer les différentes familles de matière (polypropylène, polyéthylène, polyoléfines…) et les recycler en éléments de membranes d’étanchéification pour le bâtiment : imprégnation de sous-toiture, renfort de chape… Le site produit plus de 100 millions de m2 par an dans cette spécialité, il compte deux homologues dans le groupe, localisés en Italie.

 
Un nouvel investissement à l’étude pour 2021

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Freudenberg étudie un nouvel investissement de capacité pour ses textiles techniques. © Freudenberg.

Evolon, pour sa part, demeure une marque, « jouissant d’une grande notoriété », rappelle Ulrich Jahn. Les ateliers produisent des textiles en microfilaments, selon une technologie « unique » génératrice d’une grande qualité de nettoyage et d’absorption de liquides, de capacité de filtration très fine, de résistance mécanique et de rapidité d’évacuation de l’humidité. La dernière version, l’Evolon New Generation sortie en 2017 présente « une épaisseur de microfilaments 200 fois inférieure à celle d’un cheveu. Trois m2 d’elle représentent, en longueur, l’équivalent du tour de la Terre ! », relève Isabelle Kugler, responsable marketing.

 

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La nouveauté a renforcé les positions de marché dans les principaux domaines d’application : la literie traditionnelle pour la protection contre les allergènes, la literie haut de gamme, le nettoyage high-tech garanti anti-rayures de pièces industrielles sensibles notamment automobiles et électroniques, l’emballage technique pour le transport de pièces sensibles, également le luxe et la cosmétique. « L’un des avantages de la feuille d’Evolon par rapport aux mousses d’emballage tient à la capacité à protéger sans entraîner de transfert de texture », détaille Ulrich Jahn.
Les produits Evolon s’écoulent un peu partout dans le monde. Ses premiers débouchés se situent en Allemagne, aux États-Unis grâce à une position leader en protections acoustiques des véhicules automobiles, en Belgique et en Chine.
Les perspectives de développement avaient déclenché chez Evolon  en 2013 un investissement de 5 millions d’€ qui a porté la capacité à 3.000 tonnes par an. Elles se sont confirmées dans le temps, si bien qu’elles amènent le fabricant à étudier un nouvel investissement. « 2019 est consacré à préparer cette nouvelle étape, de façon à être prêt en 2021 à la concrétiser », annonce le directeur.

Qui est Ulrich Jahn ?

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© Traces Écrites.
Le dirigeant allemand est un pur « produit » de Freudenberg : il a derrière lui déjà 32 ans de carrière au sein de ce groupe industriel multifacettes. Avec un attachement particulier, depuis 1990 à la France et à Colmar, dont il a pris en 2002 la direction de l’entité Evolon.
Ulrich Jahn s’investit par ailleurs au sein du Pôle Textile Alsace, dont il est en ce moment le référent pour l’économie circulaire et l’innovation.

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