Près de 3 milliards d’euros d'investissements à venir pour le réseau électrique dans l'Est. Fonds européens : la Région Bourgogne-Franche-Comté refuse toute recentralisation. Coup d’envoi des travaux au barrage de Panthier en Côte-d'Or. Congrès et foires ont attiré 700.000 visiteurs à Strasbourg. Trois sites sous surveillance de leurs solvants chlorés en Côte-d'Or. Les trains transfrontaliers du Grand Est vont tisser leur toile
Est
Près de 3 milliards d’euros d'investissements à venir pour le réseau électrique
Des investissements à hauteur de 2,8 milliards d’euros sont prévus dans les cinq prochaines années dans l’Est par RTE, le gestionnaire du réseau électrique. Soit 1,8 milliard pour le Grand Est et 1 milliard en Bourgogne-Franche-Comté (BFC) jusqu’en 2030/31. « Les besoins résultent de l’accélération de la décarbonation notamment avec le nouveau plan national d’électrification de l’industrie, du raccordement des énergies renouvelables en plein développement et de l'arrivée de nouvelles implantations industrielles consommatrices d’électricité », résume Laurent Cantan-Lampin délégué RTE pour les deux régions. Celui-ci cite, dans la dernière catégorie, avant tout les data-centers dont celui de Microsoft dans le Sud-Alsace qui va requérir pour ses besoins et les autres du bassin concerné la création d’un poste haute tension 400.000 volts d'un coût de « plusieurs dizaines de millions d’euros. ». Ou encore la gigafactory de panneaux photovoltaïques Holosolis annoncée à Hambach (Moselle). Par ailleurs, « le réseau avance en âge, ses composantes les plus anciennes de 80 ou 100 ans arrivent même en fin de vie », d’où les projets pour le renouveler, poursuit Laurent Cantan-Lampin. RTE va donc accélérer son plan de travaux, après une année 2025 où ils se sont situés à 170 millions d’euros dans le Grand Est et 121 millions d’euros en Bourgogne-Franche-Comté.
Les capacités de production augmentent en un an de près d’1 GW dans le Grand Est pour atteindre 24,3 GW, essentiellement par le développement du solaire qui gagne 600 mégawatts à 2,6 GW. Le photovoltaïque constitue aussi le vecteur de progression premier en BFC avec une puissance installée de 3,8 GW (+ 11,4 % en un an). En attendant l’impact de l’électrification, la consommation est restée stable en 2025 dans les deux régions, à respectivement 42,1 térawattheures (Twh) dans le Grand Est et 19,9 Twh en BFC. Les deux régions atténuent légèrement l’écart avec leur production « interne. » Celle-ci a progressé de près de 3 %, représentant 90,5 Twh dans le Grand Est qui abrite trois centrales nucléaires et 5,5 Twh chez sa voisine dépourvue de telles installations. M.Noyer
Bourgogne-Franche-Comté
Fonds européens : la Région refuse toute recentralisation

À l’heure où se négocie le futur budget de l’Union européenne pour la période 2027-2034, le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté monte au créneau pour conserver la gestion directe des fonds européens. A l’occasion des Assises régionales de l’Europe le 20 mai à Dijon, le président Jérôme Durain et le vice-président chargé de l’Europe Patrick Molinoz ont exprimé leur inquiétude face à la volonté de la Commission européenne de laisser aux États le choix de l’échelon gestionnaire des aides communautaires. Une perspective perçue par les exécutifs régionaux comme un risque de « recentralisation. » « La région est la collectivité la mieux à même de déterminer l’utilisation des fonds européens, car elle est à la fois suffisamment grande pour que cela ait du sens et suffisamment proche pour être efficace », a défendu Jérôme Durain, rappelant que l’ensemble des collectivités homologues partage cette position.
L’exécutif de Bourgogne-Franche-Comté s’oppose également à une éventuelle fusion entre les crédits de la politique agricole commune (PAC) et de la cohésion territoriale, comme Bruxelles l’envisage. Pour Patrick Molinoz, l’enjeu dépasse le seul cadre institutionnel. « Ces fonds sont indispensables afin d’accompagner les mutations de notre société, sur le plan agricole, industriel ou environnemental », a-t-il rappelé, soulignant qu’ils ont notamment permis de former 40.000 personnes et de rénover 9.000 logements en Bourgogne-Franche-Comté. Lors de la précédente programmation européenne (2014-2020), la région avait bénéficié d’une enveloppe avoisinant les 2 milliards d’euros. Un montant dont l’avenir demeure incertain, dans un contexte budgétaire marqué par la montée des dépenses liées à la défense et aux tensions géopolitiques. A.Morel
Coup d’envoi des travaux au barrage de Panthier
Le chantier de modernisation du barrage-réservoir de Panthier (Côte-d’Or) a démarré de façon officielle ce 21 mai avec une pose de première pierre. Cette réhabilitation représente un investissement de 15 millions d’euros cofinancé par l’Etat, la Région Bourgogne-Franche-Comté et le Département de la Côte-d’Or au titre du contrat de plan. Voies navigables de France (VNF) en assure la maîtrise d’ouvrage. Un nouvel évacuateur de crues, le confortement des digues et le retour à la cote historique par rehausse d’1 m (à 14,03 m) sécuriseront l’ouvrage datant de 1836, en optimiseront la gestion et en augmenteront la capacité de stockage d’un sixième pour atteindre 8,3 millions de mètres cubes au printemps 2027. Le barrage-réservoir de Panthier joue un rôle stratégique. Il concentre à lui seul 80 % de l’alimentation du versant Saône du canal de Bourgogne, entre Pouilly-en-Auxois et Saint-Jean-de-Losne. Sa rénovation « fiabilisera la ressource nécessaire à la navigation, aux usages agricoles et plus largement aux activités économiques et touristiques », précise la direction régionale de VNF. M.Noyer
Alsace
Congrès et foires ont attiré 700.000 visiteurs à Strasbourg

Une fréquentation cumulée de près de 700.000 visiteurs a été atteinte l’an dernier par le Palais de la musique et des congrès et le Parc des expositions de Strasbourg, l’ensemble d’équipements qui se succèdent à l’entrée nord de la ville. Le gestionnaire commun aux collectivités (Ville et métropole) et au groupe privé GL Events, la société d’économie mixte Strasbourg Evénements, vient d’annoncer ce chiffre qui résulte de l’organisation de 244 manifestations, en premier lieu la Foire européenne qui ca capté 20 % du total avec 140.000 entrées. Les congrès ont représenté 63 % de l’activité en terme de manifestations organisées, pour un total de 121.000 journées congressistes. Cette année sera marquée par le congrès international d’imagerie médicale Miccai (27 septembre-1er octobre), habituellement tenu à Dubaï et qui déménage à Strasbourg. La foire d’art contemporain ST-ART forme un autre vecteur de croissance (12.500 visiteurs l’automne dernier) pour les équipements strasbourgeois. M.Noyer
Bourgogne
Trois sites sous surveillance de leurs solvants chlorés en Côte-d'Or
La préfecture de Côte-d’Or a annoncé, le 19 mai, lancer des « investigations approfondies » quant aux risques de pollution aux solvants chlorés pouvant émaner de trois sites industriels utilisateurs passés de telles substances. Cette surveillance particulière concerne l’unité existante Kyocera (AVX France) à Saint-Apollinaire et les anciennes usines TTD à Auxonne et Initial BTB à Dijon. Par des diagnostics dans les sols et les eaux souterraines, ces études sont destinées à s’ « assurer de l’absence d’impact de ces pollutions sur les populations riveraines. » Les solvants chlorés ont longtemps été d’un usage courant dans l’industrie, pour le décapage de métaux, le nettoyage de matières textiles ou des opérations de dilution. M.Noyer
Grand Est
Les trains transfrontaliers vont tisser leur toile

Après la ligne Strasbourg-Offenbourg qu’ils parcourent depuis le 4 mai, les trains régionaux du Grand Est Regiolis vont progressivement rejoindre les six autres lignes transfrontalières qui débouchent en Suisse et en Allemagne. « La liaison au nord de l’Alsace vers Neustadt et Wörth-am-Rhein forme notre prochaine priorité », a souligné Thibaud Philipps, vice-président aux mobilités, lors d’une présentation le 21 mai en gare de Kehl, la ville-frontière entre Strasbourg et Offenbourg. Le calendrier dépend toutefois des procédures de mise en place dans les deux Länder allemands du Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-Palatinat. « Le matériel est en tout cas complètement disponible pour un déploiement total » selon l’élu, faisant référence aux 30 rames acquises auprès du constructeur CAF pour 388 millions d’euros. La capacité par train passe de 82 à 203 places assises par rapport au précédent modèle de TER. L’adaptation des Regiolis à la double circulation française et allemande a requis un investissement spécifique de 400 millions d’euros. M.Noyer
Par ailleurs, le « Pass Jeune » d’été de la région instauré depuis 2024 vers l’Allemagne sera étendu à la Suisse, du 1er juillet au 31 août prochains. Pour 29 euros par mois, les moins de 28 ans pourront ainsi circuler sans limites en principe dans les trains et cars de l’ensemble du réseau helvétique. Après 20.000 unités en 2024, les ventes de ce Pass Jeune « Grenzenlos » (sans frontières) ont progressé à 28.000 l’an dernier. M.Noyer





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