La nouvelle opération de croissance externe du leader français de la géotechnique est stratégique. Et symbolique de son expansion, dans la mesure où elle fait franchir à Géotec le seuil du millier de salariés au cumul de ses filiales. En intégrant Envisol, le groupe, basé à Quetigny près de Dijon, se positionne avec ambition sur le métier des sites et sols pollués.
Le groupe Géotec ne cesse de grandir, par le biais de la croissance externe, à part égale avec l’endogène. Son chiffre d’affaires a progressé de deux-tiers entre 2018 et 2023, date à laquelle il a franchi la barre des 100 millions d’euros, avant d’atteindre les 120 millions d’euros en 2024. L’an dernier, le leader français de la géotechnique (l’étude des sols avant construction) avait jeté son dévolu sur son confrère niçois Sefab (15 salariés, chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros), ce qui lui avait permis de poser le pied sur la Côte-d’Azur, l'un des rares territoires où il n’était pas encore implanté, et de créer une agence à Monaco.
L’opération majeure de 2025 pour l’instant – car une autre pourrait être finalisée avant la fin de l’année – consiste en l’acquisition d’Envisol, une PME de 70 salariés basée à La Tour-du-Pin (Isère) qui réalise un chiffre d’affaires annuel d’un peu plus de 8 millions d’euros. Avec ce nouvel achat signé fin février dernier, l’effectif de Géotec dépasse désormais 1.000 collaborateurs.
De plus, la transaction coche deux cases simultanément : l’extension géographique, avec un renforcement de la présence en Auvergne-Rhône-Alpes mais aussi dans les différents territoires où est implanté Envisol, à savoir Rouen, Nantes, Poitiers, Paris, Metz, Toulouse, ainsi qu'à l'étranger Madrid et Montréal. Et surtout la diversification : « Envisol est un spécialiste de la dépollution des sols, activité dans laquelle nous n’étions pas suffisamment développés, souligne Frédéric Barnoud, directeur général du groupe Géotec. Nous pilotons notre développement selon la logique d’un bureau d’études leader en géotechnique et en analyse des sols, mais pas encore dans des métiers connexes comme l’environnement (hydrogéologie, sites et sols pollués…). »
L’ambition de l'opérateur dijonnais est donc claire : gagner en compétence dans l’ensemble des métiers du sol pour se positionner comme leur leader au niveau de l’ingénierie. L’acquisition de ce « pure player » des sites et sols pollués (SSP) qui va devenir la filiale du groupe spécialisée dans cette activité, est donc bien stratégique pour lui.
Une opération gagnant-gagnant

« C’est une opération gagnant-gagnant pour les deux acteurs, résume Frédéric Barnoud. Nous intégrons l’activité SSP et nous donnons les moyens à Envisol de se développer. » « Ensemble, nous combinons expertises de pointe et solutions innovantes au service de nos clients. Ce rapprochement ouvre également de nombreuses opportunités de développement et de montée en compétences pour les collaborateurs des deux parties », complète Olivier Barnoud, président du groupe. « Il nous fallait trouver des moyens pour continuer à développer l'innovation, explique pour sa part Gaël Plassart, cofondateur et dirigeant d’Envisol. Nous ne voulions pas refaire une levée de fonds après celle de 2016. L'autre solution consistait à s'adosser à un groupe industriel. »
Envisol continuera donc son chemin, sous la conduite de ses trois dirigeants historiques, et dans les trois univers où il excelle : les SSP, avec une force de frappe de 40 experts, les écosystèmes (reconstruction des sols, valorisation des sédiments, renaturation d’anciens sites industriels…) et enfin l’innovation : introduction du numérique dans la géologie et recours à l'intelligence artificielle. Les équipes de La Tour-du-Pin sont toutes maintenues, et même renforcées avec cinq à dix recrutements annoncés. Elles ont été intégrées à leur nouveau propriétaire lors du dernier séminaire du groupe organisé à Chamonix.
Une ambition internationale confirmée

Géotec a mené l’opération grâce à l’appui de la Caisse d’épargne et d’un investisseur lyonnais. Le recours à l’emprunt, qui permet habituellement au groupe de financer son développement, n’a pas plombé son endettement. « En revanche, la croissance externe est un véritable accélérateur, qui nous permet une augmentation et une diversification rapides des compétences », souligne le directeur général.
Avec succès. Géotec compte 24 agences en France et 16 filiales qui lui assurent aussi une présence dans sept pays étrangers : Belgique, Espagne, Canada, Italie, Sénégal, Guinée et Côte-d’Ivoire. Son opération la plus spectaculaire, emblématique de cette stratégie de diversification géographique et de déploiement à l’international, fut l’acquisition de Verbeke, en 2017 : le groupe belge pesait alors 50 millions d’euros et employait 450 personnes.
Cette année, le groupe dijonnais prévoit l’ouverture d’une nouvelle agence à Abidjan, la capitale économique de la Côte-d'Ivoire où il opère déjà depuis un an et demi. Deux ans après le cinquantième anniversaire de sa création (en 1973), il poursuit sa marche en avant sans faiblir.
Photos fournies par l'entreprise










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