Le laboratoire organisé en société par actions simplifiée est passé depuis mi-2019 d’un effectif de 35 salariés à 90. Il a fait le pari d’investissements ambitieux dans les technologies très pointues qui rencontrent l’engouement des industriels clients, notamment pour la détection de contaminants et autres éléments indésirables, à des échelles microscopiques jusqu’alors inexplorées.
Cette société-là se distingue par la croissance spectaculaire de ses effectifs. En moins de quatre ans, la Dijonnaise Filab est passée de 35 à 90 collaborateurs. Pas comme les autres, cette SAS l’est aussi par son profil même : un laboratoire privé devenu incontournable dans l’analyse de matériaux pour les industries de tous types, à partir de deux spécialités transversales, la chimie analytique et la caractérisation de matériaux, métalliques pour la plupart complétés par les polymères et les céramiques par exemple.
Son développement également traduit dans un chiffre d’affaires ayant atteint 11 millions d’€ à la clôture du dernier exercice le 30 septembre dernier, Filab l’attribue notamment à l’effet vertueux de ses investissements. Le laboratoire a plus d’une fois fait le pari de devancer la demande, qui a été bien au rendez-vous.
« Nous investissons 2 millions d’€ chaque année dans le renouvellement et le renforcement de notre parc de matériels, sur nos fonds propres. Mais cet effort pour les équipements s’accompagne aussi d’embauches des meilleurs experts possibles de la technologie pointue bénéficiaire des investissements, afin d’être certains de pouvoir répondre tout de suite et de façon parfaitement circonstanciée aux questionnements et attentes des clients », expose Benoît Persin, directeur commercial (*).
Cette posture s’illustre par exemple par le cas de l’AFM. Le terme désigne, en français, la « microscopie à force atomique ». Le microscope doté de cette technologie que Filab a acquis en septembre dernier procure une haute résolution telle qu’il permet l’analyse point par point de la surface d’un échantillon de matériaux, quelle qu’en soit la nature chimique. L'appareil dépasse la limite de 100 micromètres de la lumière naturelle pour parvenir à une résolution nanométrique de 0,1 nanomètre (1 -10 millimètre), un million de fois supérieure.
Des spectrométries de masse inédites

Sur le même modèle, Filab a investi dans des équipements aux sigles tout aussi barbares… mais tout aussi fondamentaux et synonymes de saut technologique. Comme l’ICP-MS/MS « dont nous sommes le premier laboratoire privé et indépendant en France à être équipé, ceci depuis deux ans », relève Benoît Persin. Il s'agit d'une version premium de la spectrométrie de masse à plasma à couplage inductif (Inductively Coupled Plasma - Mass Spectrometry ICP-MS), d’où le double « MS ». Elle supprime des interférences mêmes dans les conditions les plus improbables, de sorte à pouvoir détecter la présence d’éléments inorganiques à des échelles infinitésimales : de l’ordre du microgramme par kilo (ppb).
« Les applications concernent l’identification et la quantification de métaux lourds, d’impuretés élémentaires ou de contaminations indésirables, par exemple dans les produits cosmétiques et pharmaceutiques », poursuit le dirigeant de Filab.
Après un zeste de chromatographie en phase liquide, autre pilier d’activité, on reprendra volontiers pour la route une part d’ « Orbitrap » et de « QTOF », des spectromètres de masse à haute résolution qui piègent les ions par un champ électrostatique, dans le but là aussi de traquer des contaminants et d'identifier des impuretés ou des additifs, mais cette fois-ci organiques, à des seuils où ils étaient réputés indétectables. Et on gardera pour la suite la GC-MSMS dédiée à la recherche de composants organiques volatils et semi-volatils (comme les solvants résiduels, les additifs dans les polymères, les allergènes…), qui fait partie des développements prochains à court terme de Filab.
« Nous avons fortement augmenté le périmètre de nos accréditations Cofrac ISO 17025 et nos agréments clients, ce qui contribue à notre développement récent d'activité », énonce Benoît Persin.
Du pôle nucléaire bourguignon à un rayonnement international 
Celle-ci se recrute dans la plupart des grands secteurs industriels : médical, pharmaceutique, aéronautique, spatial, automobile, nucléaire, cosmétique… Outre les produits de consommation du public qui requièrent une composition irréprochable, ces fabricants trouvent en Filab l’interlocuteur expert pour analyser puis optimiser aussi bien leurs matières que leurs procédés industriels.
La composition chimique, les caractéristiques physico-chimiques et mécaniques seront décortiquées. Le laboratoire dijonnais agit aussi comme un « service d’urgences » vers lequel se tourner en cas de défaut majeur : contaminations, non-conformités, corrosion, casse d’un alliage. « Le client vient d’abord pour trouver la cause. Mais à partir du rapport d’expertise que nous lui fournissons, il peut solliciter un accompagnement de plus long terme, pas forcément de type « curatif », pour rechercher une solution plus performante, une alternative, etc. Nous pouvons l’assister jusqu’au dépôt d’un brevet », expose Benoît Persin.
Dans ce contexte, Filab a institué un département de recherche-développement aujourd'hui composé de 7 personnes, qui contribue aussi à la montée de ses effectifs et de son activité.
Historiquement « bras armé » du pôle nucléaire de Bourgogne, la société dijonnaise continue à faire de ce secteur d’activité et de ce territoire les piliers de son développement. Celui-ci a pris toutefois une tournure plus polyvalente et gagné un périmètre géographique plus large. « Nous avons atteint désormais un rayonnement international », estime sa direction. Ce qui ne fait que contribuer à sa montée en puissance.
Photos fournies par l'entreprise.
(*) également l’un des sept actionnaires avec Jérôme Goux, Thomas Rousseau, Céline Milot, Hubert Vittoz, Clément Boenard et Thomas Gautier, suite à la transmission opérée en 2019.












































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