La triste année 2020 a été en Alsace, le millésime record en matière d’investissements, 1,38 milliard d’€ et la création ou la consolidation d’environ 4.000 emplois. Avec deux gros morceaux, chacun de 300 emplois : la plate-forme d’e-commerce de l’allemand Delticom Ensisheim (Haut-Rhin) pour 250 millions d’€ et l’implantation à Brumath (Bas-Rhin) de la première usine européenne du chinois Huawei. Les projets différés voire enterrés se trouent principalement ans le tertiaire.


A l’assertion selon laquelle la Covid-19 aurait anesthésié les velléités de développement des entreprises, le bilan 2020 de l’Adira vient apporter un démenti sans équivoque. L’agence de développement économique de l’Alsace affiche un millésime record… non pas vers le bas mais bien vers le haut : 1,38 milliard d’€ d’investissements, et la création ou la consolidation d’environ 4.000 emplois, en résultante de l’accompagnement de 447 projets.

Ce dernier chiffre se répartit en un peu plus de 200 dossiers d’investissements, 257 contacts qui ne sont pas concrétisés l’an dernier mais ne sont pas abandonnés, et seulement 12 assistances à des entreprises en difficulté.

 

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« Le nombre élevé de dossiers positifs vient aussi souligner que la performance exceptionnelle en montants d’investissements reflète une dynamique vraiment générale et n’est pas que la conséquence des quelques gros projets enregistrés », commente Vincent Froehlicher, le directeur général de l’Adira. Le bilan de l’année écoulée intègre en effet deux gros morceaux, chacun de 300 emplois :  la plate-forme d’e-commerce de l’allemand Delticom (vente de pneus en ligne) à Ensisheim (Haut-Rhin, 250 millions d’€ d’investissements) et l’annonce-phare de 2020, l’implantation à Brumath (Bas-Rhin) de la première usine européenne du chinois Huawei.

Mais des piliers anciens ou plus récents du dense tissu industriel alsacien ont également apporté leur contribution au bilan, chacun à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’€ d’investissements. Qu’il s’agisse de modernisations et extensions comme les charcuteries Herta à Illkirch, Hager pour sa nouvelle ligne de  fabrication de produits relais électriques à Obernai, Octapharma à Lingolsheim, Corteva (anciennement DuPont) dans l’agrochimie à Cernay, Flowtec (groupe Endress + Hauser) dans la même commune haut-rhinoise, Punch Powerglide à Strasbourg, la scierie Siat à Heiligenstein… - ou de créations : Hager à nouveau pour son centre logistique international à Reichstett sur l’Ecoparc rhénan (l’ex-raffinerie), Dräger pour son unité de masques anti-Covid à Obernai, Gusto Palatino pour son futur atelier de fonds de tartes flambées à Drachenbronn.


Des projets différés voire enterrés surtout dans le tertiaire

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Le spécialiste de l'instrumentation Flowtec, filiale du groupe suisse Endress+Hauser, a investit en 2020 pour digitaliser son process.  © Flowtec

 

Côté difficultés et suppressions d’emplois, la principale émane de Mars-Wrigley avec 200 postes qui seront supprimés sur les sites alsaciens du groupe agro-alimentaire américain. Dans une lecture sectorielle, « la santé-pharmacie, la chimie, l’agro-alimentaire, la logistique, le numérique-traitement des données ont porté la dynamique », relève Vincent Froechlicher.

Les poids lourds traditionnels de la mécanique-métallurgie-automobile ont été plus timorés, dans le contexte notamment de la chute du marché automobile, « mais ils ne manifestent pas de difficultés particulières et renferme des dossiers de développements à venir », selon le directeur général de l'agence, en référence notamment à l’extension programmée de Kuhn à Monswiller.

Les chiffres 2020 auraient pu être encore plus impressionnants avec un taux de concrétisation dans les normes précédentes :  la crise sanitaire a quand même différé voire enterré des projets d’investissements. Le cas de figure se présente en majorité dans le secteur tertiaire avec l’effondrement du marché des bureaux en lien avec la montée du télétravail, en témoigne l’abandon du projet de nouvel immeuble du Crédit Mutuel dans le quartier Archipel-Wacken à Strasbourg.



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L’année qui démarre permettra-t-elle de maintenir la même cadence ? Là se situe la principale interrogation de l’Adira, naturellement liée à l’évolution sanitaire. « Les représentations patronales dans l’industrie nous rapportent un taux d’utilisation des capacités de 90 % : on peut le voir comme très satisfaisant vu le contexte, mais il signifie une sous-utilisation non-négligeable de 10 %. Or tenir dans la durée dans cette situation, ce peut être compliqué », analyse Vincent Froehlicher. En outre, le remboursement à venir des prêts garantis par l’Etat (PGE) sera « le moment de vérité » pour la poursuite ou non de la dynamique des investissements.

Liens territoriaux bouclés


froelicher_1En 2020, l’Adira a consolidé et parachevé sa relation avec l’échelle de proximité du développement économique, à savoir les intercommunalités. Elle a signé les dernières conventions qui ne l’étaient pas encore avec des ECPI d’Alsace… et déjà engagé une seconde période de contractualisation avec les pionnières. « Ces partenariats renforcent notre vocation de collecte précise et la plus exhaustive possible de données sur l’économie alsacienne. Ils génèrent un important travail de constitution d’offre immobilière locale (pépinières d’entreprises, hôtels d’entreprise…) et de reconstitution indispensable d’offre foncière », observe Vincent Froehlicher (en photo), directeur de l'Adira.
Face au dynamisme de la demande, les terrains manquent toujours selon l’Adira, mais la situation se détend quelque peu avec la mise à disposition de friches et l’émergence de quelques offres de grandes surfaces, comme à Lauterbourg autour du port, à Drusenheim-Herrlisheim (l’Axioparc sur l’ancienne raffinerie Total) ou EcoRhéna sur le port de Colmar-Neuf-Brisach.
Pour mémoire, l’Adira est cofinancée à 20 % par les ECPI et à 40 % chacun par la région Grand Est, détentrice de la compétence développement économique, et la nouvelle Collectivité européenne d’Alsace.

 

 

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