Elle est le porte-drapeau de la filière forêt et bois du Grand Est : rien d’étonnant, Siat est la plus grande scierie de France. L’entreprise familiale réalise des investissements récurrents de l’ordre de 5 millions d’€ annuels. Et participe activement à la montée en qualification des métiers d’une filière qui pèse 55.000 emplois dans le Grand Est.


La plus grande scierie de France, c’est dans la vallée bas-rhinoise de la Bruche qu’elle se trouve. Un effectif de 330 salariés, 120 millions d’€ de chiffre d’affaires annuel, 350.000 mètres cubes de produits finis par an et 120.000 tonnes annuelles de granulés de bois de chauffage recyclés en fin de process : le groupe Siat aligne des chiffres avec lesquels personne rivalise dans l’Hexagone. 

« Nos débouchés sont avant tout nationaux, mais la concurrence est internationale », souligne Paul Siat, directeur général de l’entreprise familiale. Celle-ci affiche fièrement ses racines aussi profondes qu’un vieux chêne ou un vieux sapin, puisque sa création remonte à 1818 et que c’est désormais la 7ème génération qui est entrée dans l’affaire.


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Mais les dimensions en jeu rappellent ceux de l’industrie dite « lourde » : des investissements récurrents de l’ordre de 5 millions d’€ annuels, auxquels s’ajoutent des projets structurants comme il y a quelques années un nouveau parc à grumes de 35 millions d’€ et, en 2012/13, la création de l’unité de cogénération pour 45 millions. Celle-ci a fait définitivement entrer Siat dans l’ère de l’économie circulaire : les écorces ne se perdent plus mais sont transformées en chaleur pour les besoins internes et en électricité selon une puissance de 5,5 mégawatts équivalente à la consommation de 10.000 foyers. De même, les montagnes de sciure produisent des granulés bois.

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Les grumes de résineux viennent des forêts à 150 km à la ronde... © Traces Ecrites
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...pour être, en bout de chaîne, tranformées en planches et panneaux. © Traces Ecrites

Sur le vaste site de 32 hectares d’Urmatt (Bas-Rhin), le principal – les deux autres se trouvent dans les villages voisins de Heiligenberg et Niederhaslach – les grumes de résineux venus des forêts à 150 km à la ronde à bord d’une centaine de camions sont débitées à haute cadence de 200 à 250 mètres cubes/heure en entrée de lignes de sciage. Siat s’est également dotée d’équipements technologiques de pointe, comme un scanner à rayon X.  L’entreprise réfléchit à ajouter une nouvelle ligne de sciage dans les deux ans, qui représentera des investissements conséquents, officiellement pas encore chiffrés.


Des cabines de conduites de ligne évoquant l’industrie

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Une cadence de débit de 200 à 250 mètres cubes/heure. © J.F. Hamard

L’activité se répartit en trois destinations. « Le marché de la construction demeure le principal pour nous, il concentre environ deux-tiers du chiffre d’affaires », souligne Paul Siat. Les panneaux et poutres de bois servent à la charpente, à la couverture et à l’ossature des bâtiments. Ce débouché est suivi de l’ « énergie durable », constituée de la production des granulés et d’électricité à hauteur d’environ 20 %. Le solde est issu du bois d’aménagement intérieur, à savoir des tasseaux, des moulures ou encore des plinthes. Enfin, le solde de revenu. L’investissement est aussi d’ordre humain. Le groupe annonce consacrer à son budget formation l’équivalent de plus de 3 % de sa masse salariale.


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La montée en qualification des métiers se voit dans les ateliers, peuplés désormais de cabines de conduites de ligne qui ne sont pas sans rappeler celles de l’industrie. L’affûtage des outils de coupe fait appel à des qualités de manipulation et de connaissance des matériaux de plus en plus poussés. À ces titres, l’entreprise porte-drapeau de la filière forêt et bois du Grand Est peut aussi servir de référence à l’action de détection et augmentation des compétences que lancent les instances professionnelles et les pouvoirs publics. Ceux-ci ont d’ailleurs choisi le site d’Urmatt pour la présenter, ce lundi 25 novembre. 

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Une diversité de métiers. © Traces Ecrites
 L’emploi-formation dans le bois mesure ses besoins en compétences

La visite du site Siat, le 25 novembre, a suivi l’installation de la Mission bois emploi (MBE) du Grand Est. Celle-ci poursuit plusieurs objectifs successifs : d’abord, pendant un an, recenser avec précision les besoins des entreprises en terme de recrutement et de formation puis construire un plan d’actions de façon à étendre l’offre de formation, mieux la répartir géographiquement, améliorer la visibilité des emplois de cette filière, mieux sécuriser les parcours professionnels des salariés en poste, etc.
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© J.F. Hamard
La démarche est justifiée par l’entrée de ce secteur d’activités de poids – 55.000 emplois dans le Grand Est – dans une phase de forte mutation caractérisée par l’économie circulaire, la montée du biosourcé et la numérisation/digitalisation. Elle consiste en fait en une gestion territoriale prévisionnelle des emplois et compétences (GTPEC). Or ceux-ci sont le quotidien, ou presque, des Maisons de l’emploi. Ces structures ont donc été logiquement chargées de conduire la « Mission ». Elles le feront de manière conjointe, entre les huit Maisons du Grand Est de façon à ce que ce travail maille l’ensemble du territoire régional. Une mutualisation d’une telle échelle entre Maisons de l’emploi est inédite en France, soulignent-elles.
1 commentaire(s) pour cet article
  1. jy loncledit :

    Le bois avance !

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