L’édition 2026 du salon Euro Supply Chain au Parc Expo de Mulhouse, le 9 juin prochain, offrira une photographie des évolutions de la logistique et de la supply chain régionale. Pour l’anticiper, nous vous proposerons plusieurs rendez-vous de focus sur des entreprises et prestataires qui pratiquent concrètement ces mutations. Aujourd’hui : Embalsace. La PME de 80 salariés sur trois sites dont Cernay (Haut-Rhin) assure une confection de caisses d’emballage en bois sur-mesure, répondant à des codifications précises de ses clients de l’industrie lourde et de son syndicat professionnel, loin de l’image d’une activité qui serait simple d’application. Des prestations logistiques y sont associées.
A ceux qui résument l’emballage en bois à l’assemblage de quatre planches, un petit tour s’impose chez Embalsace à Cernay (Haut-Rhin). A chaque instant, à chaque recoin de son atelier, la PME démontre la complexité que revêt sa prestation de sorte à répondre aux exigences de ses clients industriels. « Celles-ci ne cessent d’augmenter. Elles viennent ajouter une dose de défi de plus aux contraintes techniques attachées de manière générale aux différents types de caisses », expose Michel Stauffer, le président d’Embalsace.
Pour appuyer son propos, le dirigeant sort de l’armoire de son bureau la « bible » du métier : le cahier des spécifications techniques du SEI, le Syndicat de l’emballage industriel. Au fil de ses dizaines de pages, le document décline des règles de dimension des caisses, de sections de bois nécessaires à la confection, de calage et autres impératifs, qui sont déterminés par le poids de la pièce à enfermer. Ils génèrent ainsi une multitude de catégories de caisse identifiées par un chiffre et une lettre. « Et encore, ce guide ne constitue qu’un aperçu global, derrière lequel se trouvent des documentations beaucoup plus précises », ajoute Michel Stauffer.
Face à cette profusion de combinaisons possibles, Embalsace évolue clairement dans l’univers du sur-mesure, d’autant plus que la PME sert une grande variété de clients. Recrutés dans les engins de chantier, la métrologie, la chaudronnerie ou encore les équipements énergétiques, « ils reflètent la richesse du tissu industriel alsacien, qui forme le premier cercle de nos débouchés », relève Michel Stauffer.
Grâce à ses ponts roulants de 50 tonnes, l’emballeur bois peut manutentionner des pièces jusqu’à ce poids, ce qui lui ouvre les portes de l’industrie « lourde », au sens premier du terme. Il expédie ses caisses et autres productions (berceaux, socles…) dans un rayon principal de 100 km, qui comprend le Nord Franche-Comté, les Vosges, la Moselle limitrophe de l'Alsace ou, de l’autre côté du Rhin, les territoires frontaliers d’Allemagne et de Suisse. Lui-même a démultiplié ses points de départ. Historiquement localisé à partir de 1981 à Mulhouse puis à Lutterbach et depuis 2017 à Cernay, il compte deux autres sites, à Hésingue (Haut-Rhin) dans la région des Trois Frontières, ainsi qu’à Hoerdt au nord de Strasbourg (Bas-Rhin). L’ensemble totalise 11.000 m2 couverts pour un effectif de 80 salariés et un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros.
L’activité ne s’arrête pas à la fermeture des caisses. Elle comprend l’empotage en conteneur et la déclaration des produits réglementés. Une entité de services logistiques a vocation à répondre aux pics d’activité, « lorsque les capacités des partenaires prestataires n’y suffisent pas », souligne le dirigeant, de telles prestations s’étendant au reconditionnement, à la préparation de commandes, l’étiquetage…
Indispensable formation

La complexité résulte aussi de la diversité des destinations finales des conditionnements de la PME alsacienne. Si ceux-ci rejoignent dans un premier temps des sites de proximité, leurs contenus sont ensuite assemblés par les clients pour former de gros ensembles prenant la direction du monde entier. En conséquence, « il nous faut nous conformer aux règlementations spécifiques à chaque pays ou groupe de pays destinataire définitif », pointe Michel Stauffer. Par ailleurs, les pièces emballées le sont rarement de manière « brute », sans mise en place de protections. Chocs, corrosion, humidité (l’essentiel des livraisons finales s’opèrent par voie maritime en conteneurs), hygrométrie, imperméabilité à l’air : les contraintes peuvent là aussi se démultiplier. Il faut également effectuer des marquages, comme l’identification du centre de gravité en vue d’une manutention manuelle.
La finesse insoupçonnée des prestations d’Embalsace requiert de sa part de l’investissement humain : « Notre personnel a besoin d’être formé en permanence, il n’y a plus de fonction qui puisse se dispenser d’un minimum de qualification pour l’exercer », souligne le président de la société. Et une batterie de certifications vient attester de leur qualité. A celle de la filière par le SEI, s’ajoutent l’Iso 9001, le statut d’OEA (opérateur économique agréé) pour les activités de douane, à l’échelle régionale le label Alsace Excellence de l’Adira, ainsi que les certifications NIMP 15 pour le bois traité et PEFC pour l’origine durable de la matière première, puisée quasi exclusivement dans la forêt vosgienne.
Ce bois, Michel Stauffer, ne lui voit aucun rival sérieux dans son domaine d'activité, en dépit de la « concurrence »n de fait très limitéen du métal et du plastique, et de celle plus significative du contreplaqué. « Rien de mieux pour faire entrer des pièces lourdes épousant les formes les plus variées », assure-t-il.

Le président d’Embalsace a assouvi son désir de devenir entrepreneur en 2022, en reprenant la PME auprès de Delphine Hengy-Claude, la fille du fondateur en 1981. Cette transmission lui a aussi offert l’opportunité de revenir dans la région de Mulhouse dont il est originaire et s’était éloigné pour les besoins de ses études puis d’une carrière professionnelle exercée en région parisienne et à l’international, dans des fonctions de responsabilité notamment financières au sein de grands groupes.
Pour se préparer à sa nouvelle vie, il souligne avoir particulièrement apprécié la formation du réseau CRA (cédant et repreneur d’affaires). « Elle a fait immerger pendant trois semaines intenses dans la réalité du dirigeant et la promotion que nous avons formée avec d’autres collègues a créé un réseau d’entraide entre nous, qui a été bien utile dans les premiers temps. » La qualité de cette entrée dans le monde de l’entrepreneuriat a été récemment saluée par le tissu économique du Sud-Alsace : à Michel Stauffer, la Société industrielle de Mulhouse (Sim) a attribué son trophée TalentiSIM 2026 de la « reprise réussie. »























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