Gérée par BGE Franche-Comté pour le compte de Grand Besançon Métropole, la pépinière en périphérie de Besançon héberge 25 jeunes entreprises aux profils très divers, de l’artisanat à la start-up en passant par la PME industrielle. Ces dernières ont ouvert leurs portes jeudi 10 avril à l’initiative du réseau régional PEP’IN BFC.


« Une pépinière d’entreprises, c’est un tremplin qui permet à des activités fragiles de se tester », résume Julie Chettouh. Ce jeudi 10 avril, la responsable pépinières et hôtel d’entreprises chez BGE Franche-Comté accueille les visiteurs sur le site de Palente, à Besançon (Doubs), dans le cadre d’une semaine « portes ouvertes » organisée par le réseau régional PEP’IN BFC (voir encadré ci-dessous).

Réservé aux sociétés récemment créées, l’hébergement dans une pépinière est limité dans le temps : quatre ans au maximum, en principe. Les locataires, appelés « pépins », bénéficient de loyers inférieurs au prix du marché, dont le montant augmente chaque année. La structure offre également des services mutualisés (accueil physique et téléphonique, salles de réunion, matériels partagés...) et des opportunités de réseautage : ateliers, formations, petits-déjeuners... Ainsi qu’un accompagnement individualisé, « non optionnel », insiste Julie Chettouh.

BGE Franche-Comté gère, en délégation de service public, les pépinières de Grand Besançon Métropole, qui sont au nombre de deux. Aménagée dans les anciennes usines emblématiques des montres Lip, celle de Palente est généraliste : artisanat, services, industrie, etc. s'y côtoient. Elle accueille aujourd"hui 25 entreprises sur un peu plus de 2.000 m2 de bureaux et ateliers, répartis dans deux bâtiments, le 2C et 4J. La seconde, installée dans les murs de Temis Innovation, cible les projets porteurs d’une innovation technologique. Elle est complétée par un hôtel d’entreprises où ces « pépins » à la maturation plus lente peuvent poursuivre leur croissance pendant quatre années supplémentaires. Focus sur quelques-unes des jeunes pousses hébergées à Palente.

 

BioAlva, une foodtech prometteuse en transit

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Anne Nguyen, fondatrice de BioAlva, et Cassandre Bedu-Ferrari, responsable scientifique, planchent sur le développement de produits alimentaires végétaux aux saveurs de la mer pour la restauration collective et commerciale. © Edwige Prompt


Composée de sept personnes, l’équipe de la start-up BioAlva a emménagé au 4J depuis un mois. Auparavant incubée par Deca-BFC, elle a trouvé à Palente un « bureau tampon » pour préparer l’ouverture de son centre de R&D, prévue d’ici fin 2025 à Besançon. Cette foodtech a été créée en 2023 par Anne Nguyen. Après une carrière chez Findus, Danone et Unilever, l’ingénieure agroalimentaire trentenaire s’est lancée dans le développement d’aliments aux saveurs marines, et 100 % végétaux puisqu’issus d’un mélange de légumineuses (lentilles, fèves…) et d’algues fermentées.

En 2024, cette jeune pousse très prometteuse a été labellisée Deeptech par Bpifrance qui lui a accordé une bourse French Tech Emergence d'un montant de 90.000 euros. Elle a également bénéficié du programme d’amorçage de l’accélérateur européen EIT Food. « Nous menons plusieurs projets de recherche avec des partenaires extérieurs comme l’institut Agro Dijon, indique Anne Nguyen. Quand nous disposerons de notre propre laboratoire, nous pourrons réunir toutes les pièces du puzzle et aboutir à un premier prototype dégustable. » BioAlva vise à terme la production d’une gamme de boulettes et de galettes destinées à la restauration collective et commerciale.

 

BF

 

L’Établi des Vents et L’Engrenage, entre art et artisanat

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À la tête de sa maison de couture et de mode L’Engrenage, Romuald Bertrand propose des prestations événementielles. © Edwige Prompt


Pascale Richard fait elle aussi partie des dernières arrivées à la pépinière de Palente. Elle a ouvert, début février, L’Établi des Vents, un atelier de réparation et d’entretien d’instruments de musique à vent. « On peut tout faire à tout âge », affirme-t-elle avec un grand sourire. La preuve : cette ancienne DRH dans l’industrie a opéré une reconversion professionnelle à l’approche de la soixantaine. La saxophoniste amatrice a passé un CAP de réparation d’instruments avant de monter sa micro-entreprise.

De l’autre côté du couloir, en pleine préparation de la prochaine fashion week, Romuald Bertrand navigue lui aussi entre artisanat et art. Le couturier formé au lycée Prévert de Dole (Jura) a fondé en 2021 la maison de couture et de mode L’Engrenage, clin d’œil à l’histoire horlogère de Besançon. En parallèle des créations pour sa marque, il propose des stages de catwalk pour apprendre à marcher comme les mannequins, des cours de couture et, depuis peu, des prestations événementielles, la création de robes éphémères en direct. En 2024, Romuald Bertrand a reçu le titre de maître artisan d’art, décerné par la Chambre de métiers et de l’artisanat.

 

Cessions aquisitions

 

Precistem, un industriel déjà bien installé

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Félix Dagallier (à gauche sur la photo) est l’un des fondateurs de Precistem. L’usineur de précision fabrique des pièces à haute valeur ajoutée qui intéressent plusieurs secteurs industriels. © Edwige Prompt


Changement d’ambiance quand on pénètre chez Precistem. Les machines à coudre laissent place à huit centres d’usinage à commande numériques. La PME qui emploie une vingtaine de salariés et réalise un chiffre d'affaires de l'ordre de 2 millions d’euros annuels est spécialisée dans l’usinage de précision pour le luxe, l’aéronautique, la défense, le médical, la lunetterie ou la connectique. Installée à Palente depuis 2017, la société a été créée en 2016 par deux ingénieurs diplômés de l’ENSMM (devenue depuis Supmicrotech), Félix Dagallier et Armand Thibaut.

Elle doit donc songer à quitter les 400 m2 d’ateliers de la pépinière de Palente. Un casse-tête en perspective. « C’est compliqué de déménager, d’abord en termes de temps et de coût, souligne Félix Dagallier. Cela nécessite de disposer d’une avance confortable de trésorerie. » Or, le sous-traitant est confronté à une baisse de commandes dans le luxe, heureusement compensée par la montée en cadence de la défense et l’aéronautique. Et trouver des locaux adaptés à son activité s’avère également difficile. « Il nous faut une dalle suffisamment renforcée pour supporter le poids des machines, ainsi qu'un système de régulation thermique garantissant la précision de la fabrication des pièces, notamment celles en aluminium », détaille le dirigeant de Precistem.

 

Un réseau régional de pépinières

Créé en 2018 sous l’impulsion du conseil régional, le réseau PEP’IN BFC fédère une vingtaine de pépinières, spécialisées ou généralistes, en Bourgogne-Franche-Comté. Ce réseau est animé par l’Agence Economique Régionale (AER BFC). Du 7 au 11 avril, il a organisé, pour la première fois, une semaine de portes ouvertes dans 12 pépinières de la région. 

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