Les BPI des régions Bourgogne-Franche-Comté et Grand-Est ont communiqué leur bilan 2023. Les agences de la banque publique d’investissement poursuivent le soutien aux entreprises avec en priorité la réindustrialisation, l’innovation technologique et la décarbonation.


Près de 750 millions d'euros en Bourgogne-Franche-Comté
 

La BPI de Bourgogne-Franche-Comté a présenté son bilan d’activité 2023 le lundi 22 avril. Le groupe a financé 748 millions d’euros de projets auprès de 3.256 entreprises.

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Le Doubs est le département le plus soutenu avec 201 millions euros d’aides,
suivi de près par la Côte-d’Or (175 millions d’euros) puis la Saône-et-Loire (141 millions d’euros). Les secteurs de l’industrie (hors l'agro-alimentaire) et du commerce représentent la majorité des aides attribuées à hauteur respectivement de 38% et 17%. « Le déploiement France 2030 a été un gros catalyseur du dynamisme du territoire », souligne Marc Auloge, directeur Bourgogne-Franche-Comté.

La banque a accordé 38 millions d’euros aux projets innovants et stratégiques et 10 millions d’euros ont été déployés sur les concours i-Lab, i-Nov ou i-Demo. « Les projets ne sont pas réservés aux start-ups, les entreprises classiques peuvent aussi en bénéficier », ajoute le directeur. Les aides à l’innovation proposées par les agences de la banque publique sont variables : avances remboursables, prêts à taux zéro mais aussi une activité de conseil proposée par les chargés d’affaires.

 

Moins de volume mais des fondamentaux toujours solides dans le Grand Est

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Toute l'équipe de BPI Bourgogne-Franche-Comté © Bpifrance


Dans le Grand Est en 2023, le soutien de Bpifrance a concerné près de 5.900 entreprises à hauteur de 1,9 milliard d’euros.
Soit 150 dossiers de plus qu’en 2022, mais un peu moins d’argent accordé car le financement était alors de 2,1 milliards d’euros. Mais les deux courbes ne sont pas forcément corrélées car les projets divergent et ne nécessitent pas forcément le même type d’accompagnement financier d’une année à l’autre. Bpifrance Grand Est a financé plus particulièrement les secteurs de l’industrie et de la construction (55% des financements) et les secteurs d’avenir. Ces entreprises des transports, du numérique, des TIC, de la santé et de l’économie du vivant ont mobilisé 47 % en 2023.

La banque publique a insisté sur le soutien à l’innovation avec la poursuite du déploiement de France 2030 qui a mobilisé 243 millions d’euros en région Grand Est. Là encore, c’est un peu moins qu’en 2022, où cet appui avait atteint 278 millions d’euros. Bernard Nicaise, le directeur du réseau Grand Est, met en avant les soutiens sur les thématiques de la transition écologique et énergétique des entreprises. Parmi les 80 nouvelles entreprises qui ont intégré le programme « Accélérateur PME Grand Est », plus de la moitié ont suivi des formations sur la décarbonation, les économies d’énergie, d’eau, la gestion des déchets, etc. « La thématique de la transition environnementale n’est plus un effet de mode », observe Bernard Nicaise.

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Le niveau des prêts à moyen et long terme a également diminué avec 515 millions d’euros, contre 605 millions d’euros en 2022. Mais dans un contexte marqué par la fin progressive des dispositifs de relance (PGE - prêts garantis par l'Etat et prêts rebond), le volume de prêts sans garantie reste à un niveau d’activité soutenu à 265 millions d’euros (337 millions d’euros en 2022). « Nous sommes encore dans une période de remboursement des PGE, ce qui amène de nouveaux besoins de trésorerie des entreprises », rappelle le directeur de Bpifrance Grand Est. Il se félicite du maintien de l’investissement direct dans les entreprises. Citant le classement Pitchbook de février 2024, il fait remarquer que Bpifrance devient n°1 en Europe et n°2 mondial en nombre d’investissements en private equity en 2023. L’an dernier, Bpifrance Grand Est est entrée au capital de douze nouvelles entreprises, pour un investissement de 24 millions d’euros. 

 

La banque veut accélérer les projets en faveur de la transition énergétique

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De gauche à droite : Marc Auloge, directeur Bourgogne-Franche-Comté et Bernard Nicais, son homologue Grand Est. © Bpifrance


En 2023, Bpifrance a financé 33 millions d’euros de prêts climats en Bourgogne-Franche-Comté en partenariat notamment avec l’Ademe, un montant moins élevé que l’année précédente (70 millions). Marc Auloge explique cet écart par la disparition d’un autre prêt vert abondé par l’Etat. Le directeur évoque également une autre raison contextuelle liée à la crise : « certaines entreprises réfléchissent davantage, pèsent le pour et le contre, elles attendent que les taux d’intérêt baissent et reportent leur investissement l’année suivante ». Ce n’est toutefois pas le cas pour toutes les entreprises. 

IGR, spécialiste de l'impression dirigé par Jean-Philippe Neuville à Montceau-les-Mines (Saöne-et-Loire), a ainsi bénéficié d’un prêt vert et d’une garantie verte pour le co-financement d’équipements de basse consommation. L'entreprise de 25 salariés pour un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros  s’est par ailleurs engagée à réaliser un bilan carbone. Les sociétés l’imprimerie Buxynoise et l’atelier Les Clémences avaient fusionné l’année dernière pour former le groupe IGR. Ce rapprochement et le prêt vert octroyé doivent permettre à celui-ci de mieux imaginer l’imprimerie de demain en faisant face aux défis écologiques de son secteur.

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