Deux listes s’affrontent pour occuper durant cinq ans le maximum des 100 sièges de la Chambre régionale de Métiers (*) en tentant de convaincre 70.000 artisans d’adhérer à leurs thèses. Si l’élection est régionale, elle découle de scrutins organisés jusqu’au 14 octobre à partir de huit listes, une par département de la grande région Bourgogne-Franche-Comté. Emmanuel Poyen, président sortant, conduit la liste La Voix des Artisans (U2P) qui fédère la Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (Capeb), la Confédération Générale de l'Alimentation en Détail (CGAD), la Confédération Nationale de l'Artisanat, des Métiers et des Services (CNAMS) et l’Union Nationale des Professions Libérales (UNAPL). Baptiste Clérin pilote de son côté Fiers d’être artisans qui regroupe autour de la CPME, la Fédération Française du Bâtiment (FFB), le Conseil National des Professions de l'Automobile (CNPA), l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH), le Conseil National des Entreprises de Coiffure (CNEC) et la Fédération des Entreprises de Propreté (FEP). Chacun a souhaité exprimer sur Traces Écrites News quatre axes forts de son programme. Ils interviennent selon un ordre alphabétique.
• Baptiste Clérin, fabricant de cuir pour rasoirs à Brienon-sur-Armançon (Yonne), mais également importateur de toits relevables pour vans aimerait que sa liste Fiers d’être Artisans assure l’alternance, car sans être vindicatif, le candidat regrette l’absence de pluralisme orchestré par l’autre camp durant l’ancienne mandature. « Nous avons été proprement ostracisés », clame-t-il. Par ailleurs, Baptiste Clérin entend, une fois élu président, assurer une meilleure gestion financière et faire de la chambre de métiers une véritable vitrine de savoir-faire.
En termes de propositions, chaque département devra avoir un budget dédié. « Car je prends l’exemple du Doubs et tout particulièrement la région du haut-Doubs avec l’horlogerie qui voit partir ses meilleurs éléments en Suisse. Il est temps de contrecarrer avec les collectivités locales, cette fuite de compétences avec des aides à l’installation et au maintien de savoir-faire conséquentes. »
A cette fin, un représentant de la chambre de métiers devrait siéger, selon lui, au sein de chaque communauté de communes et communautés d’agglomération pour faire entendre la voix du terrain au plus près des préoccupations locales. Il rappelle en ce sens que 40% de l’économie en Bourgogne - Franche-Comté découle du secteur de l'artisanat.
Le "consommer et produire local" figure également au frontispice de son programme, inscrit en lettres d'or. « Tous les appels d’offres en dessous de 40.000 € devraient revenir aux acteurs de proximité qui participent au maintien d’activité et évite la désertification rurale. »
Le candidat, élu sortant, imagine aussi créer une plate-forme multi-services. Elle intéresserait les centres de formation pour regrouper les offres d’apprentissage ainsi que les candidatures de jeunes. « Je vais également plus loin, car cet outil serait également employé pour les stages de découverte des métiers auprès des collégiens de 3ème. » La plate-forme aura pour vocation par ailleurs à devenir un site marchand destiné au grand public afin de proposer tout ce qui peut se vendre à distance grâce à l’artisanat.

• Emmanuel Poyen, tête de liste régionale de La voix des Artisans et président sortant se la joue « cool » vis-à-vis de la liste adverse. « Si nous n’avons pas la même vision des choses, nous comptons beaucoup de copains dans l’autre camp. » Reste que cet homme de 52 ans, coiffeur de son état à Imphy dans la Nièvre, entend conserver son fauteuil à l’aune d’un bilan qu’il juge « important » et le défend bec et ongles.
Il souhaite en cas de succès installer des commissions interdépartementales qui balaient les frontières administratives afin de faire remonter les besoins au plus près des bassins de vie selon un découpage rejoignant le territoire des communautés de communes et des communautés d’agglomération.
Une de ses priorités concerne aussi l’emploi. « Savez-vous combien, à la chambre régionale, nous enregistrons d’offres d’emploi non pourvues : pas moins de 2.000 ! Aussi nous voulons que nos trois CFA, dont le dernier acquis tout récemment à Mercurey, en Saône-et-Loire (1.200 apprentis), qui forment au total 2.600 gamins parviennent au nombre de 3.000 en fin de mandature. C’est ambitieux car de nombreux freins existent encore, surtout éducatifs, alors que nous formons à des métiers bien payés et très valorisants. »
Le candidat entend également promouvoir les métiers d’art, métiers de bouche et le made in France, à l’instar que ce que la ville de Dole organise chaque année sous forme d’un week-end début octobre dans toutes les rues de la vieille ville. La reprise d’entreprise pose aussi problème car de nombreux artisans en âge de partir en retraite ne trouve pas repreneur. « Les jeunes préférant s’installer souvent comme auto-entrepreneur, il nous donc faudra travailler en proposant un accompagnement total. » Emmanuel Poyen cite cette fleuriste licenciée d’une entreprise d’Imphy et qui retrouve maintenant son métier d’origine.
Il conclu en affirmant que chaque territoire doit conserver la spécificité de métiers, mais que si, comme à Saint-Claude (Jura), un sinistre industriel arrive comme la déconfiture de la société MBF Aluminium (280 emplois perdus), une reconversion peut s’opérer ailleurs, le BTP réclamant tant de bonnes volontés.
(*) L’organisme consulaire dispose de 29 millions d’€ de budget et emploie 460 collaborateurs.












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