La construction d’un quartier d’administrations étatiques et régionales complété de logements et services touche à sa fin, s'agissant de la partie sud de l’espace aménagé au débouché de la gare Viotte de centre-ville. Cette première grande phase de 37.000 m2 a été inaugurée le 7 mai. Le travail se concentre à présent sur la manière de façonner la partie nord, de l’autre côté des voies ferrées. Au total, plus de 100 millions d’euros de travaux d’aménagement et de construction se seront concentrés en une quinzaine d’années jusqu’en 2030 pour donner une identité à ce lieu, occasion de première découverte de Besançon pour son visiteur extérieur.
Son esthétique a été discutée, mais sa marque d’identité est bien là, désormais incontournable au débouché de la gare. Le pôle Viotte de Besançon dresse ses constructions mâtinées du bleu inspiré de celui de la pierre locale traditionnelle de Chailluz. Elles ont été inaugurées ce 7 mai et pour la maire Anne Vignot, le verdict est sans appel : « Une vraie réussite, qui donne une ambiance et rappelle par ses formes l’identité de la ville », a-t-elle déclaré pour l'occasion.
En somme s’érige bien ici, selon l'élue, « le projet emblématique de première découverte de la ville par son visiteur » qui était recherché et avait été initié par son prédécesseur Jean-Louis Fousseret, dans la double perspective de l’arrivée du TGV Rhin-Rhône fin 2011 et du tramway en 2014 donnant lieu à la reconfiguration de la gare en un pôle d’échanges multimodal.
Le versant Sud (par rapport aux voies ferrées) du nouveau quartier Viotte achève son édification avec la livraison attendue en septembre prochain des derniers logements de sa composante habitat. Dix ans après le coup d’envoi que constitua en février 2015 le démarrage de la concession d’aménagement à la société publique locale (SPL) Territoire 25, 37.000 m2 sont sortis de terre. Chauffés en grande partie au bois et à la géothermie, ils sont constitués majoritairement de bureaux, mais ils comprennent aussi les appartements et commerces en rez-de-chaussée qui traduisent l’objectif d’un quartier « mixte et vivant », de sorte à ce que sa vocation de lieu de travail, certes principale, n’y soit pas exclusive.

Le pôle tertiaire se répartit en deux façes de 6 et 8 étages, que viennent séparer le réseau de venelles à revêtement de béton sablé de la nouvelle allée Gisèle Halimi, desservant les allées perpendiculaires. Cette organisation spatiale a été imaginée par la maîtrise d’œuvre urbaine du cabinet Arep, grand spécialiste des quartiers de gare, pour donner au lieu un air de petite ville. D’un côté, prennent ainsi place les différents services de l’Etat avec leurs 750 agents (Agence régionale de santé, Dreal et Draaf (*) Insee, secrétariat général commun du département du Doubs…) et de l’autre, ceux du conseil régional avec 385 agents de 15 directions. L’emplacement, à deux pas de la gare, a pu impulser de tels regroupements de services, de sorte à pérenniser à Besançon une activité administrative qui aurait pu échapper à la cité comtoise par le fait de la création de la grande région Bourgogne-Franche-Comté et de l’implantation de sa capitale à Dijon.
En outre, « tous ces agents bénéficient d’un cadre de travail lumineux, avec des espaces traversants, et l’atmosphère chaleureuse de l’ossature bois », plaide l’architecte Brigitte Metra. La professionnelle parisienne originaire de Besançon , également signataire de la récente extension de la medtech Sophysa sur la zone Temis de Besançon, s’est battue pour imposer les formes des bâtiments - agencés en enfilade pour éviter un « monolithisme » - et leur couverture bleutée à 200.000 tuiles produites par le fabricant Wienerberger dans ses usines régionales de Lantenne-Vertière (Doubs) et Pontigny (Yonne).

La création de ce pôle tertiaire sud a représenté un investissement de 52 millions d’euros. Le promoteur régional indépendant SMCI a ajouté 35 millions d’euros pour ses propres opérations apporteuses de mixité. Avant tout, l’ensemble « Genius » : autour et en prolongement des surfaces tertiaires, ces trois îlots d’un total de 131 logements réunissent accession privée, locatif social (du bailleur du Grand Besançon Loge GBM) et deux résidences de 30 unités chacun, respectivement pour des seniors autonomes et des actifs de passage, le tout reposant sur le parking mutualisé de 320 places réalisé par Territoire 25.
Gérer la falaise rocheuse

Habillées d’un rouge qui vient ainsi répondre au bleu tertiaire, « ces constructions doivent pour beaucoup à l’approche pleine de sens et de prise en considération de l’environnement urbain d’un secteur gare qu’a manifestée notre architecte, Silvio d’Ascia », salue Fabrice Jeannot, président de SMCI. En rez-de-chaussée et rez-de-jardin, les premiers occupants professionnels tels que kinésithérapeutes et dentistes commencent à faire naître le « socle actif » attendu à Viotte. Par ailleurs, 15 logements « haut de gamme » viennent occuper les septième et huitième étages du Pôle Etat.
Le Sud voyant sa mission s’accomplir, les regards, les études et bientôt les travaux se tournent vers le Nord, la partie du quartier située de l’autre côté de la voie ferrée, et qui est orientée vers la périphérie et non vers le centre-ville. En assurer la réussite forme le prochain défi, pour lequel la jauge programmée est plus réduite. Cette partie septentrionale doit se déployer sur 8.000 m2. A son programme figurent une soixantaine de logements et 3.000 m2 non-résidentiels (d’un montant de travaux estimé à 10 millions d'euros) eux-mêmes décomposés entre quelque 2.000 m2 de bureaux et une crèche publique de 60 berceaux (architecte : cabinet IOEW) qui viendra en renfort de la micro-crèche de 15 places du sud.
Toujours aménageuse - elle aura injecté au total des deux phases 28,5 millions d'euros dont 5,9 millions de subventions venant principalement de la Ville - Territoire 25 prévoit de lancer avant la fin de l’année la consultation de promoteurs pour l’habitat, la crèche devant se construire pour sa part de la mi-2025 à courant 2027. Cette fois-ci, la SPL a confié la conception d’ensemble à l’agence FCML, dont une tâche principale consiste à « gérer » la présence d’un « front rocheux » qui monte jusqu’à 8 mètres, en transformant l’obstacle naturel en atout. « La biodiversité qui s’est installée deviendra une composante d’un aménagement très végétalisé, à base d’arbres de haute tige, et qui accordera la priorité aux modes doux de déplacement », esquisse Florian Camani, l’un des associés de cette agence parisienne d'architecture-urbanisme. Une passerelle doit également relier les différents points de la parcelle contrainte d’1,1 hectare (contre 2 ha pour le pôle sud). Pour comparer le résultat final effectif aux intentions que suscitent ce pôle nord, rendez-vous est pris pour 2030, l'année d'achèvement prévue.

(*) Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement et Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt











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