TRANSPORTS EN COMMUN. Jean-Louis Fousseret, maire et président de la communauté d'agglomération du Grand Besançon (Doubs), a choisi le vendredi 13 janvier - jour porte bonheur ? - pour présenter les travaux du tramway de la capitale comtoise à l'ensemble des entreprises intervenant sur le chantier et un certain nombre d'acteurs socioéconomiques.

Deux mois avant le début des travaux, en mars.

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La conjoncture morose dans le secteur des travaux publics a été particulièrement propice  au budget contraint du maître d'ouvrage : la communauté d'agglomération du Grand Besançon (Doubs).

L'addition du futur tramway de Besançon s'élève à 218 millions d'€ pour 14,4 km. Inférieurs aux estimations, les marchés attribués laissent une marge de 24 millions, montant provisionné pour les aléas.

«Pari gagné», s'est félicité Jean-Louis Fousseret, particulièrement soucieux de ne pas dépenser plus de 228 millions (valeur 2008), réactualisé à 256 millions en fin de travaux.

«A 16 millions d'euros le kilomètre, c'est 30% de moins que tous les projets de tramway en cours», a t-il insisté. Et il a prévenu les entrepreneurs : «Je refuse d'ouvrir le tiroir des avenants».

Si le maire prend tant de précautions, c'est qu'il se sait attendu au tournant. Le calendrier ne joue pas en sa faveur. Retardé à cause du rejet par le représentant de l'Etat, d'une première version, le chantier battra son plein au moment des élections municipales de 2014.

L'élu aurait certainement préféré, comme à Dijon, que son tramway soit sur les rails à cette période. Or, la mise en service est prévue au printemps 2015.

«Besançon va faire la démonstration qu'une ville moyenne peut faire un tramway à des coûts compatibles à une période de crise», insiste le maire. La tendance baissière des prix n'est pas la seule clé.

«Nous avons recherché toutes les solutions d'optimisation et recentré le projet sur les fonctionnalités essentielles», renchérit le maître d'œuvre, le groupe Egis.  «Pas de grand geste architectural, des rames courtes, des stations dimensionnées à minima, un terminus simplifié…». Des recettes qui, semble t-il, ont fait mouche.

Selon Egis, le tramway de Besançon fait déjà référence dans d'autres villes moyennes, Aubagne, Amiens, Avignon.

Mars, le mois des grands travaux

Début mars, les barriérages fuschia, comme à Dijon, délimiteront les deux premiers fronts de chantiers de la ligne unique qui traverse Besançon d'ouest en est: des Hauts-du-Chazal vers Planoise-Micropolis et de La Malcombe en direction de Chamars.

Suivra en mai, le démarrage simultané de deux autres tronçons, entre la place de la Révolution et la gare Viotte, et de Fort-Benoît pour rejoindre Fontaine-Argent.

Le chantier promet d'être mené tambour battant : les premiers rails seront posés dès mai 2012 sur les premiers tronçons de plateforme déjà terminés, affirme le maître d'ouvrage.

Parallèlement, aura lieu la reconstruction du pont Battant, trop étroit pour le croisement de deux rames. Une passerelle provisoire fera patienter les piétons et les cyclistes jusqu'en mai 2013. Les voitures rebrousseront chemin.

Le nouveau pont sera réalisé avec une technique innovante déjà mise en œuvre par le charpentier belge Victor Buyck Steel Construction avec Bouygues TP Régions France. Entièrement métallique, le tablier livré en 30 morceaux sera soudé sur place.

Mars annonce un troisième chantier, celui du centre de maintenance construit à l'extrémité ouest de la ligne, au bord de la route de Franois.

La première rame s'y installera en juin 2013.

Les deux marchés attribués pour 96 millions d'€ :

Société des Travaux du Doubs (STD) et Screg Est sont les mandataires du groupement d'entreprises qui réalisera la partie ouest (Chateaufarine- 7 km et 13 stations). Cette filiale du groupe Bouygues réalise les terrassements, les voieries, la plateforme et les réseaux en co-traitance avec Sacer PNE. L'entreprise dijonnaise Roger Martin fait le génie civil, les massifs et le pavage. Colas Rail et Alstom sont chargées de la pose des voies ferrées.

La partie est (7,5 km, 18 stations) est l'affaire d'Eurovia avec le bisontin Bonnefoy pour les VRD, ETF (filiale d'Eurovia) pour les voies ferrées, Coteb Codiel, pour l'énergie et les communications ainsi que Campenon Bernard Franche-Comté pour le génie civil.

Lire sur le sujet les articles de Traces Ecrites News :

https://www.tracesecritesnews.fr/actualite/besancon-11119

https://www.tracesecritesnews.fr/actualite/le-tramway-de-besancon-le-moins-cher-de-france-12358

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