Le groupe immobilier régional, qui a récemment ouvert un bureau à Paris, prépare dans son fief de Besançon un projet qu’il veut exemplaire de la désartificialisation des sols en cœur d’agglomération : la transformation en un espace vert et de production agricole d’une partie du vaste site horloger Fralsen.


SMCI élargit son terrain d’action. L’an dernier, le promoteur immobilier de Besançon a ouvert une agence à Paris, dans le 15e arrondissement. Les trois collaborateurs qui l’animent ont reçu mission de développer l’activité en Ile-de-France à partir d’un premier socle de quatre programmes d’habitat.

« Sur l’ensemble de nos implantations, nous comptons un millier de logements en cours d’autorisation administrative, de commercialisation ou de construction », décrit Fabrice Jeannot, le président de SMCI. Cette activité exercée par 50 salariés représente une chiffre d’annuel d’environ 40 millions d’€ grâce à la construction de 200 à 300 logements par an, complétés de surfaces tertiaires.

Outre l’Ile-de-France, elle se répartit entre la Franche-Comté, la Bourgogne essentiellement dans l’agglomération de Dijon, et Rhône-Alpes.

Parmi différents programmes de grande dimension,  SMCI lance un projet très particulier dans son fief bisontin : la nouvelle phase de la transformation de l’emblème local de l’horlogerie, à savoir l’immense site construit à partir de 1963 pour les montres Kelton. Le promoteur veut y prendre le contre-pied du bétonnage. Le groupe Fralsen, aux manettes de l’entreprise, reste bien sur place, mais sur 14.000 m2 bâtis pour une centaine de salariés, au lieu des 48.000 m2 couverts qui avaient compté un effectif jusqu’à 3.000 employés dans les années 1970.  . 

Une première reconversion du solde de surfaces a été classique :  SMCI, propriétaire depuis 2012 , a fait installer un Leclerc Drive, une salle de sports et un magasin de robes de mariée. Il reste des mètres carrés à commercialiser.

 

Prix national

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Autre programme de SMCI, toujours à Besançon : "Genius" qui va proposer 150 logements dont une résidence-services pour seniors, ainsi que des commerces. Une conception bioclimatique de l'architecte Silvio d'Ascia dont les travaux battent leur plein sur le nouveau pôle Viotte en sortie de la gare, dans l'objectif d'une livraison courant 2024.


C’est l’autre partie du terrain qui sort de l’ordinaire : le promoteur régional en fera un îlot vert, composé notamment  d’une ferme urbaine de produits agricoles et maraîchers  sur 1,3 hectare, avec en complément des installations d’énergie renouvelables -  panneaux photovoltaïques en toiture, géothermie… - ainsi que des équipements de récupération des eaux pluviales qui viendront irriguer la ferme urbaine. « Nous désimperméabilisons ainsi quelque 2 hectares qui avaient été complétement délaissés par la nature pendant soixante ans », synthétise Fabrice Jeannot.

Une partie de la terre de qualité dont le projet a besoin proviendra de l’excédent de matériau du programme SMCI récemment achevé aux Tilleroyes. Le bâti en restera à 200 logements privés et sociaux et à un parking d’environ 200 places surmonté d’une résidence pour étudiants qui viendra ainsi s'implanter à proximité du campus de la Bouloie lui aussi en pleine métamorphose.

 

frtp

 

Ce parti pris a séduit le jury du Prix de l’Art urbain, remis en décembre dernier à Paris. Le projet bisontin en a remporté la mention Respect de l’environnement. Pour le concrétiser, SMCI s’est entouré des architectes et urbanistes Louis Moutard et Silvio d’Ascia et du bureau d’ingénierie environnementale Agrosolutions. « Un site aussi bien localisé dans un environnement de commerces, de logements et de locaux universitaires était pertinent pour expérimenter la régénération urbaine, créer une respiration », a exposé Louis Moutard lors de la présentation fin novembre au Salon des Maires à Paris.

Les maîtres d’œuvre ont organisé les immeubles d’habitations, de sorte à les concentrer sur les bords de la parcelle et ainsi faire jouer à la ferme urbaine le rôle central. Le parking évitera la circulation automobile à l’intérieur du site. Il fera, en outre, office de barrière avec les activités industrielles et sera relié aux logements par deux passerelles, placées suffisamment haut pour permettre le passage de tracteurs sous ces ouvrages.

 

Eloge du temps long

« Ce projet est un démonstrateur de la désartificialisation, au milieu d'un environnement de bâtiments industriels, d'habitations et de commerces. C’est aussi l’éloge du temps long : nous avons pris quatre ans pour bien réfléchir à l’aménagement, et aux proportions entre bâti et non-bâti. Sans se préoccuper de la rentrée, ou plutôt de l’absence de rentrées de loyers, dans l’intervalle », poursuit Fabrice Jeannot. « La ferme solaire, par exemple, nous en avions tracé la perspective il y a trois-quatre ans sans susciter, alors, d’écho particulier. Il en va tout autrement aujourd’hui ».

 

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Ce projet a été soumis au nouvel exécutif bisontin issu des élections de 2020. Il a recueilli son assentiment, relate Fabrice Jeannot. La modification requise du PLU (plan local d'urbanisme) intercommunal doit intervenir dans lecourant de cette année. SMCI procédera, ce printemps, à la démolition des anciens bâtiments industriels désaffectés et prévoit de déposer dans l’année son permis de construire, dans le but de démarrer les travaux au second semestre 2024. Du temps, il s’en donne aussi pour terminer le projet : il est prêt à y passer une décennie, s’il le faut.
 

Photos fournies par l'entreprise.

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