A deux mois des élections municipales des 15 et 22 mars, les vœux des élus sont plein de signes politiques à qui veut bien tendre l’oreille. Car pré-campagne oblige, ils mesurent leurs paroles. Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon, a depuis longtemps déjà dit qu’il ne se représentait pas, bien qu’il sera quand même de la campagne en "poussant" la liste de son ancienne collaboratrice Alexandra Cordier. François Rebsamen a attendu ce 17 janvier pour déclarer sa candidature à sa succession.


• François Rebsamen candidat à un 4ème mandat


Vendredi 10 janvier, jour de vœux pour François Rebsamen – le midi au personnel, le soir aux « forces vives » –, le maire de Dijon n’avait pas encore dit s’il briguait les suffrages pour un 4ème mandat. Ce vendredi soir 17 janvier, il s'est déclaré candidat aux élections municipales des 15 et 22 mars, au journal télévisé de France 3 Bourgogne.
« J'ai un bon bilan (...) et encore plein de choses à faire », a t-il affirmé. Lui qui disait encore en 2014, que le 3ème mandat qu'il briguait serait le dernier, repart donc, « car le contexte a changé, les repères dans la société ont disparu et le maire en est un. »
Le jour de ses voeux, des mots bien pesés laissaient entrevoir qu’il voulait rester aux manettes. À travers le portrait qu’il a brossé de la ville dont il est le maire depuis 2001 : « une ville d’échange et de rencontres, où il fait bon vivre (…), championne de la qualité de vie (…) », un bilan démographique et économique de Dijon positif, chiffres à l’appui : + 1.000 habitants par an, + 800 emplois créés depuis début 2019, à quoi s'ajoute un taux de chômage de 7% inférieur à la moyenne nationale. Et une satisfaction que Dijon dispose (enfin) de 20% de logements sociaux, lui qui avait tant reproché à son prédécesseur Robet Poujade de n’en avoir pas construit assez.
Citant tous les projets engagés l’année dernière, comme une œuvre à achever (On Dijon – le pilotage à distance des fonctions urbaines –, la rénovation du musée des Beaux-Arts, le lancement de la cité de la gastronomie pour n’en citer que quelques-uns), François Rebsamen a décrit Dijon telle qu’il la voit demain.
Une ville écologique  – clin d’œil à ses anciens colistiers écologistes qui, en cette élection 2020, font bande à part –, « avec un nouveau modèle de croissance qui concilie progrès social, humain, économique durable et lutte contre le réchauffement climatique. »  Une ville « qui n’est pas réservée à ceux qui réussissent. » Une ville « de progrès social » qui se soucie « des plus fragiles. »
Incontestablement, il se verrait bien encore le chef d’orchestre qu’il évoquait dans son discours des vœux, « en charge d’une partition qui doit écouter toutes les voix et pas seulement les plus fortes. »
Sa liste baptisée "Dijon C'est Capitale" incarnera le rassemblement car il dit avoir « le tempérament d'un rassembleur ». Toujours socialiste, mais « maire de tous les Dijonnais. »

 

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• Les derniers vœux de Jean-Louis Fousseret

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Les voeux de Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon, le 8 janvier : il se sollicite pas un 4ème mandat. © Jean-Charles Sexe

Les tremolos dans la voix en prononçant les dernières phrases de sa dernière cérémonie de vœux en tant que maire de Besançon, on devine combien il en coûte à Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon et président de l’agglomération, de quitter son fauteuil de maire qu’il occupe depuis 2001.
Pas de 4ème mandat donc pour celui qui s’est assis sur les bancs du conseil municipal de la cité comtoise en 1983. « 37 ans au service de la cité », rappelait-il le 8 janvier dernier. « Je remercie ceux qui ont été à mes côtés pendant tout ce temps ; être maire n’est pas s’accrocher à un mandat mais laisser la place aux autres pour assurer le renouvellement. »
Jean-Louis Fousseret ne fera donc pas comme son prédécesseur Robert Schwindt, qui exerça quatre mandats, de 1977 à 2001 : « Il a la sagesse de passer la main », a t-on pu entendre dans le public du palais des sports où se déroulait la cérémonie. Agé de 73 ans, Jean-Louis Fousseret avait fait savoir il y a déjà plusieurs mois qu’il ne se représenterait pas aux élections des 15 et 22 mars 2020. Mais une ville ne s’abandonne pas toutefois comme ça. « Je serais toujours disponible pour aider », a t-il dit.
Pas de bilan de son dernier mandat si ce n’est une brève rétrospective en images des projets réalisés en 2019. Mais quelques signes de la façon dont il appréhende la fonction qui a fortement évolué depuis 2001. En invitant non seulement les conseillers municipaux mais aussi les maires des communes de  Grand Besançon Métropole à monter sur le podium, Jean-Louis Fousseret a voulu souligner l’importance qu’il accordait à la dimension territoriale de la cité. « Parce que désormais les grands projets ont une dimension intercommunale, seulement ensemble que nous pouvons être efficaces. »
Même s’il ne reconduit pas de liste, Jean-Louis Fousseret ne tourne pas pour autant complètement la page d’une vie politique bien remplie, qui l’a mené au conseil général du Doubs de 1988 à 2001 et à l’Assemblée nationale de 1997 à 2002. Toujours sous l’étiquette du Parti socialiste, jusqu’à l’automne 2017 où il rejoint La République en Marche d’Emmanuel Macron. Et dans une union de la gauche avec les Verts et le parti communiste, même si l’entente n’a pas toujours été des plus cordiale.
Jean-Lous Fousseret soutient la candidature d’Alexandra Cordier, ancienne référente En Marche dans le Doubs qui était sa collaboratrice à l’Hôtel de Ville depuis 2008. Il était à ses côtés il y a quelques jours encore lors de la présentation des premiers éléments de programme de la candidate. Il « poussera » la liste, c’est-à-dire qu’il figurera à la dernière place.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Catherine Bisontinedit :

    "(…) un bilan démographique et économique de Dijon positif, chiffres à l’appui : + 1 000 habitants par an, + 800 emplois créés depuis début 2019, à quoi s'ajoute un taux de chômage de 7% inférieur à la moyenne nationale (…)" : toujours facile quand on "pompe" littéralement les emplois de l'ex capitale régionale de Franche-Comté !… sans rien laisser en échange (quelques exemples : un seul FRAC pour la nouvelle région à Besançon, que nenni ! on va en conserver un à Dijon - le CROUS Bourgogne-Franche-Comté à Besançon… mais à quel prix ! - Dijon CHEF LIEU de la région et Besançon SIEGE de la Région ! Sur le papier uniquement ! - Tout se passe à Dijon ! tout migre sur Dijon !). Et je ne parle pas de la position du Maire de Dijon au moment de la décision de la fusion des régions… si bien placé vis à vis du plus haut pouvoir de l'état…

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