L’unique usine de portes de garage du fabricant de volets roulants a pleinement fait partie du plan de modernisation mis en place depuis la reprise de la société en 2018 par le groupe Bouyer-Leroux. Elle bénéficie d’une enveloppe de 6,5 millions d’euros dont les dernières étapes se franchissent cette année. Le quasi-doublement des volumes de production donne les capacités industrielles et économiques pour s’adresser à l’ensemble du marché.
La métamorphose de l’usine de portes de garage de Champagney (Haute-Saône) touche à sa fin. Le fabricant Soprofen réalise, en cette année 2025, la dernière phase de l’investissement de 6,5 millions d’euros (*) qu’il aura consacrés en quatre ans à ce site qui occupe une place à part dans son appareil industriel : il est le seul dédié aux portes de garage parmi les huit de l’entreprise par ailleurs de volets roulants protections solaires et accessoires, répartis en France ainsi qu'en Belgique pour deux d’entre elles.
Ce plan de développement permet de doubler la capacité du site haut-saônois pour la porter à 27.000 unités par an, au moyen d’une extension bâtie presque proportionnelle, les surfaces couvertes passant de 9.000 à 16.000 m2. Au niveau des effectifs, le programme aura entraîné 25 créations de postes pour parvenir à 65 salariés.
Une telle trajectoire de croissance contraste pourtant avec l’évolution générale du marché de la porte de garage. Constitué dans sa grande majorité des gammes sectionnelles telles qu’il en sort chaque jour des ateliers de Champagney, il a chuté de 20 % depuis la crise sanitaire de 2020, rapporte Soprofen. Mais l'industriel indique progresser pour sa part, avec sa position de challenger des marques dominantes Hörmann et Novoferm, qui le place dans une stratégie de conquête de ses clients les installateurs, l’échelon intermédiaire entre la production et la vente finale aux particuliers.

Un autre facteur compliquerait la tâche du fabricant nord-franc-comtois si on le prenait au premier degré : « La tendance du marché va fortement à la banalisation et à la focalisation sur le premier prix, au détriment de la création de valeur qui constitue notre objectif et notre marque d’identité », souligne Renaud Pfalzgraf, directeur marketing.
Or la société estime avoir trouvé l’équilibre économique entre le maintien de prestations plus élevées que la moyenne (par le recours à des aciers plus résistants, des charnières plus robustes…) et une diminution de ses prix (et des marges en conséquence) lui permettant de s’adresser aux deux catégories principales d’utilisateurs : d’une part le « rénovateur » changeant sa porte de garage, dont le pouvoir d’achat est rehaussé par le fait d’avoir remboursé le prêt de sa résidence principale, d’autre part le « primo-accédant », aux capacités financières plus limitées, mais en recherche d’une offre de qualité. « L’augmentation des volumes que nous avons engagée rend cette équation possible », précise Emmanuel Lesage, directeur général de Soprofen.
En transformation depuis 2021

L’investissement procurant des capacités nouvelles aura suivi plusieurs étapes. La construction d’un nouveau bâtiment en a donné le coup d’envoi, en septembre 2021, l’immobilier représentant un tiers de l’enveloppe globale. Puis, la ligne de prémontage a été installée en août 2023, dix mois avant l’arrivée d’un « stockeur » automatisant l’acheminement des panneaux vers leur assemblage. Le poste de dépenses le plus important (2,5 millions d’euros), a concerné l’installation d’une ligne de débit et usinage des panneaux, opérationnelle depuis la fin de l'été dernier.
Entretemps, début 2024, compte tenu de ses nouvelles surfaces disponibles, Champagney a intégré une fabrication de stores screens, les écrans de protection solaire qui connaissent une forte expansion. Cette activité complémentaire va intégrer cette année la confection des toiles de tels écrans, constituant la dernière partie de l’investissement.
La société à Champagney, dénommée Soprofen Portes Industrie, réalise un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros, sur le total Soprofen de 169 millions d’euros pour l’exercice 2023-24. Celui-ci a été inférieur au pic de 187 millions d’euros de l’exercice précédent « caractérisé par de fortes commandes », relativise Emmanuel Lesage. Le niveau de l’an dernier correspond à un « palier de référence » qui ne devrait pas être franchi à court terme. Le fabricant de fermetures de 645 salariés avait caressé l’ambition d’atteindre 200 millions d’euros, mais la conjoncture du bâtiment l’incite à la prudence.
Froideconche également modernisée pour les volets roulants

Elle n’entrave pas en tout cas sa volonté de continuer de l’avant, également dans son activité principale les volets roulants, relayée par les protections solaires. Voisine de Champagney, l’usine de Froideconche (200 salariés) en constitue le pôle le plus important de production et lui aussi a bénéficié d’investissements ces dernières années, à hauteur de 6 millions d’euros : ligne de thermolaquage, centre d’usinage, production complémentaire de coffres-tunnels, etc.
Les deux implantations haut-saônois ont ainsi capté une bonne moitié des 26 millions d’euros d’investissements consacrés à Soprofen depuis 2018 par son nouveau propriétaire. Le groupe Bouyer-Leroux (2.000 salariés, chiffre d'affaires annuel de 500 millions d'euros) avait alors acquis l’entreprise auprès de l’Alsacien Atrya (portes et fenêtres Tryba) dans un objectif de diversification vers les fermetures à partir de son activité historique, la brique en terre cuite.

(*) aidé par le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, Bpifrance au titre de France Relance, le département de Haute-Saône et la communauté de communes Rahin et Chérimont.




























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