Le fabricant de menuiseries extérieures consacre 6,5 millions d’euros au doublement de capacité de son usine de Champagney. Il avait déjà modernisé l’unité de volets roulants de Froideconche. Les deux sites, ainsi que le siège de Mertzwiller (Bas-Rhin), bénéficient du plan d’expansion élaboré par le groupe Bouyer Leroux pour l’entreprise qu’il a rachetée en 2018 à Tryba.


Par l’investissement, Soprofen conforte ses fiefs de Haute-Saône. Après 7 millions d’euros injectés dans la modernisation du site de Froideconche spécialisé dans les volets roulants, le fabricant de menuiseries extérieures a engagé l’extension, pour 6,5 millions d’euros, des capacités de l’usine voisine de portes de garage à Champagney. A son entrée en service prévue en janvier prochain, ce programme doit permettre de doubler la production annuelle, pour la faire passer de 120.000 à 240.000 unités, « à l’horizon de trois à quatre ans », précise Emmanuel Lesage, directeur général de Soprofen.

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Les volets roulants constituent le pilier d'activité de l'entreprise dont les usines sont situées en France et en Belgique. © Soprofen


L’entreprise justifie ces ambitions par le « succès » commercial de sa gamme de portes sectionnelles et de portes enroulables fabriquées sur place. Elle installera à Champagney une nouvelle ligne de découpe de panneaux. « La robotisation de l’unité qui caractérise cet investissement va faire passer le site d’un stade encore relativement artisanal à une dimension industrielle », énonce Emmanuel Lesage.

Le dirigeant prévoit également la « poursuite de la hausse des effectifs », ceux-ci étant passés en cinq ans de 35 à 55 salariés. Froideconche, de son côté, a doublé son personnel dans la même période à 200 salariés, ce qui conforte son statut de principale unité du groupe pour les volets roulants en aluminium et PVC de l’entreprise.

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Le duo haut-saônois concentre ainsi plus d’un tiers de l’effectif total de 655 personnes.
Chacune de ses composantes s’inscrit dans la spirale à la hausse de Soprofen. A l'occasion du 40ème anniversaire de l'entreprise, qui est célébré cette année, sa maison-mère Bouyer Leroux lui offre la perspective de franchir le cap des 200 millions d’euros : le chiffre d’affaires consolidé de l’exercice 2022-23 s’est conclu, le 30 septembre dernier, à 187 millions d’euros, « à comparer aux 109 millions de 2018 », souligne Emmanuel Lesage.

 

80 % des produits repensés

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Le fabricant transforme des barres, tôles ou bobines en aluminium et en PVC, ci-dessus à Froideconche. © Soprofen


Le choix de cette année de référence n’est pas fortuit : il y a six ans, Bouyer Leroux, spécialiste des produits de construction en terre cuite, a racheté Soprofen au groupe Atrya/Tryba de portes et fenêtres PVC, pour l’intégrer à son pôle de fermetures pour l’habitat. « Un vaste travail sur l’innovation a été entrepris et a porté ses fruits. Quelque 80 % des produits ont été repensés », rappelle le directeur général. Le processus se poursuit. Depuis quatre ans, il a débouché sur trois nouveautés majeures, dans les volets pour la rénovation, les blocs-baies et les stores. La lutte contre les surchauffes en forme le point commun : « occultation optimale » pour les premiers, technologie de sous-face « en nid d’abeilles » à l’origine de performances thermiques et acoustiques fortement améliorées pour les seconds, et « screens » (écrans de protection) de grande largeur pour les troisièmes.
 

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« La culture des screens commence à se diffuser significativement depuis la Belgique et de l’Europe du Nord vers la France », relève le dirigeant. Le phénomène bénéficie également à Champagney, ses portes de garage vont à leur tour en être équipées, en petite proportion, à hauteur de 4.000 à 5.000 exemplaires annuels.

Les développements exercent aussi leur effet au siège, alsacien, de Soprofen : à Mertzwiller (Bas-Rhn) un des fiefs historiques de Tryba, le nombre de collaborateurs est passé de 85 à 130, de sorte notamment à répondre à la croissance des ventes en ligne.

Le propriétaire du fabricant manifeste ses ambitions de croissance pour les années à venir. L’horizon de Bouyer Leroux en terme de chiffre d’affaires se situe à 750 millions d’euros en 2030, soit 200 millions de plus qu’aujourd’hui. « Soprofen est bien sûr appelée à y apporter toute sa part », assure son directeur général.

 

Plus de 600 salariés en France et en Belgique

Soprofen répartit son activité sur huit sites, hérités de sa première partie d’existence dans le giron du groupe Atrya/Tryba qui avait réalisé notamment deux opérations de croissance externe en Belgique en 2008. Le siège et les services support centraux sont basés à Mertzwiller. La fabrication se déploie à Champagney pour les portes de garage et à Froideconche pour une bonne partie des volets roulants, une production également assurée depuis Marssac-sur-Tarn (Tarn). Les blocs-baies se confectionnent à Lassay-les-Châteaux (Mayenne), tandis que Cholet (Maine-et-Loire) se dédie aux coffres extérieurs et volets pour le secteur du négoce. Charleloi en Wallonie fabrique aussi des volets. L’activité de screen avait démarré à Lokeren, dans la Flandre, qui en demeure le pilier.

Soprofen trouve son premier débouché de clientèle auprès des professionnels revendeurs (menuisiers, poseurs) devant d’autres fabricants et le réseau du négoce professionnel. Froideconche a réalisé à lui seul un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros sur le total de 187 millions de l’exercice écoulé et Champagney a apporté sa part à hauteur de 19 millions d'euros.

 

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