Après le béton, la brique se pare aussi d’un isolant intégré pour améliorer sa performance thermique. L’autrichien Wienerberger la fabrique depuis peu dans son usine de Betschdorf, en Alsace, qui s’est dotée d’une ligne dédiée moyennant un investissement de 3,5 millions d’€. Le fabricant de briques et tuiles est fortement implanté dans l’Est avec cinq usines en Alsace et en Bourgogne-Franche-Comté, et la R&D près de Besançon.

Leader mondial de la brique de construction, l’autrichien Wienerberger persévère dans la modernisation de ses usines alsaciennes. En 2016, il avait rénové, le four de son site d’Achenheim (Bas-Rhin) qui permet la fabrication en terre cuite, moyennant une enveloppe de 5 millions d’€ qui pérennise l’usine pour trois décennies. A présent, c’est l’unité de Betschdorf (Bas-Rhin) qui monte en gamme, en conséquence d’un investissement de 3,5 millions d’€. Réalisé l’an dernier, celui-ci la dote d’une ligne dédiée à la dernière nouveauté en France du groupe : une brique isolante. 


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La brique isolante. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Appelée CLIMAmur, cette brique présente la particularité d’intégrer directement l’isolant, une laine de roche, dans les parois de la brique. « Il n’y a pas d’offre équivalente en France », appuie Gérald Merlin, responsable du développement des briques de Wienerberger France. 
Cette caractéristique conjuguée à une épaisseur (de 30 à 42 centimètres) plus importante que la brique standard procurent au produit des propriétés inédites d’isolation et d’inertie thermique, selon le fabricant.
Sa résistance thermique est multipliée jusqu’à trois par rapport aux gammes de base, et « le traitement thermique est cinq fois meilleur que les exigences de la RT (règlementation thermique) 2012 en vigueur », précise Gérald Merlin. 
Conséquence : « le confort thermique est garanti en toute saison, hiver comme été : nos tests prouvent que la température intérieure reste à 21-22 degrés, quand à l’extérieur elle varie de 16 à 34 degrés », ajoute Gérald Merlin. 

Corollaire de sa sophistication, la CLIMAmur est plus chère que la moyenne, de sorte que son fabricant l’oriente surtout vers des marchés « premium » : logements collectifs et maisons individuelles plutôt haut de gamme, Ehpad (établissements pour personnes âgées dépendantes), écoles, bâtiments pour l’agro-alimentaire…

 

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Robots et découpe par jet d’eau à haute pression

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La matière première provient en partie de la carrière située derrière l'usine de Betschdorf. © Traces Ecrites.

Dans l’usine de Betschdorf, cette étape nouvelle de process consistant en l’injection directe de l’isolant se déroule dans un espace qui n’a pas grand-chose à envier à l’industrie 4.0 : des robots tenus à distance par des portes cadenassés se déploient à toute vitesse pour déposer le produit au moyen de fines aiguilles. La brique y est découpée par un procédé de jet d’eau à haute pression, « une technologie inédite pour nous », relève Franck Gervasio, le directeur du site. 

La brique est quant à elle produite dans la partie plus ancienne du site, selon les techniques qui plongent dans l’histoire. Sa matière première provient de deux sources : «  le loess est extrait de la carrière située directement à l’arrière de l’usine, tandis que la marne provient de Lixhausen, à 40 km à l’ouest », décrit Franck Gervasio. 
La commercialisation de la CLIMAmur, qui a débuté, doit monter en puissance à partir de ce printemps. De 9.000 tonnes par an, sa cadence de production entend ainsi passer à 20.000 tonnes dans « quelques années », indique Wienerberger.

 

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A Betschdorf, la nouvelle brique s’ajoute à la fabrication de produits traditionnels, de sorte que le site ne chôme pas : « Nous produisons désormais à notre pleine capacité de 175.000 tonnes annuelles », indique Franck Gervasio.
 Le lancement de la nouveauté a également généré une légère hausse des effectifs, avec sept recrutements effectués ou en cours. Betschdorf emploie 70 salariés, sur les 800 de Wienerberger en France qui sont surtout répartis dans huit usines (voir encadré).
Né au pays de la terre cuite, dans la commune capitale de la poterie d’Alsace, le site de Betschdorf perpétue ainsi une tradition qui remonte à 400 ans, et à la fin du XIXème siècle pour sa traduction à une échelle industrielle.

Huit usines et la R&D en Franche-Comté

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Franck Gervasio dirige le site de Betschdorf. © Wienerberger
Premier briquetier mondial et leader européen de la tuile, Wienerberger peut revendiquer une longue tradition de présence en France, héritée notamment de rachats (sociétés Sturm, Migeon…). Il compte 801 salariés et y a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 181 millions d’€, dont 9 % à l’export. La nouvelle CLIMAmur vise d’ailleurs aussi l’Allemagne.
Le maillage industriel de Wienerberger en France passe par huit usines de briques de structure, de tuiles et de briques apparentes de façade. Elles sont situées dans le Bas-Rhin (Achenheim, Betschdorf ainsi que Seltz pour les tuiles), dans l’Ain, le Maine-et-Loire et le Nord.
La Bourgogne-Franche-Comté en abrite deux autres : Lantenne-Vertière (Doubs) fabrique sous la marque Koramic des tuiles d’emboîtement mécanique tandis que l’usine Aléonard à Pontigny (Yonne) est la spécialiste des tuiles plates pour monuments historiques.
Et c’est à côté de Besançon, à Franois, que le fabricant autrichien a implanté son centre de R&D français. « Il est à l’origine ou est associé à nos différentes innovations pour le marché de l’Hexagone », souligne Francis Lagier, président de Wienerberger France.

 

 


 

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