Le chiffre d’affaires de la société régionale de financement de l’immobilier d’entreprise a progressé en 2025 en dépit de la conjoncture défavorable. Cette croissance a été tirée par le crédit-bail, reflet d’investissements industriels toujours vivaces dans l’immobilier, au moins pour prendre date vers un avenir plus radieux.
Sous le prisme de Batifranc, l’économie de Bourgogne-Franche-Comté fait plutôt de la résistance. L’an dernier, les entreprises qui avaient sollicité un crédit-bail auprès de la société régionale de financement de l’immobilier professionnel ont tenu leurs engagements l’an dernier. Cette activité, socle historique de Batifranc, lui a procuré un chiffre d’affaires de l’ordre de 9 millions d’euros, soit près d’un million de plus qu’en 2024.
Le nombre de dossiers a été légèrement inférieur, 10 au lieu de 12, « mais les montants unitaires ont été plus importants » pour représenter un total de financements de 17,8 millions d’euros, rapporte le directeur général, Hubert Cusenier. « Ils résultent de prises de décisions opérées en 2023 et 2024, ce qui signifie que la conjoncture plus compliquée de l’an dernier n’a pas entraîné leur remise en cause », ajoute-t-il.
L’analyse demande cependant d’introduire un soupçon de subtilité, ce à quoi le responsable de la société à capitaux pivés et publics invite pour nuancer le tableau. Selon les observations d’Hubert Cusenier, les entrepreneurs sont bien allés au bout de leur projet immobilier, mais avant tout du fait que les contraintes de la démarche sont telles qu’il ne s’agit pas de faire machine arrière, quelles que soient les circonstances. La mise en route d’un investissement industriel consécutif n’a pas été systématique. « Le foncier devenant précieux, une fois qu’on l’a identifié, on va au bout des procédures pour l’acquérir. D’autre part, quand des acomptes sont versés pour l’acquisition des machines, le fournisseur pousse à leur livraison. Le fait de disposer du bâtiment pour les accueillir est alors pertinent, quitte à laisser ces équipements inactifs quelques temps, dans l’attente de jours meilleurs », expose le dirigeant de Batifranc.
Dans ce climat rempli d’incertitudes, les secteurs du luxe « haut de gamme », du ferroviaire « pour la construction mais aussi le rétrofit de matériels », de la santé-biotech ou encore du nucléaire sont restés les plus porteurs. Ils ont été rejoints par « les commandes qui commencent à parvenir de la défense » et par des réussites ciblées dans l’aéronautique, selon Hubert Cusenier.
En sens inverse, les restructurations dans des industries traditionnelles comme l’automobile auraient pu faire arriver des dossiers de friches sur les bureaux du directeur général et de ses 17 collaborateurs et collaboratrices (dont deux alternants). « Mais tel n’a pas été le cas », signale-t-il.
Stabilité de la location simple

« Outil traditionnellement tourné vers des grands comptes, le crédit-bail immobilier est totalement ouvert aujourd’hui aux TPE et PME. Il a constitué l’outil parfaitement pertinent pour un financement de 350.000 euros d’une boulangerie dans le Jura l’an dernier, par exemple. Exclure cette option des études de financement serait une erreur. Et notre travail avec les banques régionales développe chez elles le réflexe de nous interroger, outre leurs propres filiales spécialisées », se réjouit Hubert Cusenier. En conséquence, « le nombre de nos prospects augmente, de 30 % en ce début d’année, et nous avons bon espoir que ceux-ci prennent encore leurs décisions en 2026, sans tergiverser outre mesure. .
Au total des métiers de la société régionale de financement immobilier (*), son chiffre d’affaires s’élève à 13,5 millions d’euros pour l’exercice 2025. Second pilier de Batifranc, la location de surfaces détenues directement (en « compte propre ») est parvenue à rester stable malgré la crise. Les 60.000 m2 répartis dans 30 bâtiments ont généré comme les années précédentes un cumul de loyers d’environ 4 millions d’euros. « Le taux d’occupation de notre patrimoine en propre se maintient dans sa fourchette élevée de 85 à 90 % », indique Hubert Cusenier. La performance est effectivement notable compte tenu de la variété du profil et de la localisation de ses actifs, loin d’être seulement des immeubles neufs de bureaux en agglomérations.
Le « fleuron », au demeurant, se range dans cette catégorie puisqu’il s’agit du bâtiment « Pepper » à Dijon. A sa livraison à la mi-2024, il était rempli au tiers de ses 5.000 m2, « Aujourd’hui, la proportion est passée à deux-tiers. On continue d’aller de l’avant », commente Hubert Cusenier. La labellisation internationale en développement durable Breeam au niveau Very Good contribue à l’attractivité de l’immeuble auprès des candidats locataires.
(*) capital de 35,4 millions d’euros, détenu à près de 42,9 % par les collectivités locales en premier lieu la région Bourgogne-Franche-Comté, à 54,6 % par les établissements de crédits et à 2,5 % par les chambres consulaires.
















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