Malgré un contexte économique compliqué, la banque régionale affiche des résultats en progression qui l’amènent à bâtir un plan de conquête de nouveaux clients, à partir d’un réseau d’agences maintenu et renforcé.
Une agence bancaire affublée du logo +X blanc sur fond bleu ouvrira ses portes en 2023 à Pont d’Ain, commune de 2.800 habitants à 25 kilomètres de Bourg-en-Bresse (Ain). Située à la périphérie du territoire d’intervention de la Banque populaire Bourgogne-Franche-Comté et des Pays de l’Ain, elle incarne la conviction de l’établissement régional que l’avenir de la banque continue à se jouer dans le contact direct, malgré la progression de la banque en ligne ces dernières années.
Pour Jean-Paul Julia, directeur général, « la monnaie génère un lien social très fort, c’est de la confiance, qui est indispensable ». Le dirigeant dit ne pas croire en la cryptomonnaie « qui enlève tout rapport humain ». Dès lors, le maintien du réseau de 180 agences figure au premier rang du plan de développement pluriannuel que la Banque populaire Bourgogne-Franche-Comté (BPBFC) a présenté ce mardi à son siège de Dijon (Côte-d’Or).
Sur ce socle géographique, elle compte partir à la conquête de nouveaux clients : de 680.000 aujourd’hui, dont 96.000 entreprises, ce nombre entend passer à 720.000 à court terme.
Une filière pour l’agriculture

Il plaide au contraire pour le renforcement des relations de proximité pour les établissements bancaires. © Sabrina Dolidze
S’agissant des professionnels, une partie de cette activité supplémentaire devrait venir du secteur agricole. La BPBFC annonce la création d’une filière qui lui est dédiée avec pour objectif de compter un conseiller pour l’accompagnement de 35 clients. Elle souhaite financer les jeunes agriculteurs par des enveloppes bonifiées, même si cette offre n’est pas rentable pour elle, à court terme tout du moins.
Excepté les jeunes particuliers (développement des prêts étudiants à taux zéro) et les exploitants agricoles, la BPBFC n’oriente pas davantage ses intentions vers des publics cibles spécifiques mais assume le profil généraliste de son portefeuille de clientèle : artisans, commerçants, PME, particuliers, collectivités, associations…
La première esquisse du bilan financier de l’exercice 2022, exposée ce mardi, valide le modèle de la filiale régionale du groupe BPCE : elle affiche un produit net bancaire de 419 millions d’€, en croissance de 6,1 % sur un an, pour un résultat net de 86 millions d’€ « qui progresse encore plus vite ». Son taux de solvabilité grimpe à 19,3 % soit près du double du minimum requis de 10,5 %. Les encours de crédits ont également augmenté, de 10 % pour s’établir à 17,6 milliards d’€ et le montant des projets financés dans la région s’est établi à 4,3 milliards d’€ en 2022.
Réinjecter de l’argent dans les forêts
La banque entend réinjecter une partie de ses profits dans le soutien aux projets de territoire. Outre la culture et le sport qui font l’objet de mécénats, elle soutient les forêts de la région. En 2021, un projet a démarré autour de la plantation de 2.000 arbres dans le cadre d’un programme de préservation des forêts dans la Nièvre. Il s’est poursuivi en 2022 dans le Jura. Cette année, il est prévu que le soutien s’étende au territoire forestier de la Haute-Saône. Le travail de restauration se déroule en lien avec Reforest’action, entreprise française titulaire de la certification B Corp accordée aux entreprises à exigences sociales et environnementales; qui développe des actions de crowdplanting (appel aux internautes pour inciter les entreprises à la plantation d'arbres).
Cet investissement pour l’environnement s’accompagne d’autres aides telles que la végétalisation de la Citadelle de Besançon (création de jardins). Il se traduit par une enveloppe de 15 millions d’€ consacrée sur 5 ans aux forêts locales. La Banque populaire affiche également l’intention, restant à préciser dans le courant de l’année, de soutenir la filière forestière de la région en difficulté.




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