La PME lorraine Sarplast Industrie sécurise son activité grâce à un contrat dedouze ans avec Renault dont elle équipe l’utilitaire Master assemblé à une centaine de kilomètres de son site de Sarreguemines (Moselle). Elle est engagé dans un programme d'investissement de modernisation de 4,5 millions d'euros. Sa situation frontalière de l’Allemagne l’incite à rechercher aussi des diversifications outre-Rhin.


Le nouvel utilitaire Renault Master entraîne dans son sillage Sarplast Industrie à Sarreguemines, en Moselle. L’entreprise de plasturgie fabrique en effet la totalité des baguettes latérales de protection de ce fourgon, assemblé à 100 km de ses bases, à Batilly (Meurthe-et-Moselle) dans l’établissement Sovab du constructeur français.

Celui-ci a récemment renouvelé pour 12 ans son contrat avec la PME mosellane de 90 salariés (chiffre d’affaires de 17 millions d’euros en 2023), afin d’équiper la dernière version du véhicule, élue « Fourgon de l’année 2025 » à l’occasion du salon IAA Transportation de Hanovre en Allemagne en septembre dernier. « Ce marché nous donne davantage de visibilité par comparaison à un autre similaire pour un véhicule de tourisme, dont la durée ne dépasse pas sept ans. Le Master est par ailleurs bien positionné commercialement, avec 150.000 exemplaires vendus par an », se félicite Christian Guindon, le président de Sarplast.

 

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Cette collaboration rappelle les vertus de la proximité géographique entre clients et fournisseurs, à l’heure de la mondialisation et des portails dématérialisés des constructeurs automobiles sur lesquels les sous-traitants déposent leurs offres. Le plasturgiste mosellan reconnaît que son profil reste atypique dans le panel des fournisseurs de Renault. « Nous avons été retenus en raison de notre capacité à livrer le bon produit au bon moment, soit une vingtaine de pièces par véhicule en moyenne », poursuit le dirigeant.

 

Une amplitude de machines peu commune

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L'usine Sarplast Industrie est située à Sarreguemines (Moselle) en bordure de la frontière allemande. © Sarplast Industrie


L’entreprise réalise 40 % de son chiffre d’affaires dans le secteur automobile
. Cette situation l’incite à rechercher des opportunités de diversification. Or du fait de sa situation frontalière, Sarreguemines constitue une porte d’entrée toute trouvée vers le marché allemand.

A destination de celui-ci, Sarplast met en avant la grande diversité de son parc de presses à injection : des machines dont la force de fermeture démarre à 50 tonnes pour monter jusqu’à 1.800 tonnes. Peu commune, cette amplitude permet de produire une large palette de dimensions, de quelques grammes à plusieurs kilos.

Entrer sur le marché aéronautique fait ainsi partie des réflexions du dirigeant. Sarplast en a la capacité, assure-t-il, « mais cette perspective exige de lourds investissements en vue d’obtenir les homologations ». La PME a eu dernièrement un aperçu de l’ampleur d’un tel défi, en tentant de se positionner sur le marché du ferroviaire...

 

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L’optimisation et la robotisation de ses procédés ont connu un coup d’accélérateur à la faveur d’un programme d’investissement quinquennal de 4,5 millions d’euros qui s’achève l’an prochain. Le Plan de relance automobile piloté par Bpifrance l’a abondé à hauteur de 1,3 million d’euros d’aides, ainsi que la société régionale de financement Sodiv via un prêt participatif de 250.000 euros.

L’entreprise lance d’ores et déjà un nouveau projet, en vue de décarboner son site et réduire ses déchets. Elle le démarre par la réalisation de son bilan carbone cet automne.

La conjoncture inquiète le dirigeant du plasturgiste engagé dans un plan de continuation sur dix ans suite à un redressement judiciaire en 2019. « La France et l’Europe continuent de subir les conséquences de la désindustrialisation, comme en témoignent les licenciements chez Michelin et l'équipementier automobile allemand ZF ou encore chez notre concurrent français Plastivaloire », relève Christian Guindon. A la fermeture du site voisin de Creutzwald (Moselle) de cette dernière entreprise en 2023, Sarplast a pu réembaucher plusieurs salariés. Mais « sur le plan industriel, cette disparition n’est pas du tout saine pour notre secteur », déplore son dirigeant. 

 

Qui est Christian Guindon ?
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Christian Guindon, président de Sarplast Industrie. © Sarplast Industrie

Ce Nantais d’origine a migré à l’Est afin de concrétiser son rêve de reprendre une PME industrielle. Après onze ans de carrière au sein du géant verrier AGC à Bruxelles, Christian Guindon a saisi l’opportunité de reprendre Sarplast Industrie. « J’ai négocié mon départ avec AGC et je suis parti en quête d’un dossier de reprise. Cela m’a pris deux ans. En effet, il n’était pas envisageable pour moi de racheter une société à la barre d'un tribunal. De plus, n’étant pas technicien de formation, je recherchais une entreprise d’une certaine taille dans laquelle je puisse être bien entouré », détaille le diplômé d’une école de commerce.

Entrepreneur dans l’âme, il a finalement jeté son dévolu sur Sarplast, une entreprise née en 2000 et dont le fondateur souhaitait prendre sa retraite. Après avoir fait le tour des fonds parisiens, Christian Guindon a racheté la société avec l’appui d’UI investissement dont il a acquis les parts en 2021.

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