Sur 1,7 milliard d’€ du plan France relance en Bourgogne-Franche-Comté, 205 millions d’€ ont financé 721 projets d’investissements dans les entreprises. Les plus gros chèques reviennent à des projets de modernisation des outils de production dans des secteurs mis à mal par le confinement, dont l’automobile et l’aéronautique, mais pas que...


Le vendredi 3 septembre 2020, un an jour pour jour après la présentation par le Premier ministre du plan France relance pour favoriser le redémarrage de l’économie après le premier épisode de crise de la Covid-19, le préfet de région Bourgogne-Franche-Comté, Fabien Sudry, fait les comptes. Sur les 100 milliards d’€ budgétisés au plan national, 1,7 milliard d’€ ont été dépensés dans la région pour financer des projets d’entreprises et de collectivités locales, et un volet social pour soutenir les personnes écartées du marché de l’emploi.



businessindustriesdeux


« Jamais l’Etat n’aura engagé en si peu de temps, autant de moyens », commente le préfet qui se félicite d’un « pari tenu ».  Un an après, il livre des indicateurs au beau fixe : un taux de chômage revenu au niveau d’avant crise, particulièrement favorable en Bourgogne-Franche-Comté avec ses 6,8%, inférieurs au national (8%), « peu de défaillances d’entreprises » et des offres d’emplois en hausse, supérieures en nombre à 2019.

Ce qu’il faut retenir d’un pensum de chiffres répartis entre les différents dispositifs dédiés aux entreprises : territoires d’Industrie, « résilence-relocalisation », industrie du futur etc., c’est une somme de 205 millions d’€ de subventions accordées à 721 projets industriels. Sans compter le secteur de la santé, traité à part, et la baisse des impôts de production accordée  à près de 30.000 entreprises, ce qui représente pour elles une économie de 355 millions d’€. Des entreprises de toutes tailles – grosses comme Alstom Transport, plus de 200 salariés à Ornans (Doubs) ou petites comme Cita Production, une soixante de salariés en Côte-d’Or, ont bénéficié d’un taux de subvention inégalé par rapport aux dispositifs classiques pratiqués avant crise. Et les services de l’Etat ont été particulièrement attentifs à ce que les subventions soient réparties dans tous les départements. 


Un programme complémentaire présenté sous peu par le gouvernement

diager
Diager a bénéficié de 800.000 € du plan de relance, mobilisés dans le cadre du fonds national « Aéronautique », pour son activité d’outils coupants, l’une des deux de l’industriel jurassien connu pour ses forets professionnels. © Diager

 

Les plus gros chèques ont financé la modernisation des outils de production dans des secteurs mis à mal par le confinement dont l’automobile et l’aéronautique (plus d’un tiers), mais pas que. Le plus souvent, les subventions soutiennent sur une augmentation de la capacité de production, la modernisation des machines, ou une réorganisation pour diversifier la clientèle. Constaté au moment du premier confinement, au printemps 2020, lorsque la circulation des marchandises était handicapée par la pandémie, la relocalisation des productions industrielles « pour renforcer la souveraineté française » a concerné 21 projets pour 31,4 millions d’€. A l’instar de Immunodiagnostic Systems (IDS), l’un des deux fabricants d’automates d’analyse médicale en France.


Le déploiement massif de moyens a aussi été favorable aux projets de décarbonation des procédés industriels, comme ont pu le faire quelques entreprises de la plasturgie citées par la directrice régionale de l’Ademe, Blandine Aubert. « Une petite révolution »  commente t-elle en citant des projets comme celui de Verchère Plastiques Industriels (VPI) dans le Jura, qui intègre désormais 30% de plastique recyclé dans ses emballages destinés aux cosmétiques.



ridy


Que les chefs d’entreprises qui n’avaient pas encore mûri un projet gardent espoir. L’instruction des dossiers n’est pas bouclé, le plan France relance étant actif jusqu’à 2022. Et dans une quinzaine de jours, le gouvernement présentera un programme complémentaire destiné cette fois aux secteurs dits « stratégiques », notamment pour la Bourgogne-Franche-Comté: l’hydrogène, le véhicule du futur et la santé.

Sont également prévus des appels à projets thématiques et, pour les entreprises innovantes, toujours le programme d’Investissement d’Avenir (PIA). Sinon, le régime avant-Covid des aides sera appliqué.

idsphoto
IDS à Pouilly-en-Auxois (Coîte-d’Or) réorganise ses deux lignes de production d’automates d’analyse médicale en adoptant les principes du juste à temps. © Arnaud Morel



Relire les articles Traces Ecrites News sur les entreprises de Bourgogne-Franche-Comté, bénéficiaires du plan de relance

Plan de relance : Bpifrance fait l’état des lieux en Bourgogne-Franche-Comté

L’investissement de 12 millions d’euros qu’achève Diager, dans le Jura, éclaire une démarche de Responsabilité Sociétale de l'Entreprise

Le menuisier jurassien Marotte s’automatise et s’agrandit pour plus de 3 millions d'euros d'investissement

Le Jurassien Mahytec fait de l’hydrogène l’essence même de tous ses développements

A Belfort, Avions Mauboussin étudie un avion à décollage court propulsé par l’hydrogène

Dans le Territoire de Belfort, M-Plus fait le plein de nouvelles énergies

H2SYS lève 5 millions d’euros pour industrialiser son groupe électrogène à l’hydrogène à Belfort

Le Jurassien Mahytec fait de l'hydrogene l'essence même de tous ses developpements

Commentez !

Combien font "9 plus 6" ?