Le transformateur d'arbres feuillus, une relative originalité dans le massif vosgien dominé par les résineux, a été transmis récemment par le fils du fondateur à Yves Tevonian, nouveau venu dans l'univers du bois. Pour accompagner cette reprise et préparer le terrain aux investissements de modernisation, la scierie de Réguisheim (Haut-Rhin) a bénéficié des concours de la société de financement régionale Sodiv. Celle-ci se dirige vers un bilan en croissance en 2024.


Il n’y pas que le sapin et l’épicéa qui se scient dans le massif vosgien. On y travaille également des feuillus. En la matière, la scierie Mallo Bois à Réguisheim (Haut-Rhin) se revendique comme l’un de ses principaux transformateurs locaux. Elle a changé de propriétaire ce printemps. Nouvelle étape d’un parcours éclectique qui a mené ce quinquagénaire de l'industrie graphique aux télécommunications puis au conseil,  Yves Tevonian a pris la suite de Marc Mallo, le fils du fondateur en 1966.

Avec son outil de production, Mallo Bois livre des produits finis ou semi-finis à des industriels ainsi qu'à des réseaux de grossistes. De ses ateliers sortent des planches, des prédébits et des panneaux qui se veulent positionnés haut de gamme, « car notre procédé en plusieurs étapes vise à aller chercher la partie la plus noble du bois qui nous parvient », souligne Yves Tevonian. Les grumes, constituées en premier lieu de frêne et de chêne, sont tronçonnées, sciées, selon le cas séchées ou pas, puis délignées (coupées dans le sens de la longueur) de façon à former des planches puis les panneaux. « Nous expédions 80 % des volumes à l’export, majoritairement en Europe. Nous créons de la valeur en France et évitons la fuite des bois bruts plus loin dans le monde comme c'est malheureusement et trop souvent le cas », assure Yves Tevonian.

 

(6) SALON BE 5.0 2024

 

La PME emploie 20 salariés en équivalents temps-plein et son chiffre d’affaires annuel oscille « entre 3 et 5 milions d’euros. » Elle s’engage dans un programme d’investissement de « plusieurs millions d’euros », présenté par Yves Tevonian comme la réponse aux besoins d’ « améliorer l’environnement de travail et la productivité » et de gagner en automatisation, « aussi par le fait que le recrutement de nouvelle main d’œuvre reste une tâche difficile ».

Pour soutenir ses projets, le président de Mallo Bois s’est tourné avec succès vers plusieurs sources (région Grand Est, Bpifrance, banques…) dont Sodiv. La société régionale publique-privée de financement des TPE et PME a contribué au montage de l’opération de reprise en accordant un prêt participatif.

La référence Mallo Bois demeure une exception dans le bilan provisoire 2024 de Sodiv : à fin juillet, les créations ou transmissions représentaient 5 de ses 42 dossiers déjà acceptés dans le Grand Est, la grande majorité résultant, dès lors, d’extensions et modernisations. Ces concours accordés participent à la création de 433 emplois.

 

L'équivalent de 2023 presque déjà réalisé

sarplast
Si les dossiers de Sodiv se situent très majoritairement (80 %) en Alsace où la société est née et compte ses deux bureaux principaux de Mulhouse et Strasbourg-Illkirch, la Lorraine pilotée depuis Metz se fait également une place dans son bilan. Ainsi, la société de financement a accordé un prêt participatif à Sarplast Industrie, un transformateur de pièces plastiques techniques pour l’automobile à Sarreguemines (Moselle). Les 250.000 euros de prêt participatif, remis en juin par la PDG Christine Meyer-Forrler, vont soutenir la modernisation de la PME induite par le marché qu’elle a remporté auprès de Renault-Sovab pour le véhicule successeur du Master. L’entreprise de 89 salariés, engagée dans un plan décennal de continuation suite à un redressement judiciaire en 2019, compte accompagner ce développement de l’embauche de 9 emplois d'ici 2026. © Sodiv.


Sur la plupart de ces indicateurs, 2024 laisse présager une croissance par rapport à 2023, dans la mesure où le nombre de dossiers de l’ensemble de l'année dernière s’est situé à 47, pour un cumul de 5,5 millions d’euros décaissés (contre déjà 4,6 millions d’euros de janvier à juillet 2024) et la création nette de 618 emplois. « Ce dernier chiffre a été particulièrement élevé, rapporté au nombre de dossiers qui, lui, s’est situé dans le rythme des exercices précédents », relève Christine Meyer-Forrler, présidente-directrice générale de Sodiv.

Les concours de la société peuvent se ranger, peu ou prou, dans la catégorie des interventions en quasi-fonds propres. Ils prennent la forme de prêts participatifs - au taux de 5 % que la PDG estime toujours compétitifs car « tout compris » et relatifs à des emprunts « qui souvent, débloquent les autres » - d’emprunts obligataires en haut de bilan « Oraces » ou de prêts dans le cadre de conventions de revitalisation de bassins d’emplois que financent les groupes à l’origine d’un plan social local. Un « héritage » de son savoir-faire originel d’accompagnement de la reconversion du bassin potassique du Sud-Alsace, il y a bientôt 40 ans : l’anniversaire sera célébré le 17 décembre 2024.

La dynamique observée traduit plutôt une bonne santé des entreprises, « toutefois, leur trésorerie constitue un point de vigilance. Nous n’affrontons pas un mur de faillites, mais les défaillances sont revenues à leur niveau d’avant-Covid », observe Christine Meyer-Forrler.

Sodiv se dote des moyens de suivre sa cadence soutenue. Elle va doubler ses capitaux propres situés aujourd’hui à 14 millions d’euros, dont un capital social de 10,6 millions d’euros. L’augmentation se déroule en trois tiers, répartis entre juillet dernier et courant 2025. Elle confirmera le statut d’actionnnaire de référence de la région Grand Est, proche de 50 %, suivi du groupe EDF via sa société d’investissement Safidi, des banques Caisse d’épargne Grand Est Europe et Crédit agricole Alsace- Vosges et de la CCI Alsace Eurométropole.

 

ui investissement

Commentez !

Combien font "1 plus 5" ?