Initié en octobre 2022, l’ambitieux projet de la métropole dijonnaise de transformer l’ensemble d’habitat social Fontaine-d’Ouche en un quartier à énergie positive engendre ses premiers résultats. Mais il ne permet pas encore de tirer des enseignements généralisables à l’ensemble du territoire.


La « plus grande opération urbaine d’auto-consommation collective d’énergie de France et le premier quartier rénové à énergie positive » : sous ce titre ambitieux, la métropole de Dijon inaugurait officiellement, ce vendredi 23 mai, sa contribution au programme européen « Response », en y conviant la presse nationale.

Le contenu, il est vrai, est d’importance et novateur : concentrer, sur un quartier d’habitat social, celui de Fontaine-d’Ouche, de nombreuses technologies et innovations afin de transformer celui-ci en un quartier à énergie positive, c’est-à-dire produisant plus d’énergie qu’il n’en consomme. « L’écologie doit bénéficier aux quartiers populaires et répondre aux défis que pose l’adaptation des immeubles des années 1970 qui en constituent souvent la trame. C’est un choix politique fort de la part de la ville », estime Nathalie Koenders, maire de Dijon.

L’opération, menée en lien étroit avec EDF et une cinquantaine d’autres partenaires, est l’une des deux lauréates du programme européen acronyme de  son appellation anglophone « integRatEd Solutions for POsitive eNergy and reSilient CitiEs. ». Elle a mobilisé un financement particulièrement conséquent, de l’ordre de 36 millions d’euros dont 13,7 millions apportés par Dijon métropole, 16,7 millions d’euros par deux bailleurs sociaux (Grand Dijon Habitat et Orvitis l’office public départemental de Côte-d’Or) et 6,2 millions de subventions communautaires. Initiée en 2020, lancée effectivement en octobre 2022, elle promettait alors deux années d’expérimentations, qui sont donc parvenues à leur terme.

 

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Quel bilan en tirer alors ? Pour l’heure, Response permet de transformer deux îlots de Fontaine-d’Ouche, mêlant bâtiments publics et logements sociaux, en des espaces à énergie positive, dans la mesure où ils produisent 114 % de leur consommation. Ils regroupent 1.100 habitants, soit un peu plus d’un dixième de la population du morceau de ville de 10.000 résidents sur 55 hectares. De fait, à ce stade, c’est donc une fraction du quartier qui devient à énergie positive, et pas son ensemble, comme le laisse entendre la communication appuyée de la collectivité locale.

Pour parvenir à ce résultat, une conjonction de nombreux dispositifs sont mobilisés. D’abord près de 10.000 m2 de panneaux solaires bifaces, capables de capter l’albédo (l’énergie solaire réfléchie par le sol), ont été installés sur le toit des groupes scolaires Buffon et Anjou, sur des ombrières de parking et sur le toit des bâtiments d’habitation. Au nombre de 4.559, ils représentent une puissance théorique d’un peu moins de 2 MWc (mégawatts-crête). Ensuite vient le raccordement des bâtiments au réseau de chaleur urbain, alimenté à 75 % par des ressources renouvelables.

L’isolation des immeubles a également constitué l’un des postes importants de l’opération avec, en outre, l’utilisation de dispositifs « intelligents » d’optimisation de la consommation des logements : thermostat intelligent, capteur de détection de l’ouverture des fenêtres, capteur de présence ont, par exemple, été installés dans les 618 appartements des  habitants adhérents au dispositif Response. Au total, les émissions de C02 des îlots concernés se réduisent de 75 % et l’économie d’énergie par logement atteint 30 %, une performance proche de l’objectif à terme de 38 %. Les économies sur le plan financier se situent entre 45 et 80 euros mensuels. Elles étaient initialement estimées, au lancement du projet, à 400 euros.

 

Un stockage pour les pics de consommation

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Le projet repose notamment sur l'implantation de plus de 4.000 panneaux solaires, sur des toits de bâtiments et en ombrières de parking. © Arnaud Morel

 

L’aspect le plus innovant du projet Response se situe pourtant ailleurs. Outre les outils de pilotage numériques développés par EDF (voir encadré), le projet déploie des capacités de stockage de l’énergie produite par les panneaux, de façon à lisser le différentiel existant toujours entre les moments de production solaire et les pics de consommation, situés en soirée notamment. Et aussi de limiter les risques de black-out en cas de surproduction des installations renouvelables comme ce fut le cas récemment en Espagne.

Sur ce sujet, Response n’apporte pas encore de… réponse. Trois voies d’utilisation sont testées : les batteries de voiture recyclées, des batteries de dernière génération neuves, et des cumuls électriques pour stocker l’énergie sous forme d’eau chaude. Mais, à ce stade, les équipes en charge du projet ne donnent aucune autre précision comme la capacité de charge globale de ces stockages, ou l’efficience financière de leur installation. « Nous avons besoin d’une seconde année de fonctionnement à plein régime pour pouvoir tirer tous les enseignements sur ce sujet. Nous voulons, notamment, voir comment ces différents systèmes de stockage se comportent dans le temps », avance Jean-Patrick Masson, vice-président de Dijon Métropole en charge de la transition écologique.

 

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Response constitue, il est vrai, un programme réellement ambitieux et notablement complexe, comme le sont toutes les questions environnementales. Il implique de nombreuses opérations croisées et de multiples dispositifs techniques, qui rendent difficiles d’individualiser les apports précis de chacun d’entre eux.

 

Des outils numériques de pointe développés par EDF

Partenaire majeur de Response, le groupe EDF a développé pour l’occasion un système de pilotage numérique à l’échelle du quartier, un EMS (Energy Management System) que les stratèges en communication ont rebaptisé « Super-EMS. » « C’est le centre nerveux du projet. Il est capable de gérer tous les flux d’énergie, et d’équilibrer la production avec la consommation et le stockage », détaille Xavier Ursat, directeur exécutif du groupe EDF en charge de la stratégie, des technologies et de l’innovation.
L’énergéticien français a également déployé un second logiciel innovant, afin de mesurer avec précision les flux énergétiques, et d’être en mesure d’estimer avec précision les gains des différents dispositifs déployés par Response.

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