A l’occasion d’une réunion du Conseil d’administration de l’Agence économique régionale (AER) de Bourgogne Franche-Comté qui a porté à sa présidence Arnaud Marthey, la PME bisontine Cryla a ouvert ses portes de son univers de l’usinage et de la découpe. Celui-ci s’étend à des applications variées, à partir de l’expertise d’origine dans l’horlogerie.

Quel est le point commun entre un cockpit d’avion, un moteur de missile et une montre Lip ? Cryla à Besançon. L’entreprise produit des composants, des outillages et des sous-ensembles techniques, qui se retrouvent dans des applications variées. Elle a vu le jour dans le savoir-faire horloger en 1951, avant de se diversifier.

Devenu un groupe familial, Cryla est aujourd'hui composé de son entité initiale, implantée sur le pôle Temis bisontin, et de trois autres sociétés : Serode et Merey à Pirey en périphérie de la cité comtoise, ainsi que Beaichek, à Zaghouan en Tunisie. Soit un effectif de 137 salariés, dont 80 chez Cryla Besançon.  

 

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Sa principale spécificité, le groupe la formule ainsi : « la combinaison de technologies. »  « Nous faisons aussi bien de l’usinage, que de la découpe, de la micro-injection, de l’assemblage, ou encore de la soudure », liste Bernard Schmidt, directeur général du site bisontin. La réunion des compétences multiples rend possible la fabrication de pièces complexes, de la taille micro à la moyenne dimension.

Cette extrême précision est recherchée dans différents secteurs, que le groupe a investis au fil des années, en premier lieu le trio aéronautique-spatial-défense qui représentait la moitié du chiffre d’affaires du groupe en 2024. « Sur un avion, on peut dénombrer jusqu'à 60.000 pièces qui viennent de chez Cryla, affirme fièrement Thierry Bisiaux, président-directeur général du groupe. Nos productions se retrouvent également dans les lanceurs d’Ariane 6. »

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L'entreprise développe des procédés multiples, dont le décolletage et l'usinage, ici pour une montre Lip. © Laurent Cheviet

 

Depuis cette année, Cryla est également parvenu à ajouter Dassault à son portefeuille de clients. Et à travers ses filiales, le groupe travaille également avec des leaders des dispositifs médicaux, de l’industrie générale, des transports, de l’énergie, ou encore du luxe, tout en restant présent dans l’horlogerie, mais aussi la maroquinerie et la joaillerie. « Nous sommes implantés dans toute une série de marchés de niche, car peu d’entreprises sont capables de marier ainsi les technologies », complète Bernard Schmidt.    

L'effet Covid effacé sur le chiffre d'affaires 

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Le développement de la robotique représente un défi qui est relevé par l'appel à des compétences internes et externes. © Laurent Cheviet

 

Avec un chiffre d’affaires situé à 17,9 millions d’euros l’an dernier dont 20 % à l’export, le groupe Cryla a rattrapé son niveau d’activité d’avant 2020, après une forte baisse liée à la crise sanitaire. Parmi les défis qu’il doit relever aujourd'hui, le développement de la robotisation et de l’intelligence artificielle figurent en tête. « Cela implique une montée en compétences en interne, mais nous avons aussi besoin de nous faire accompagner par des expertises extérieures », souligne Thierry Bisiaux.

Du côté des recrutements, la situation a été tendue ces dernières années mais s’est améliorée depuis. « Certains postes requérant des compétences plus pointues peuvent prendre plus de temps à être pourvus, ajoute Bernard Schmidt, citant par exemple celui de régleur sur presse. L’entreprise mise notamment sur l’alternance pour former ses futurs collaborateurs et collaboratrices.  

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Thierry Bisiaux est le P-dg du groupe constitué à partir de la société Cryla dont il a fait partie des repreneurs en 2009. © Laurent Cheviet

 

Habituée à évoluer au gré des commandes des clients, Cryla investit régulièrement dans l’acquisition de nouvelles machines. Le site bisontin prévoit d’aménager d’autres espaces, et notamment ses sous-sols, dans le but d’étendre ses surfaces pour l’usinage, qui pourraient jusqu’à doubler dans les prochaines années, glisse Bernard Schmidt.  

Arnaud Marthey revient à présidence de l’Agence Economique Régionale 

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Les locaux de Cryla à Besançon (Doubs) ont servi de théâtre au renouvellement de la gouvernance de l'AER-BFC, le 3 novembre 2025. Arnaud Marthey (à droite) prend la présidence du bras armé économique du conseil régional présidé par Jérôme Durain (à gauche). © Laurent Cheviet

 Ce 3 novembre, le conseil d’administration de l’AER-BFC a élu le nouveau président de l’agence régionale de développement économique agissant sous le statut juridique d'une société publique locale (SPL).  Arnaud Marthey, le conseiller régional délégué à l’intelligence économique, succède à l’élu sud-bourguignon Jean-Claude Lagrange qui occupait la fonction depuis 2021. Egalement maire de Baume-les-Dames (Doubs), il avait déjà présidé l’AER lors de sa création, en octobre 2017.
L’investissement dans l’innovation et les compétences, mais aussi la question du foncier, figurent au rang de ses priorités annoncées ce lundi  : « Il faut que nous soyons meilleurs et plus réactifs pour répondre aux besoins des entreprises qui souhaitent s’installer dans notre région », affirme-t-il, en rappelant que 1.650 hectares sont potentiellement disponibles en zone d’activités économiques. « Les usines doivent être un objet de fierté dans notre région, elles font partie du paysage », appuie Jérôme Durain, le nouveau président du conseil régional.  A l’AER-BFC, « bras armé » de la collectivité, incombe la mission de mettre en œuvre cette profession de foi, par la promotion de l’attractivité du territoire, ou encore le soutien à l’innovation et à la transition écologique du tissu économique.    

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