Ouvert ce mardi 28 novembre au parc des expositions de la ville alsacienne, le salon Be 5.0 - Industries du futur se poursuit encore ce mercredi 29 novembre. Il s'achemine vers un nouveau très beau score de fréquentation, à juger par l’affluence du premier jour. Les visiteurs n’ont que l’embarras du choix parmi les 250 exposants pour découvrir les offres de solutions pour la gestion améliorée des données, la décarbonation ou la numérisation. Avec un point commun : la conception de solutions personnalisées, à la carte. Tour d’horizon de quelques-unes d’entre elles.
• RF Conception grimpe dans les sommets de la fréquence pour l’industrie

La RFID, l’identification par radio fréquence, inspire son nom à RF Conception. Connue pour les applications qu'elle conçoit au chronométrage (bracelet pour la course à pied…) et à la gestion des déchets (identification des bennes de ramassage), l’entreprise y puise de nouveaux vecteurs de croissance dans l’industrie, à l’heure où celle-ci a fait le saut vers le 4.0, voire le 5.0. La PME de 30 salariés à Hoenheim (Bas-Rhin) au nord de Strasbourg, dont le chiffre d’affaires approchera les 5 millions d’€ cette année, dispose dans ce contexte d’une « arme » technologique : sa maîtrise de l’ultra-haute-fréquence (UHF), dans une fourchette de 868 à 960 mégahertz. « L'UHF améliore les détections. Elle rend possible des lectures à une distance de 10 à 12 mètres et à des cadences élevées, au moins 500 articles en 5 secondes et bien plus en fait », relève Damien Bruyère, responsable de l’activité industrie 4.0. Ou encore, elle permet de lire une étiquette implantée dans une pièce épaisse, comme un bout de bois de plusieurs centimètres.
A partir de son socle technologique, RF Conception a développé un « portique RFID » aux applications multiples : contrôle d’un chargement sur quai, vérification de la conformité d’une expédition par « lecture » du contenu d’un camion entier, vérification de la pose règlementaire de ses scellés, etc. « Nous pouvons ainsi apporter des solutions de traçabilité, d’identification, de géolocalisation dans un atelier ou un entrepôt et en matière d’objets connectés », poursuit le responsable. Les données sont ensuite transmises à l’ERP du client.
• Cordon consolide l’avenir de l’ex-site Sony à Ribeauvillé

et Emmanuel Adam. © Traces Ecrites
Dix ans, déjà, que Cordon Electronics a pris la suite de Sony à Ribeauvillé (Haut-Rhin) pour procurer un avenir à l’usine jadis emblématique de l’engouement des conglomérats japonais, avant que le géant de l’électronique se désengage. Sa présence maintenue permet de conclure à un pari réussi. D’autant plus que l’activité gagne en valeur ajoutée. « L’effectif est le même qu’à notre arrivée, soit 300 collaborateurs, mais les produits ont changé du tout au tout », souligne Emmanuel Adam, l’un des managers du site. La sous-traitance électronique de base a laissé place à des cartes et des systèmes complets pour l’automobile, les objets connectés, et surtout le secteur médical, « pour des tensiomètres et du matériel optique par exemple », précise Matthieu Sevian, responsable marketing de l’entreprise d’origine bretonne. Cette percée a été saluée par l’exigeante certification Iso 13485 propre aux dispositifs médicaux.
Le site alsacien s’insère dans un groupe qui prend une dimension spectaculaire à la faveur de ses croissances externes récentes, dans le recyclage (séparation puis valorisation de composants plastiques et métalliques) et dans la réparation-rénovation-service après vente de smartphones et autres produits de communication, avec le rachat de SBE à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) : ses 1.200 salariés et son chiffre d’affaires de 100 millions d’€ portent les chiffres correspondants de Cordon à 4.000 personnes et 380 millions d’€ en 2023.
• Holo3 analyse les pièces à haute cadence

Centre de ressources technologiques (CRT) historiquement tourné vers l’optique (l’holographie lui ayant donné son nom) et la métrologie, Holo3 à Saint-Louis (Haut-Rhin) trouve des activités complémentaires dans le numérique et la réalité virtuelle. Le salon Be 5.0 – Industries du futur lui donne l’occasion de présenter son récent dispositif de contrôle de pièces qui « photographie » sous toutes ses coutures – et toutes ses faces – une pièce donnée, réelle ou issue de l’impression 3D, au moyen de plusieurs caméras. Avant d'en restituer l’analyse en visualisant ses défauts sur écran.
Le centre de 15 personnes, membre du réseau Mica-Institut Carnot, applique dans ce but la technique de la « projection de franges » aboutissant à un nuage de points. « Cet ensemble présente en particulier l’intérêt de pouvoir suivre une cadence élévée de sortie de pièces, et notamment de pièces spéciales, à toute étape du process, de la conception au contrôle qualité », souligne Florimond Ampels, responsable de projet. Il compte parmi ses fervents adeptes une référence de choix : la fonderie Stellantis de Charleville-Mézières (Ardennes).
• Purple met le pavé dans son revêtement plastique de voirie

Le Belfortain Purple Alternative Surface démultiplie les versions de ses dalles de revêtement de voirie innovant à base de déchets plastiques. La « Purple Solo » sortie l’an dernier (application sur parkings, chaussées, dans des campings, pour des événements…) se complète, depuis avril dernier, de la « Purple Pav », par analogie avec le pavé. Cette nouvelle gamme en rappelle la forme, elle est constituée d’orifices dans lesquels il est possible d’insérer un pavé, mais aussi du gravier ou de la terre végétale. « Nous apportons ainsi une réponse aux besoins évolutifs de l’aménagement urbain, dont la lutte contre les îlots de chaleur urbains, d’autant plus que comme la version d’origine, la nouvelle dalle est perméable », décrit Mathilde Philippot, responsable communication de Purple Alternative Surface.
La Purple Pav connaît ses premières applications sur le parking du conservatoire de musique de Belfort, ainsi qu’au sol extérieur des tiny houses que le bailleur franc-comtois Néolia commence à développer. Pour ses productions, la société émergente (chiffre d’affaires de 124.000 € en 2022, année marquée par une levée de fonds de 2 millions d’€) se fournit en plastiques usagés rigides, issus notamment du mobilier. Ses effectifs, en progression constante, atteignent désormais 16 salariés.
• Depuis Nancy, The Wiw fait parler les process et les produits

© Traces Ecrites.
Développeur de solutions numériques pour l’industrie 4.0 depuis 2015, le Nancéien The Wiw enregistre plusieurs succès dans les spécialités qui ont rejoint celle sur l’énergie : la mise au point de jumeaux numériques pour le pilotage de process et la transformation de produits en objets « communicants ». Pour la première, qui associe les expertises de la société troyenne Okénite, le jumeau numérique 3D en temps réel débouche sur « la reproduction de tous les métiers d’un client sur un seul écran », relève le cofondateur Alexis Béatrix. En l’occurrence dans la démonstration proposée ces jours-ci au salon mulhousien, ceux de la distillerie de cognac Maison Boinaud. « Chaque responsable peut ensuite sélectionner sa recherche d’information en fonction de son centre d’intérêt : température, consommation d’énergie, état pour la maintenance… », poursuit-il. Le zoom sur tel ou tel équipement reproduit virtuellement donne accès aux informations complètes le concernant.
Quant à l’ « intelligence » procurée aux produits, par le fait d’en tirer des données (température pour les climatiseurs à vins Winemaster, anticipation de fin de vie d'une protection de machine-outil...), elle est rendue possible par un boîtier mis au point par le partenaire JME Electronic. The Wiw (7 salariés, chiffre d’affaires non communiqué) est également engagé dans des développements communs avec la PME alsacienne d’automatismes industriels Selmoni.
• Flexio, éditeur du no-code, mais pas du no future

« Nous sommes le recours des non-spécialistes. » Raphaël Nonnotte, l’un des dirigeants de Flexio, résume par ces quelques mots la finalité de l’éditeur de logiciels de Besançon (Doubs) : créer des applications dont l’utilisateur peut se saisir pour les adapter à sa guise, même s’il ne maîtrise pas tous les « codes » de l’informatique, au sens propre et figuré. Flexio évolue en effet dans l’univers du « no code ». « Avant de créer l’entreprise en 2016, nous venions nous-même du monde des développeurs, de l’autre côté de la barrière en quelque sorte, et nous en avons constaté les limites, les difficultés d’appropriation. »
L’offre mise au point par la société de 13 personnes (chiffre d’affaires non communiqué) laisse ainsi l’utilisateur choisir les « modules » qu’il souhaite, relatifs à la gestion de la production, la maintenance, la qualité, l’HSE (hygiène-sécurité-environnement…). Les montées en puissance de la GMAO (gestion de lmaintenance assistée par ordinateur) et des besoins de connexions à différents systèmes d’information ouvrent de nouvelles perspectives de croissance à l’éditeur, auprès de l’industrie dans toute sa variété.




.jpg)



































.png)





















